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Français>>EconomieMise à jour 13.10.2011 09h22
Quelle est la faiblesse intrinsèque de l'euro ?

En 1776, Adam Smith, père de la science économique moderne, écrivait dans son ouvrage La Richesse des nations que « Les grosses dettes auxquelles les grands pays d'Europe font face ensemble finiront peut-être, à la longue, par détruire ces grands pays ». A l'époque, plusieurs grandes puissances européennes s'étaient lourdement endettées dans des guerres d'influence incessantes.

Deux siècles plus tard, ceux qui enlisent l'Europe dans l'abîme de la dette sont des pays en bordure du continent comme la Grèce, l'Italie et l'Espagne. Leurs dettes n'ont pas été contractées durant une guerre, mais pour soutenir un régime d'Etat providence et un manque de compétitivité. Cependant, leur force pourrait suffire à détruire l'euro, fruit de l'intégration menée depuis plus d'un demi-siècle.

Il y a soixante ans, l'Europe, qui venait de traverser la Seconde Guerre mondiale, souffrait de la famine et ressemblait à un champ de ruines. Baissant leur noble tête, les anciennes puissances étaient contraintes de solliciter l'aide des Etats-Unis émergents. L'Angleterre a confié au département américain qu'elle serait incapable de fournir une aide économique et militaire à la Grèce et à la Turquie et qu'elle souhaitait que les Etats-Unis puissent continuer à les aider. Suite à la mise en œuvre de la doctrine Truman et du plan Marshall, l'Europe s'est retrouvée sous la protection des Etats-Unis hégémonistes, tandis que l'Angleterre, autrefois à la tête de l'Europe, a cédé à ces derniers sa place de première puissance mondiale dans tous les domaines. Elle a ainsi reconnu le dollar comme première monnaie internationale. L'équilibre des forces mondiales a connu son premier bouleversement après la révolution industrielle.

Des cycles de renaissance similaires dans l'Histoire renferment plein de surprises. C'est une fois de plus la Grèce qui a provoqué l'effet domino de la crise de la dette européenne et tiré l'alarme la plus inquiétante depuis la Seconde Guerre mondiale. Symbole de l'unité et de la force de l'Europe, l'euro se trouve dans une période où son existence est presque remise en cause. Une nouvelle fois, tête baissée, l'Europe est contrainte de demander l'aide de pays extérieurs à la zone euro. Seulement, la démarche a cette fois été entreprise non par l'Angleterre, mais par un autre grand pays européen, la France. Le destinataire de la requête est un autre pays émergent, la Chine. Ce n'est pas tout. Il y a quelque temps, à Washington, les pays BRICS ont affirmé leur point de vue commun sur l'aide à l'Europe. Décidément, le monde a réellement changé.

Il serait superficiel d'imputer la crise européenne directement à l'euro ; ce serait aussi injuste vis-à-vis des grands hommes politiques qui ont tant œuvré pour l'union de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale. Sans euro, il n'y aurait pas d'intégration européenne. Bien que d'autres pays européens, représentés par l'Allemagne, puissent en effet ne pas être contaminés par la crise, l'Europe, en tant que groupe de pays dans le paysage mondial des forces politiques, ne voit sa position que s'affaiblir.

Les difficultés rencontrées par l'euro ne sont pas le résultat de l'élargissement de l'Union européenne, mais le destin inévitable de son intégration difficile, notamment dans le domaine politique. Sur un billet d'un dollar américain, on voit le portrait de George Washington ; sur celui de 100 roubles russes, il y a l'Opéra de Moscou ; sur celui de 100 yuans, c'est le portrait de Mao Zedong. Seuls les billets de l'euro sont imprimés aux motifs d'édifices fictifs.

Cela constitue peut-être une allusion au fait que le monde représenté par l'euro est de loin une entité réelle, dotée d'une forte identité commune et d'une grande force de l'exercice du pouvoir politique. Ce monde existe davantage dans l'esprit des gens, notamment dans celui de l'élite politique. Quand une crise éclate, aucun pays membre n'est véritablement prêt à se sacrifier pour sauver un tiers en crise.

Autrement dit, même si un Allemand est riche, il n'est pas enclin à venir au secours d'un Grec de manière désintéressée, tandis qu'il le ferait pour un autre Allemand. Voilà ce qui explique pourquoi Angela Merkel a exclu la possibilité d'émettre des « obligations en euro ». Elle sait que les électeurs allemands n'accepteront jamais un arrangement prévoyant de fournir perpétuellement une caution aux pays d'Europe du Sud pour leur dette. La loyauté du citoyen à son pays passe avant son soutien à l'Union européenne. Cela est considéré comme une faiblesse intrinsèque de l'euro par Gideon Rachman, chroniqueur du Financial Times.

Certes, en théorie, il est possible de soulager la crise de la dette publique par le retrait de la Grèce de la zone euro ou par la création d'une nouvelle monnaie dévaluée, ou encore un impôt déguisé financé par les contribuables. Cependant, ce geste détruira fondamentalement la confiance des peuples dans l'intégration européenne. Réfléchissons-y. Les Etats-Unis accepteraient-ils d'expulser du pays l'Etat de Californie en raison de sa dette publique ? La plus importante traduction de la cohésion d'une communauté se trouve dans son attitude envers les faibles ou ceux qui sont en difficulté.

Une monnaie forte nécessite une force politique puissante. Il se peut que lorsque la Grèce, l'Italie et le Portugal deviendront des Etats fédérés de l'Union européenne et non des pays souverains, lorsque l'Union européenne disposera de suffisamment d'autorité centralisée pour appliquer des politiques uniques en matière financière, diplomatique et sociale, elle pourra jouer un rôle plus actif dans l'arène internationale, au lieu de son déclin actuel.

La solution fondamentale pour éviter la chute de l'Europe est d'accélérer l'intégration. L'Union européenne doit s'armer d'une conception plus raffinée pour ne plus avoir recours à des rustines spontanées, contre le désordre des mesures politiques des pays membres, ainsi que les disputes interminables. Le plus important est que l'union monétaire nécessite une puissante union politique comme support. Si la présente crise réussit à inciter les élites européennes à faire preuve de leur sagesse politique pour faire un pas décisif dans la voie supranationale, ce sera, à n'en pas douter, une contribution au patrimoine politique de l'humanité.

Malgré la crise, l'euro reste le plus grand essai politique dans l'histoire humaine. Son succès inspirera les générations futures. Tout comme les hommes ont constitué des Etats pour éviter un état de jungle primitif, et ont bâti les civilisations et l'ordre social, les Etats actuels peuvent aussi, à l'aide de structures supranationales, enrayer la guerre et réaliser une paix perpétuelle. Dans cette optique, nous ne souhaitons pas voir l'Europe sombrer.

Source: China.org.cn

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