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Français>>EconomieMise à jour 10.12.2009 13h44
Les automobiles chinoises luttent pour entrer sur le marché de l'Union européenne

Lors des trois premiers trimestres de 2009, le nombre total des automobiles fabriquées par les cinq fabricants chinois exportateurs qui ont été exportées vers l'Union européenne n'a atteint que 745 unités, d'après des chiffres dévoilés par l'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles (ACEA), a rapporté China Business News (CBN) lundi.

Les pionniers chinois en la matière, Brilliance Auto et Landwind n'ont exporté respectivement que huit et une automobiles vers l'Union européenne lors des neuf premiers mois de cette année.

Zhong Shi, expert automobile chinois a dit que s'il savait que les exportations d'automobiles chinoises vers l'Union européenne étaient faibles, il ne s'attendait pas pour autant à ce que le chiffre en soit si bas.

Les fabricants d'automobiles chinois avaient décidé d'entrer sur le marché de l'Union européenne il y a quatre ans, mais jusqu'à aujourd'hui, les automobiles chinoises restent toujours quasiment à la porte du marché européen, dit l'article.

Un échec en Europe

Actuellement, il y a cinq sociétés chinoises principales qui exportent des automobiles vers l'Union européenne : Brilliance Auto, Chana Auto Co Ltd, Great Wall Motors, Landwind et Lifan Group.

Lors des trois premiers trimestres, le principal exportateur, Great Wall Motors, a vendu 675 unités sur 745 en Union européenne. Landwind, le premier fabricant d'automobiles chinois à vendre des automobiles en Union européenne n'a vendu qu'une seule automobile lors des neuf premiers mois de l'année. Chana, une société basée à Chongqing et qui avait proclamé avoir six usines en dehors de Chine, n'a vendu que 34 unités entre janvier et septembre, et Lifan, elle aussi basée à Chongqing n'a vendu que 24 unités sur la même période.

En comparaison, il est beaucoup plus facile de pénétrer sur le marché automobile en Russie et en Europe de l'Est. Mais avec un rétrécissement mondial du marché automobile, les fabricants d'automobiles chinois ont dû faire face à des obstacles encore plus grands.

Pour les dix premiers mois de cette année, la société chinoise Chery n'a ainsi vendu que 3 860 automobiles en Russie, soit une baisse de 74% par rapport à la même période de l'année précédente et une forte chute quand on se souvient que ses chiffres de vente annuels en Russie atteignaient à leur apogée environ 30 000 unités.

Lifan, BYD et Great Wall Motor ont également connu une forte baisse de leurs exportations vers la Russie. Le volume des exportations d'automobiles de Great Wall Motor et BYD vers la Russie a baissé pour les deux constructeurs de plus de 70%.

Ce n'était pas le bon moment pour exporter, dit M. Zhong. La Chine est désormais le plus important marché du monde. Il vaut donc mieux porter ses efforts sur le marché interne plutôt que d'essayer de vendre des automobiles en Europe, a-t-il ajouté.

L'Europe, en tant que marché le plus développé et le plus ancien, a des exigences bien plus hautes que l'Amérique du Sud ou l'Afrique. Résultat, les sociétés automobiles chinoises, si elles ont eu de très bons résultats en Afrique ou au Moyen-Orient, ont connu de grosses difficultés dans l'Union européenne.

Ainsi l'ancien président de l'Association allemande de l'industrie automobile Bernd Gottschalk dit-il que bien que la crise financière ait accru la demande pour des automobiles bon marché, l'Europe ne deviendra jamais un endroit où fourmilleront des voitures à bas prix comme celles fabriquées par l'Indien Tata.

Le plus gros défi pour ceux des constructeurs chinois qui visent à entrer sur le marché européen est d'abord la sécurité et la propreté en matière d'émissions polluantes, bien plus que des considérations sur la maîtrise des prix, dit M. Gottschalk. Des index de sécurité technique stricts et un contrôle des émissions de gaz carbonique sont essentiels, a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt, Brilliance et Landwind avaient d'ailleurs été tous deux embarassés par des tests d'impact menés en Allemagne, à la suite desquels les automobiles chinoises avaient été jugées « de mauvaise qualité » par les médias locaux, ce qui a rendu plus difficiles encore les ventes d'automobiles chinoises en Europe.

Pourtant, dit M. Zhong, les automobiles de fabrication chinoise ont déjà une force concurrentielle plutôt bonne, ajoutant que les faibles ventes en Europe sont largement attribuables à un problème d'image des marques.

Des espoirs en Turquie

Tout comme le fondateur de Honda Soichiro Honda avait été déterminé à pénétrer le marché américain, les constructeurs automobiles chinois n'ont jamais abandonné leur ambition d'entrer sur le marché européen malgré plusieurs échecs, et elles continueront à ajuster leurs stratégies pour le faire.

Après avoir ouvert une usine au Mexique, la Chine a songé à poursuivre son expansion par la Turquie. Les négociations de Chery pour construire une usine en partenariat avec la Turquie ont débuté ; Geely et Great Wall Motor ont aussi commencé à recruter en Turquie.

Jin Gebo, assistant du directeur général de Chery avait déclaré récemment à CBN que le gouvernement turc les avait invités chaleureusement à construire des usines en Turquie. Chery et un distributeur local pourraient co-financer la création d'une nouvelle usine. L'investissement total porterait sur 500 millions de dollars et la production annuelle atteindrait 100 000 unités, rapporte CBN.

Pour M. Zhong, la Turquie est un choix idéal de part sa position géographique et sa main d'oeuvre bon marché. De plus en plus de fabricants d'automobiles chinois se tournent vers la Turquie, en faisant une base pour pénétrer sur le marché européen.

Chen Wenkai, PDG de gasgoo.com pense qu'il est urgent pour les sociétés automobiles chinoises de changer leur attitude. Elles devraient être plus que de simples commerçantes et utiliser les achats, la recherche, le développement et la fabrication à l'étranger pour bâtir le coeur de leur compétitivité, ajoute-t-il.

Aujourd'hui, de nombreuses sociétés automobiles chinoises comme Chana, Chery et Geely ont créé des usines à l'étranger, mais ces usines ne servent qu'à l'assemblage. Les pièces sont fabriquées en Chine et ensuite expédiées à l'étranger pour y être assemblées dans les usines, puis vendues.

Une personne bien au fait des choses de l'industrie attribue la baisse des ventes d'automobiles chinoises en Russie aux pressions du gouvernement russe. Il était tout simplement impossible pour ce gouvernement d'ouvrir grand les vannes aux véhicules étrangers alors que leur propre marque locale Volga est au bord de la fermeture des portes. La seule solution, ajoute-t-il, est de construire des usines fabricant vraiement des automobiles, tout comme les sociétés multinationales l'ont fait en Chine.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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