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Français>>EconomieMise à jour 06.12.2011 09h08
L'Europe peut-elle sortir indemne de la crise de la dette ?

Après l'éclatement de la crise grecque à la fin de l'année 2009, le problème de la dette souveraine en Europe s'est aggravé. La crise de la dette s'est non seulement étendue, elle a causé une agitation sociale. Les gouvernements irlandais, portugais, italien, grec et espagnol se sont effondrés. L'opinion publique craint que cette crise n'affaiblisse la position de l'euro et ne mette en péril l'avenir de l'Union européenne.

L'Europe peut-elle sortir indemne de cette crise de la dette ? Une analyse objective et un jugement raisonnable sont ici nécessaires.

La maladie de l'Europe est guérissable

La Grèce, l'Irlande, l'Espagne, le Portugal et l'Italie ont connu une crise dont la gravité est différente. Il ne faut donc pas considérer la crise de la dette en Grèce comme celle de toute l'Europe, car l'UE a réalisé dans son ensemble l'équilibre de ses recettes et dépenses. Le déséquilibre est apparu entre les dettes de ses pays membres. Cela est différent de l'énorme dette des États-Unis. L'UE est en train de prendre des mesures telles que l'émission d'obligations communes dans la zone euro ou l'émission d'« obligations d'élite » par les États membres beaucoup moins endettés, ou l'intervention de la banque centrale européenne pour stabiliser le marché en sa qualité de « prêteur final ». Malgré la baisse continue de la confiance des finances internationales en Europe, la crise de la dette ne saurait se poursuivre indéfiniment.

L'euro a vu le jour en 1999, avec un mal inné : une banque centrale unifiée en conservant les ministères des Finances respectifs des États membres. Du fait que la banque centrale européenne contrôle le taux de change de la monnaie et le taux d'intérêt des banques, les gouvernements ne peuvent pas réagir macroéconomiquement contre la crise de la dette en Grèce. Ce défaut de la politique monétaire a rendu impossible une lutte commune contre la crise de la dette publique. On peut dire que ce défaut institutionnel est la cause de l'éclatement inéluctable de la crise de la dette en Europe.

Dans la zone euro, en l'absence d'une surveillance financière rigoureuse, les États membres agissent chacun de leur façon, de sorte que les dettes publiques et le déficit budgétaire sont devenus un problème de plus en plus grave. Dans son « pacte de stabilité et de croissance », l'UE a défini les critères d'adhésion à la zone euro et les objectifs quantitatifs (la dette publique ne peut pas dépasser 60 % du PIB et le déficit budgétaire ne peut pas dépasser 3 %), afin d'assurer la « convergence économique » des États membres. Mais il y a beaucoup de lacunes dans l'application du « pacte de stabilité et de croissance », et le contrôle rigoureux laisse à désirer. La Grèce a par exemple obtenu le feu vert pour son adhésion alors qu'elle ne répondait pas aux critères définis. Dans l'observation de ce pacte par les pays membres, des problèmes existent aussi. Il est donc impérieux d'assurer un contrôle strict.

Ce qui précède montre la gravité de la crise de la dette en Europe. Mais les racines du mal ont été trouvées et l'Europe n'est pas un malade incurable. Il est difficile pour l'UE de ne pas commettre des erreurs, parce qu'elle représente un mode inouï de coopération régionale dans le monde et que l'euro date seulement d'un peu plus de dix ans. D'autre part, l'Europe ne manque pas de capacité et de moyen de surmonter sa crise.

L'Europe face à une lutte définitive

Au cours des cinquante ans qui viennent de s'écouler, l'intégration de l'Europe n'a cessé de se développer après avoir surmonté obstacle sur obstacle. Résoudre la crise est la force motrice de ce processus. En mai 2010, l'UE a décidé d'allouer 110 milliards d'euros pour soutenir la Grèce. L'UE et le FMI ont créé ensemble le mécanisme du fonds européen de stabilité (750 milliards d'euros) afin d'empêcher la contagion de la crise. En octobre dernier, l'UE a apporté une nouvelle aide à la Grèce, avec l'abandon par les banques privées de 50 % de la dette publique grecque, ce qui a exonéré ce pays de 100 milliards d'euros de dette. L'UE a décidé aussi de porter le fonds européen de stabilité financière à 1000 milliards d'euros. Ces mesures montrent l'entraide au sein de l'UE et contribuent considérablement à renforcer la confiance et à atténuer la crise.

Face aux défauts institutionnels et aux lacunes du contrôle révélés par cette crise, l'UE travaille activement à l'élaboration d'un projet de réforme. La France et l'Allemagne étudient la possibilité de créer une gouvernance économique de l'UE. Il va sans dire que cette idée se heurte à beaucoup d'obstacles, parce que certains États ne veulent pas céder davantage de droits souverains, et certains États non membres de la zone euro craignent d'être marginalisés. Par conséquent, des projets de remplacement se préparent aussi, par exemple la création de l'Alliance financière dans la zone euro. Malgré les fortes divergences au sein de l'UE, on comprend qu'il n'y ait pas de possibilité de reculer. La chancelière allemande Angela Meckel a déclaré récemment que pour résoudre la crise, l'issue fondamentale ne peut être que l'approfondissement de l'intégration, et non le recul.

Selon certains analystes, l'établissement de la gouvernance économique ou de l'alliance financière est la voie fondamentale pour résoudre la crise de la dette. Ce sera un pas décisif pour réaliser le rêve des « États-Unis d'Europe ». Une fois ce pas franchi, la crise peut non seulement être résolue, l'intégration de l'Europe sera également portée à un nouveau niveau. Si ce pas ne peut pas être franchi, ce sera le recul qui signifiera l'effondrement de l'euro et la dislocation de l'UE. Où aller ? Cela dépend de la volonté politique de l'UE et constitue une sérieuse épreuve pour les gouvernements des États membres. L'Europe se trouve maintenant devant une lutte décisive.

Dans la situation actuelle, on ne peut être ni optimiste ni pessimiste. L'ancien premier ministre grec Georges Papandréou a menacé de recourir au référendum sur le plan de sauvetage de l'UE. Il s'agit en fait de décider si la Grèce reste oui ou non dans la zone euro. La zone euro a failli se scinder. Mais, sous les pressions intérieure et extérieure, la Grèce a abandonné le référendum. Cela prouve que malgré les contradictions multiples suscitées par les différences et les conflits d'intérêts économiques, le gouvernement d'aucun État membre ne veut quitter l'UE. Seule la voie de l'union permet au vieux continent de maintenir sa propre position dans le monde. C'est là que réside la vitalité de l'intégration de l'Europe. Il est maintenant trop tôt de perdre complètement confiance en l'Europe.

La vraie difficulté est la modification du mode de développement

La généreuse protection sociale est la cause essentielle de la crise de la dette en Europe, et constitue aussi l'obstacle à la lutte pour surmonter la crise. La Grèce possède un niveau de développement relativement bas. Mais après son adhésion à la zone euro, elle a ignoré sa propre situation et s'est efforcée de s'aligner sur le niveau de bien-être des États d'Europe occidentale. Bien que le gouvernement ait obtenu le soutien populaire, la trésorerie de l'État s'est vidée et l'endettement était donc inévitable. Après l'éclatement de la crise, le gouvernement a été obligé de pratiquer une politique d'austérité. D'où le mécontentement populaire, l'agitation sociale et l'instabilité politique. On retrouve cette situation dans d'autres États membres à un degré divers. Le bien-être poussé a pour résultat le coût de production élevé, la compétitivité faible des produits, la croissance ralentie et le manque de vitalité. En retour, cet état des choses aggrave le déficit budgétaire et la crise de la dette publique. Il est difficile pour l'Europe de sortir de ce cycle vicieux.

Personne n'ignore les défauts du mode économique et social de l'Europe. Mais les divers partis politiques qui considèrent le scrutin comme vital ne peuvent pas mettre en jeu leur vie politique. En conséquence, il est très difficile de modifier le mode de développement social. Ceci est un problème épineux qui bouleverse l'Europe depuis plusieurs décennies. Baisser le niveau de vie est le moyen de résoudre radicalement cette crise, mais les gouvernements et les populations ne sont pas encore prêts à relever ce défi. S'il faut dix ans d'efforts pour résoudre la crise de la dette en Europe, comme l'affirme Angela Merkel, il faudra un temps encore plus long et un prix encore plus élevé pour résoudre les problèmes qui se posent à l'Europe. C'est là le véritable problème difficile de l'Europe.

Tratuit selon un article écrit par Sheng Xiaoquan, maître de recherches au Centre d'étude des problèmes mondiaux, de l'agence Xinhua

Source: China.org.cn

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