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Français>>EconomieMise à jour 26.01.2010 11h10
Les économistes mettent en garde contre les bulles immobilières

La Banque Mondiale craint moins l'inflation que les bulles immobilières. Ses économistes ont le 25 janvier mis en garde contre les risques de bulles financières en Chine en dépit du fait que le gouvernement essaie de contenir l'augmentation excessive du nombre de prêts et de maintenir la stabilité des prix.

L'inflation du prix des actifs, en particulier les augmentations des prix du logement, est potentiellement « très dangereuse » pour la Chine, car elle se renforce d'elle-même, fait rendu possible par un « crédit très bon marché », a déclaré Hans Timmer, directeur du groupe de perspectives de développement à la Banque Mondiale.

« L'augmentation du prix des actifs est porteuse de plus de risques (que l'inflation des prix à la consommation) », a-t-il dit le 25 janvier lors d'une conférence de presse à Beijing.

« Si, dans une épicerie, les prix montent, alors la demande baisse ; mais si les prix des logements augmentent, alors, en fait, la demande peut encore augmenter elle aussi car les gens pensent que les prix augmenteront encore », a-t-il dit. « C'est un phénomène infiniment plus dangereux ».

Le prix des logements dans 70 grandes villes de Chine a augmenté de 7,8% d'une année sur l'autre en décembre, le plus fort rythme en 2009, selon des données officielles. Mais beaucoup de gens se plaignent, disant que les hausses de prix sont en fait beaucoup plus fortes que ce qui est indiqué dans l'index et que les prix sont devenus inabordables.

Pendant ce temps, les économistes s'inquiètent de l'éclatement éventuel des « bulles immobilières », ce qui pourrait affecter les bilans des banques et la santé de l'économie dans son ensemble.

« Je ne peux pas dire qu'il y a des bulles (financières) à cette heure », a déclaré M. Timmer. « Mais il y a de fortes chances que ce soit un secteur où la vigilance s'impose ».

Dong Yuping, économiste émérite à l'Académie chinoise des Sciences sociales a déclaré : « Bien que le prix des logements ait augmenté très rapidement dans certaines grandes villes l'année dernière, il est difficile de dire si des bulles se sont déjà formées ou non. Nous ne disposons que de fort peu d'indices suffisamment reconnus nous permettant de dire s'il y a des bulles ou non ». Pour autant, a-t-il précisé, les décisionnaires se doivent d'être prudents. « Si le prix des logements continue d'augmenter plus vite que le revenu des gens, les risques de bulles seront plus élevés ».

Pour M. Timmer, le gouvernement chinois a pris les mesures adéquates pour maintenir le risque sous contrôle. « La première étape est de reconnaître que c'est un problème potentiel et d'avoir la volonté d'agir, et le gouvernement chinois a fait l'un et l'autre ».

Le gouvernement, pour contenir la hausse des prix, a augmenté les taxes sur les ventes de logements d'occasion et resserré les règles relatives au transfert de terrains, entre autres.

« Le gouvernement est soucieux de l'augmentation trop rapide des prix de l'immobilier et sensible au mécontentement des classes moyennes au sujet du prix des logements », a déclaré Wang Tao, directeur des recherches économiques pour la Chine chez UBS Securities.

« Cependant, dans un contexte de demande faible au niveau mondial, le gouvernement se montrera très attentif à ne pas porter atteinte à l'activité générale du secteur ».

Le gouvernement devrait probablement resserrer sa politique monétaire afin de réduire l'ampleur des prêts et d'éviter une inflation alimentée par les liquidités. L'année dernière, en effet, le total des nouveaux prêts avait atteint la somme de 9 600 milliards de yuans (1 400 milliards de dollars), soit près du double de l'année précédente.

Pour M. Timmer, il est peu probable que la Chine connaisse dans l'immédiat un risque de forte inflation, bien que l'index des prix à la consommation, instrument privilégié d'évaluation de l'inflation, ait fortement progressé de 1,9% en décembre, comparé aux 0,7% un mois plus tôt.

« Je ne crois pas qu'il y aura une augmentation rapide de l'inflation », a-t-il dit.

Pour lui, la hausse de l'index des prix à la consommation chinois depuis novembre est fortement lié à l'augmentation mondiale du prix des denrées, qui avait plongé fin 2008. « Ce n'est pas nécesairement l'indice d'une inflation montante », a-t-il précisé.

Certains économistes ont pourtant prévenu que l'index des prix à la consommation pourrait atteindre 5%, voire plus, cette année, bien que la plupart des analystes pensent que le gouvernement sera en mesure de le maintenir sous la barre des 3 ou 4%.

La Banque Mondiale a également conseillé à la Chine de s'attaquer à des problèmes à long terme, comme des réformes structurelles, afin de rendre sa croissance économique plus durable.

Pour les économistes, la tâche la plus importante pour les décisionnaires économiques chinois cette année n'est pas de déterminer le calendrier d'une stratégie de sortie, mais plutôt de poser les fondations de changements structurels de son économie dans le futur.

Le plus grand défi consiste à créer une demande permanente pour remplacer les mesures de relance qui sont, « par essence, temporaires », a déclaré Ardo Hansson, économiste en chef au Bureau Chine de la Banque Mondiale.

Il pense que les réformes annoncées en matière de santé, de retraites, de transferts de terrains ruraux et du régime des hukou (autorisation de résidence permanente) devraient aider à rendre la demande intérieure plus durable.

D'après le Rapport de la Banque Mondiale sur les perspectives économiques mondiales publié le 21 janvier, l'économie mondiale pourrait connaître cette année une croissance globale de 2,7% d'une année sur l'autre alors que le PIB de la Chine pourrait lui augmenter de 9%.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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