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Français>>EconomieMise à jour 05.12.2011 14h54
La Chine se tourne aussi maintenant vers la fabrication de vin à Bordeaux...

Mes deux jeunes fils ont trouvé leur nouveau dada favori : aller dans un « magasin chinois » et y acheter un nouveau jouet. En fait, il se passe rarement un jour sans qu'à un moment ou à un autre ils me demandent « Maman, est-ce qu'on peut aller au magasin chinois ? ». Durant ces deux dernières années, la ville espagnole rurale où nous vivons a vu l'ouverture d'un grand nombre de magasins chinois, et alors même que de nombreux magasins espagnols, ou même tenus par des Anglais, périclitent et ferment, les magasins chinois de la zone, en nombre croissant, se portent très bien.

Il y a une raison pour laquelle la Chine possède aujourd'hui l'économie à la plus forte croissance au monde : c'est l'un des principaux exportateurs mondiaux, elle attire des montants records d'investissements étrangers et elle investit des milliards de Dollars à l'étranger. Et à en juger par la quantité de magasins de « chinoiseries » qui ouvrent dans une ville commerçante de l'intérieur de l'Espagne, qui vendent des produits « bon marché et sympas » auxquels même les enfants ne semblent pas pouvoir résister, la Chine semble à l'évidence réussir là où les autres pays sont en train d'échouer.

Ma prise de conscience de la domination actuelle de la Chine sur la vente de produits à l'étranger a été encore plus renforcée récemment quand mon beau-frère et sa femme sont revenus de vacances passées en France cet été et m'ont parlé d'entreprises viticoles gérées par des Chinois en France. Cela dit, vendre des petites voitures, des tournevis et des scooters en Espagne est une chose, mais entrer en concurrence avec les Français sur ce qui est probablement le produit qu'ils chérissent et honorent le plus en est une autre.

Jon et Viv Withehead, passionnés de vins français, ont fait un séjour au Château Soussac, un superbe domaine du 19e siècle situé près des légendaires vignobles de Saint Emilion et Pomerol. Durant leur séjour au château, le couple a été très étonné d'apprendre que la région de Bordeaux, un des endroits les plus célèbres du monde pour la fabrication de vins de grande qualité, est en première ligne de la valeur économique en croissance rapide de l'Asie, et pourquoi ? La raison en est surprenante : les Chinois y font du vin !

La parcelle de 6 hectares de Château Soussac appartient à Joe et Nell Beattie, qui font du vin en France depuis 2006. Le couple a souhaité partager avec moi ses idées sur la présence croissante de la Chine sur le marché de la fabrication du vin français. D'après les Beattie, les Chinois achètent des vignobles en France, et laissent des Français s'en occuper, et ils disent que l'intérêt des Chinois pour le Bordeaux a eu un impact positif sur l'industrie du vin dans la région.

Quand il lui a été demandé si l'arrivée des Chinois en France a eu ou non le moindre effet sur leurs activités de vignerons, Nell Beattie a répondu :

« L'arrivée des Chinois en France n'a affecté nos activités viticoles en aucune manière –quand ils achètent un château, ils ont déjà leurs propres marchés chinois déjà organisés, ce qui fait qu'ils n'empiètent pas sur les marchés européens ou américains des autres châteaux ».

A la différence des propriétaires espagnols de magasins en Espagne qui se plaignent que leurs affaires ont subi un rude coup avec l'ouverture des magasins de « chinoiseries », qui vendent des produits similaires souvent pour la moitié du prix auquel les vendent les magasins espagnols, les viticulteurs français voient eux d'un bon oeil la présence de la Chine dans les vignobles comme ceux de Bordeaux.

« Nous pensons que l'intérêt de la Chine pour le Bordeaux a un effet très positif –il attire l'attention sur les vins de Bordeaux, et parce que les Chinois paient un bon prix, cela nous aide quand il faut vendre sur les marchés européen et américain », dit Nell Beattie.

Mais en même temps que les entreprises chinoises investissent dans des châteaux viticoles en France, elles développent aussi la fabrication du vin en Chine, qui est aujourd'hui, selon la BBC, le septième plus gros producteur mondial de vin. Et cela peut paraître incroyable, mais au grand étonnement de nombreux experts en vin européens, un vin chinois a même battu ses rivaux français dans une compétition de dégustation à l'aveugle, et il a remporté une récompense internationale majeure dans la section vins de Bordeaux !

Nettement moins enthousiaste au sujet de la présence de la Chine dans les établissements viticoles français, mon beau-frère Jon Whitehead, qui pense qu'il y a déjà trop de vin sur le marché mondial, et que l'arrivée de la Chine dans l'industrie mondiale du vin risque de faire déplacer vers autre chose le goût pour les vins australiens, sud-africains, chiliens et argentins, pays où l'Union Européenne achète traditionellement ses « vins de mauvaise qualité ».

Grâce à l'explosion de la consommation de vin par les Chinois, les prix des vins de Bordeaux ont grimpé en flèche ces dernières années, un constat qui ravit les éleveurs de vins de Bordeaux, mais nettement moins les acheteurs. Et moi, du fait du nombre croissant de boutiques de « chinoiseries » qui ouvrent dans la ville où j'habite en Espagne, je dépense maintenant des fortunes pour satisfaire le nouvel enthousiasme de mon fils pour les produits « made in China », ce pourquoi je ne leur dis pas merci... Cela dit, une chose est sûre, cependant : ce pays de commerçants-nés, qui étend sa présence sur différents marchés dans le monde entier, semble bien parti pour donner raison aux prédictions de économistes, selon lesquelles la taille de l'économie chinoise dépassera celle des Etats-Unis en 2035.

Cet article d'opinion reflète le point de vue de l'auteur, et pas nécessairement celui du Quotidien du Peuple en Ligne.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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