Alors qu'on s'attend à un rôle décisif de la Chine au sommet du G20 demain, un des plus influents économistes a rappelé que Beijing a fait clairement comprendre que le pays ne doit pas être accablé par une charge de travail qu'elle ne peut pas supporter.
La Chine peut tenter d'aider le monde à faire face à la crise financière et reconstruire l'ordre financier, mais elle devrait aussi indiquer clairement qu'elle n'est pas capable tirer d'affaire les autres pays, a déclaré Tang Min.
"Elle n'est pas une économie aussi forte que certains le croient", a expliqué Tang Min, qui est l'économiste principal de China Development Research Foundation, groupe de réflexion affilié au Conseil d'Etat, le Conseil des ministres.
"La Chine est également victime de la crise. Sur les 50 millions de personnes qui ont perdu leur emploi dans le monde, 20 millions résident en Chine, le pays, où le licenciement a été le plus important dans le secteur manufacturier, principalement tourné vers l'exportation", a dit Tang Min.
"Faire sortir la Chine de la crise est notre plus importante contribution pour aider le monde", a-t-il dit.
Li Xiaoxi, professeur d'économie à l'Université normale de Beijing a souligné qu'aucun pays ne peut vaincre la crise seul, et l'action commune est indispensable.
Il a appelé le Groupe des 20 économies développées et émergentes à s'entendre pendant le sommet de Londres sur un ensemble de normes et de pratiques pour contrôler le flux de capitaux mondiaux et prévenir les crises financières.
Stephen King, économiste en chef du groupe HSBC, a déclaré: "L'une des choses qu'il faut prendre en considération dans la reconstruction du système financier, c'est de veiller à ce que des pays comme la Chine aient une voix à part entière au sein de ce nouveau système".
Le système de vote du Fonds monétaire international (FMI) est fortement orienté vers les pays européens et les Etats-Unis, ce "qui doit être changé", a dit M.King, en ajoutant qu'il pense que la majorité des pays du FMI reconnaissent maintenant l'importance de ce changement.
Concernant la réforme de la réglementation, Jean-Pierre Lehmann, professeur d'économie politique internationale à l'école de commerce IMD, a déclaré que le chaos financier mondial est la conséquence des innovations rapides sans augmentation correspondante au sein des mécanismes de régulation.
La Chine devrait jouer un rôle actif dans la construction d'un nouveau système financier mondial, a déclaré Lehmann.
Il a précisé que la préoccupation de la Chine liée à son faible niveau de représentation au sein du FMI est justifiable.
Mais à un niveau plus profond, cela ne doit pas être uniquement la préoccupation de la Chine. "Une des choses qui donnent à réfléchir", a-t-il dit, c'est de savoir si certaines des institutions mises en place il y a 60 ans après la Seconde Guerre mondiale, "peuvent subsister encore 60 années" dans un environnement actuel qui est très différent.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne