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Français>>EconomieMise à jour 08.09.2011 08h51
La Chine a confiance en la France et l'Union européenne pour surmonter la crise de la dette

Fin 2009, la crise des dettes souveraines européennes a commencé à s'étendre à partir de la Grèce avant de toucher l'Irlande et le Portugal, puis, dans une moindre mesure, l'Italie et l'Espagne. Ces cinq pays composent l'acronyme « PIIGS ». Jean Claude Trichet, directeur général de la Banque centrale européenne, a déclaré que l'Europe était confrontée à la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Il a appelé les gouvernements de divers pays européens, en particulier ceux de l'Espagne et de l'Italie, à prendre des mesures efficaces pour réduire leurs déficits publics.

La situation financière de la France est inquiétante

La France est la deuxième plus grande entité économique de la zone euro et l'un des importants pays qui soutiennent financièrement le plan de stabilisation. En 2010, le déficit et la dette publique de ce pays représentaient respectivement 7,1 % et 82,3 % du PIB, dépassant de beaucoup les normes définies par l'Union européenne (3 % et 60 %). Toutefois, si l'on considère sa puissance économique, sa structure de dettes et sa situation de développement, la crise ne pourra pas éclater en France. Le gouvernement français a promis de baisser le déficit des finances publiques à 5,7 % en 2011, à 4,6 % en 2012 et à 3 % en 2013, chiffre qui correspond aux normes de l'Union européenne. En outre, la France augmentera la proportion de ses dettes publiques à 84,6 % en 2011 et à 86 % en 2012. Cependant, avec le ralentissement de la croissance économique mondiale, les États-Unis ont rencontré le problème de la dette et de la baisse du niveau, ce qui a encore bouleversé le marché financier international. Dans ce contexte, la France doit, d'une part, maintenir sa croissance économique et promouvoir l'emploi, et, d'autre part, augmenter et économiser les recettes et réduire les déficits. En outre, elle ne peut pas rester indifférente envers les pays de la zone euro confrontés à la crise. Tout cela rend précaire la future croissance économique et exerce une pression accrue sur les finances. Le résultat d'un sondage mené à la mi-août révèle que la majorité des Français s'inquiète de la situation financière et des dettes publiques de leur pays. Ils estiment que la résolution du problème des dettes publiques devra être le sujet prioritaire du gouvernement. Dans le contexte où la crise de la dette de l'Europe devient de plus en plus inquiétante sur le marché financier international, les candidats aux présidentielles des partis de gauche et de droite ont abouti à un consensus sur la politique de réduction des déficits publics, afin de maintenir le niveau AAA de la dette souveraine et de continuer à profiter d'un financement international à bas coût.

Pour la France, le plus grand risque vient des dettes publiques des pays membres de la zone euro

Pour la France, le plus grand risque vient d'une grande quantité de dettes publiques dont les créanciers sont des banques françaises et dont les débiteurs sont des pays membres de la zone euro confrontés à la crise. Si ces pays manquent à leurs engagements, les banques françaises se trouveront dans une situation difficile. Ces dernières sont non seulement les principales créancières de dettes grecques, mais sont aussi très exposées aux dettes espagnoles et italiennes. Les chiffres révèlent que fin 2010, le secteur bancaire français avait accepté un risque de dette de 392,6 milliards de dollars américains pour l'Italie, dépassant de beaucoup celui de la dette pour l'Espagne (140,6 milliards de dollars) et celui de dette pour la Grèce (56,6 milliards de dollars). Dans un contexte où ses finances ne sont pas très bonnes, la France doit en plus apporter de l'aide aux pays membres en crise. Mais quand la crise de la dette de l'Europe s'étendra à l'Espagne et l'Italie, la France sera prise inévitablement dans la crise avec une perte considérable. Aujourd'hui, toute l'attention se concentre sur la deuxième crise de la Grèce, parce que par le manquement à ses engagements, ce pays deviendrait la première pièce d'un effet domino qui pourrait bouleverser la finance mondiale. Par la suite, ce serait le tour de l'Irlande et du Portugal, suivis probablement de l'Espagne et de l'Italie. Du fait que l'Allemagne et la France détiennent un très grand nombre d'obligations des pays en crise, si la plupart de ces pays débiteurs manquent à leurs engagements, le système bancaire de l'Allemagne et de la France et celui du monde subiront un puissant choc. Ces immenses pertes causeraient un nouveau tsunami financier susceptible d'empêcher la reprise de l'économie mondiale.

La Chine a confiance en l'euro

Début juillet, au moment de l'aggravation de la crise de la dette de l'Europe, Wen Jiabao, premier ministre chinois, a réaffirmé la confiance de la Chine en l'euro et a souligné qu'elle ne doutait pas de l'avenir de l'euro et qu'elle continuerait à acheter des dettes nationales de plusieurs pays de l'Union européenne. Le 23 juillet, Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque populaire de Chine (Banque centrale), a exprimé lors d'une interview que la Chine était heureuse que les pays membres de l'Union européenne aient abouti à un consensus sur la deuxième tranche d'aides à la Grèce. En tant qu'investisseur responsable du marché financier international, la Chine continue d'afficher sa confiance en la zone euro et en l'euro. Tant au présent qu'à l'avenir, le marché financier européen restera l'un des principaux marchés d'investissements de la Chine. Le 25 août, lors d'une rencontre organisée dans le Palais de l'Assemblée populaire entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao, ce dernier a déclaré que la Chine avait confiance en l'économie de l'Europe et en l'euro et continuerait à considérer l'Europe comme l'un de ses principaux marchés d'investissements. Il espère également que l'Europe prendra des mesures afin d'assurer la sécurité des investissements chinois en Europe. La position officielle de la Chine s'exprime clairement à travers les opinions formulées par ses dirigeants. Il s'agit en effet d'un choix pragmatique, assurant à la fois les intérêts nationaux de la Chine et ceux de la zone euro.

D'abord, lors de l'apparition du problème de la dette en Europe et aux États-Unis, la Chine a continué à augmenter ses réserves en devises déjà fort conséquentes. À ce jour, les choix de la Chine sont assez limités en matière d'investissement, car ses énormes réserves ne peuvent pas être utilisées dans le pays, ni trouver une région ou un pays d'accueil idéal dans le monde. En tant que premier créancier de la dette des États-Unis, la Chine ne doit pas, dans le contexte où le risque d'investissements s'accroît, augmenter ses réserves en devises, ni encourager les entreprises d'État à exploiter le marché d'outre-mer, en raison de l'actuel rendement non idéal. À cela s'ajoute la situation politique chaotique en Afrique qui a causé à la Chine des pertes importantes. Bien que la crise de la dette ait éclaté en Europe, la situation politique y est stable, et la puissance économique de la région peut rivaliser avec les États-Unis si tous les pays de l'Union européenne s'unissent, abordent les problèmes de façon adéquate, parviennent à se tirer de cette situation difficile et s'engagent sur la voie de la relance économique. L'histoire de l'intégration de l'Europe prouve qu'elle réussira à surmonter la crise, voilà pourquoi le gouvernement chinois a confiance et continuera à acheter des obligations européennes.

Ensuite, la prétendue crise recèle à la fois des dangers et des opportunités. Au moment de l'aggravation de la crise financière globale, en novembre 2008, lors du premier sommet du G20, Sarkozy avait l'intention d'unir les entités économiques émergentes, dont la Chine, pour ébranler le dollar américain. La Chine, qui poursuit une voie vers l'internationalisation de sa monnaie (renminbi), possède des points de vue communs avec ces pays concernant ce problème. C'est pourquoi il existe une base de coopération entre la Chine et les autres nations en développement. Sur le long terme, seul l'euro pourra rivaliser avec le dollar américain. La dégradation de la position du dollar offrira assurément au renminbi une opportunité pour se tailler une place de choix sur la scène des principales monnaies internationales, mais il ne s'agit pas d'un objectif pouvant être atteint à court terme. Un long processus sera nécessaire, mais il faut de toute façon agir dès maintenant.

Li Huiying (Chercheur à l'Institut de la coopération internationale du ministère du Commerce)

Le 30 août 2011

Source: China.org.cn

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