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Français>>EconomieMise à jour 02.11.2011 15h03
Les relations sino-libyennes sont toujours vitales

La mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Moutassim symbolisent la chute complète du régime Kadhafi, qui a régné sur la Libye pendant 42 ans. Leur mort marque aussi la fin de la guerre civile Libyenne.

A présent, le peuple Libyen et d'autres pays, dont la Chine, se concentrent à juste titre sur la reconstruction du pays.

La Chine a toujours voulu que la Libye et son peuple soient prospères. Avant la guerre civile, la Chine comptait 50 projets sous contrat en Libye, d'une valeur de 18,8 milliards de Dollars US. L'année dernière, le volume du commerce entre la Chine et la Libye a atteint 6,58 milliards de Dollars US, tandis que le montant des projets nouvellement signés en 2009 atteignait 5,84 milliards de Dollars US et à la fin de 2009, la Chine avait des investissements directs de 42,69 millions de Dollars US en Libye.

Le marché Libyen peut ne pas représenter une grande part des exportations et des projets sous contrat de la Chine, mais il reste tout de même important. Mais quand la Chine retournera t-elle sur ce marche, et comment, dépend largement de la restauration de l'ordre social dans le pays.

Dans les relations économiques et commerciales de la Chine avec la Libye, qui ont trois aspects, les troubles sociaux et politiques ont affecté le moins les exportations de biens. En revanche, les investissements directs font face aux risques les plus graves, parce qu'ils peuvent aisément être affectés par le chaos, tandis que les projets sous contrat se trouvent entre les deux.

Si la Libye parvient à trouver un gouvernement stable et ayant de l'autorité, en plus d'une société qui se stabilise vite ainsi que l'adoption rapide de politiques économique et étrangère ouvertes, les entreprises chinoises pourraient alors adopter une stratégie visant à stimuler le commerce de biens et les projets sous contrat, et pourraient même lutter pour décrocher de nouveaux contrats ou lancer de nouveaux investissements pour remporter des projets de gaz et de pétrole. A défaut, elles devraient alors se concentrer sur le développement des contrats d'échange commerciaux et éviter de faire des efforts inutiles.

Mais les chances qu'un nouveau Gouvernement Libyen puisse apporter la stabilité sont encore éloignées.

Les forces armées du Conseil National de Transition (CNT) de la Libye ne semblent en effet pas capables d'arriver à relever le défi, à savoir restaurer l'ordre social. Cela est apparu au grand jour lorsque les faibles capacités de combat du CNT ont été révélées –il y avait plus d'indices qu'il n'en fallait montrant que Kadhafi aurait pu écraser l'opposition si l'OTAN n'était pas intervenue.

De même, l'extrême indiscipline qui règne au sein des forces armées du CNT pourrait devenir une source de troubles plutôt qu'un outil de maintien de l'ordre.

Il semble que l'unité nationale ne puisse être réalisée en Libye de sitôt. Bien au contraire, les relations hostiles générées par la guerre civile vont perdurer pendant longtemps, parce que les restes des groupes pro-Kadhafi pourraient fort bien commencer une campagne de guerilla à long terme.

Du fait des rivalités féroces qui divisent les factions du NTC, il faudra beaucoup de temps pour que la situation politique se calme. Avant cela, il est peu probable qu'un gouvernement instable lance des projets de construction sur une grande échelle ou investisse directement pour développer des projets. Et même si des marchés étaient accordés, les résultats pourraient en être inversés au cas où la situation politique changerait.

De plus, quand bien même une direction ayant de l'autorité arriverait à assurer la stabilité sociale après que les factions rivales du CNT aient mis fin à leurs querelles, ce n'est pas pour autant que le nouveau gouvernement adopterait des politiques étrangère et économique ouvertes, ni même ne maintiendrait un système laïc.

De fait, lors de la cérémonie de libération de la Libye le 23 octobre, Mustafa Abdel Jalil, Président du CNT, a déclaré que le pays restaurerait la charia (la loi islamique) et abolirait toutes les lois et tous les règlements que le régime laïc de Kadhafi avait adoptés et qui ne seraient pas en accord avec elle, comme la polygamie. Cela montre le danger auquel fait face le pays, celui de rétrograder d'une société guidée par la laïcité à une société dirigée par des extrémistes ou des lois extrémistes. Dans de telles circonstances, il est très probable que les troubles politiques perdureront en Libye, rendant impossible l'élaboration et l'application de projets de construction sur une grande échelle et ne permettant pas de décrocher des projets d'exploration et d'exploitation de gaz et de pétrole.

Par conséquent, la Chine ne devrait pas faire d'efforts excessifs pour concourir dans ces deux domaines. Elle devrait plutôt insister auprès de la Libye pour qu'elle s'acquitte de ce qu'elle doit pour ses projets, qu'elle achève ceux qui ne le sont pas, maintienne ceux qui le sont, et poursuive sa restructuration économique.

Les fondations déjà fragiles de l'industrie manufacturière locale Libyenne, qui ont été encore plus endommagées par la guerre civile, ont accru sa demande en biens importés, ce qui est une bonne opportunité pour la Chine. Les importations de pétrole brut en provenance de Libye ne représentent que 2 à 3% des importations totales de pétrole de la Chine, et elles ne sauraient donc en aucune manière affecter les approvisionnemenst en pétrole de la Chine, aussi changeant que puisse être la situation politique de la Libye.qui plus est, le marché haussier des produits de base ayant touché à sa fin, aucun pays exportateur de pétrole ne saurait ignorer la Chine, le deuxième plus gros consommateur de pétrole du monde, à la croissance rapide.

D'ailleurs, la première livraison de pétrole brut de la Libye à la Chine a été faite dès la fin de la guerre civile. Durant les huit premiers mois de cette année, les échanges de biens entre la Chine et la Libye ont atteint 2,16 milliards de Dollars US, en baisse de 51,4% d'une année sur l'autre, parmi lesquels les exportations chinoises vers la Libye ont baissé de 67,2%, à 479 millions de Dollars US, tandis que les importations chinoises en provenance de Libye ont baissé de 43,6%, à 1,68 milliard de Dollars US.

Tout cela est de bon augure pour le commerce bilatéral.

L'auteur, Mei Xinyu, est chercheur à l'Académie Chinoise de Commerce International et de Coopération Economique, affiliée au Ministère du Commerce.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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