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Français>>EconomieMise à jour 13.12.2011 16h29
Les entreprises étrangères se raccrochent à la Chine comme à une bouée de sauvetage pour leurs financements

Face à la pression des économies en difficulté de la Zone Euro et du manque de crédit, de nombreuses entreprises étrangères se retournent vers la Chine pour y chercher des sources de financement alors qu'en Europe la crise de la dette s'aggrave.

Les efforts des plus grandes banques centrales du monde pour réduire le coût des emprunts et stimuler l'économie mondiale dans un contexte de crise de la dette européenne qui n'en finit pas n'ont que peu réussi à soulager une contraction du crédit à l'échelle mondiale.

Les dernières nouvelles sur un retrait des prêteurs en Europe, et dans une moindre mesure, aux Etats-Unis, ont sonné comme un coup de semonce pour de nombreuses entreprises internationales, en particuliers celles dont le siège est en France ou en Allemagne. Elles luttent à présent pour chercher d'autres sources de financement pour financer leurs projets d'expansion en Chine, qui reste une des rares lueurs d'espoir dans la morosité mondiale.

Certaines entreprises étrangères se précipitent pour ouvrir des lignes de crédit, nouvelles ou plus fortes, auprès de banques chinoises, y compris auprès de prêteurs privés, plus offensifs, et auprès de banques étrangères qui ont accès au gros réservoir offshore de Yuans à Hong Kong. D'autres fourbissent leurs armes pour s'introduire directement le marché offshore de capitaux en Yuans de Hong Kong par le biais d'émissions d'obligations. Il y en a aussi qui ont montré de l'intérêt dans la vente d'actions à des investisseurs chinois sur le futur Tableau International de la Bourse de Shanghai, quand il commencera ses activités.

A l'évidence, de nombreuses entreprises du monde entier, -allant des compagnies aériennes, des géants des transports de marchandises, des promoteurs immobiliers aux conglomérats industriels et même aux restaurateurs et aux marchands de vins- devraient sentir le poids de ces restrictions au moment où les banques européennes réduisent les prêts, dans un effort pour rassembler des capitaux et consolider leurs bilans.

Le spectre d'une autre crise mondiale du crédit –qui, si jamais elle arrive, devrait être d'une importance bien plus grande encore que celle qui était intervenue après l'effondrement de Lehman Brothers Holdings Inc en 2008, oblige de nombreuses sociétés internationales à réexaminer leurs projets d'investissements mondiaux. Cependant, réduire leur expansion en Chine semble être la dernière chose qui leur vient à l'esprit.

Ainsi de Ken Greene, Président et Directeur général pour la zone Asie-Pacifique du Wydham Hotel Group, qui a ouvert 131 hôtels sur le Continent chinois lors des douze derniers mois. Il dit que la morosité de l'économie mondiale peut bien toucher le secteur de l'hôtellerie aussi, mais que l'ambitieux plan d'expansion sur le Continent restera inchangé, poussé tant par les efforts du Gouvernement pour développer les infrastructures que par la forte croissance du nombre des voyageurs locaux et étrangers.

« Notre président a déclaré précédemment à Wall Street que notre objectif était de développer autant d'établissements sur le Continent que nous en avons aux Etats-Unis, bien que notre groupe compte actuellement quelque 6 200 hôtels aux Etats-Unis tandis qu'il n'y en a que 400 environ sur le Continent chinois », a dit M. Greene dans un entretien exclusif avec le China Daily le 1er décembre.

Dans la même veine, des sources proches d'une filiale chinoise d'un des plus grands fabricants allemands d'équipements de sport a annoncé que l'entreprise n'avait aucune raison de réduire ses budgets ou de reporter son expansion sur le marché en Chine.
« La Chine est l'un des très rares marchés qui nous garantit une croissance de nos bénéfices », a dit cette source le 4 décembre.

La détermination des entreprises à s'en tenir à leurs plans originaux en Chine est compréhensible. Bien que le moteur de la croissance économique du pays devrait, de l'avis général, perdre un peu de puissance en 2012 et après, il avance toujours à un rythme considérablement plus rapide que la moyenne mondiale. La Banque Mondiale a d'ailleurs prédit une croissance de 8,4% du PIB de la Chine en 2012.

De son côté, l'agence de notation Standard & Poor's a placé quinze pays européens sous surveillance en attendant une possible baisse de leur note après que la Chancelière allemande Angela Merkel et le Président français Nicolas Sarkozy aient déclaré le 5 décembre qu'ils souhaitaient refondre le Traité sur l'Union Européenne et voir les dirigeants de l'UE se réunir sur une base mensuelle. Cependant, la possibilité de l'utilisation d'« eurobonds » et de recourir aux banques centrales comme prêteurs ultimes a été écartée pour l'instant.

Et pour compliquer davantage encore les choses pour les entreprises ayant des plans d'expansion en Chine, il y a déjà eu des sorties de capitaux et la baisse du Yuan face au Dollar US en octobre.

Au même moment, le Gouvernement chinois a émis des signaux contrastés sur ses réglages fins de politique monétaire, brouillant plus encore les perspectives du marché du Yuan.

La Banque Populaire de Chine, la banque centrale du pays, a abaissé le taux de réserve obligatoire pour les prêteurs de 50 points de base pour la première fois depuis près de trois ans le 30 novembre dernier. La banque centrale a pris cette initiative –qui a contribué à injecter quelque 400 milliards de Yuans (63 milliards de Dollars US) dans l'économie –afin de soulager les restrictions apportées au crédit et de consolider l'économie alors que l'inflation se calme.

Dans le même temps, s'exprimant lors d'un séminaire sur l'investissement à Beijing, Xia Bin, un conseiller à la Banque Populaire de Chine, a réaffirmé que la banque centrale « ajusterait finement » sa politique monétaire « prudente » plutôt que d'annoncer un changement brutal, et il a ajouté que les restrictions imposées au marché de l'immobilier seraient maintenues.

Les performances en demi-teinte du secteur manufacturier ont été illustrées par l'Indice d'Achat des Managers d'HSBC de novembre, qui a baissé à 47,7% contre 51 en octobre, chiffre le plus bas depuis mars 2009.

Cependant, les entreprises étrangères contactées par le China Daily ont dit qu'elles maintiendraient leurs plans d'expansion en Chine et qu'elles n'avaient nulle intention de tailler dans les budgets. La raison en est que la Chine va probablement rester un des très rares marchés capables de maintenir une croissance même si la crise en Europe plonge finalement le monde dans la récession.

« Nous n'avons pas de calendrier pour la réalisation de cet objectif, mais notre présence sur le Continent doublera sans aucun doute dans les cinq ans qui viennent », a dit M. Greene de Wyndham Hotels.
L'économie chinoise devrait connaître une croissance de 9,6% en 2011, avec des investissements dans des actifs immobilisés comme moteur-clé, d'après le rapport annuel de la Banque Asiatique de Développement, publié à Hong Kong un peu plus tôt cette année.

La croissance du PIB enregistrée au troisième trimestre s'est montée à 9,1% d'une année sur l'autre, en dessous des prévisions générales du marché de 9,3%, d'après des données du Bureau National des Statistiques de Chine.

Bien que n'ayant pas atteint les estimations du PIB, certaines composantes de l'économie chinoise tirent remarquablement leur épingle du jeu, y compris les investissements dans les actifs immobilisés, qui ont augmenté de 24,9% d'une année sur l'autre.

Sans surprise, certaines multinationales sont à présent désespérément à la recherche de nouvelles sources de financement en Yuans à l'heure où la Zone Euro restreint l'accès au crédit. Certaines essaient de s'assurer des lignes de crédit meilleures auprès de banques chinoises locales.

« Un de nos clients est une compagnie aérienne étrangère. Elle a fait enregistrer une filiale à 100% en Chine, et de cette manière elle peut emprunter de l'argent auprès d'une banque locale, faisant de cette transaction un schéma bancaire Chine-à-Chine », d'après une personne bien informée à la Shanghai Pudong Development Bank Co Ltd.

« Nous avons constaté qu'un nombre croissant de sociétés étrangères font la même chose pour chercher des fonds auprès des banques locales, et nous avons remarqué que le montant des emprunts en Yuans a augmenté ces deux dernières années », a t-il ajouté.

Ce genre de développement a aidé les banques chinoises à étendre leurs portefeuilles de prêts à des multinationales, et stimulé les activités des banques étrangères opérant en Chine.

Qui plus est, de nombreuses entreprises accélèrent leurs efforts pour collecter de l'argent sur le marché de capitaux de Hong Kong en émettant des obligations libellées en Yuans.

Depuis juillet 2010, quand les autorités monétaires de Hong Kong et du Continent ont signé un accord visant à alléger plus encore les restrictions sur les transferts en Yuans, une vaste série de prêteurs mondiaux, ainsi que des émetteurs du Continent et de Hong Kong, se sont engouffrés sur le marché « dim sum ». Parmi ces entreprises, des grands noms comme McDonald's Corp, Caterpillar Financial Services Corp et Unilever PLC.

Dans le même temps, un nouvel assouplissement de macro-politique est largement attendu, suivant la décision de la Banque Populaire de Chine de novembre d'abaisser le taux de réserve obligatoire. Cependant, Banny Lam, économiste chez CBB International Securities Ltd à Hong Kong, pense que l'environnement de crédit plus souple ne devrait pas nécessairement affecter l'attractivité de Hong Kong pour l'émission d'obligations libéllées en Yuans.

« De nombreuses entreprises vont se sentir étranglées par le manque de fonds parce qu'elles ne peuvent pas toutes obtenir des prêts, même si le secteur du crédit devient positif pour les prêteurs locaux. Pour autant que je le sache, il y a toujours en ce moment un joli nombre de multinationales qui font la queue pour émettre des obligations libellées en Yuans à Hong Kong l'année prochaine », a dit M. Lam.

En cumul annuel à ce jour, le marché offshore en Yuans a plus que triplé de taille à 210 milliards de Yuans, et la dynamique continue à évoluer rapidement, d'après un rapport de HSBC Holdings PLC, publié le 8 novembre dernier.

« Avec une situation des liquidités intérieures demeurant stricte et l'écart des taux d'intérêt intérieur-extérieur restant élévé, l'incitation pour les entreprises chinoises à collecter des fonds sur les marchés outre-mer demeurera haute dans un avenir proche », ont dit Liu Becky et Zhang Zhiming, économistes chez HSBC et les auteurs principaux du rapport. Ils ont ajouté qu'ils s'attendent à des émissions brutes situées entre 260 et 310 milliards de Yuans l'année prochaine, avec un marché passant à une valeur située entre 400 et 450 milliards de yuan.

Bien que la quantité de dépôts en Yuans à Hong Kong ait diminué en octobre, tombant à 618.5 milliards de Yuan contre 622 milliards en septembre, les espoirs de réévaluation s'évanouissant, la ville a connu une croissance explosive des dépôts en Yuasn au cours des 14 derniers mois. Les chiffres étaient de seulement 217 milliards de yuan à la fin octobre 2010, environ un tiers du niveau actuel.

« La réévaluation du Yuan étant probablement amenée à ralentir, le point central de la politique relative au Yuan va se décalera de plus en plus vers l'internationalisation (en 2012) », a remarqué Paul Mackel, Directeur de recherche sur les devises asiatiques chez HSBC.

Lors d'une visite à Hong Kong en août dernier, le Vice-Premier Ministre Li Keqiang a annoncé une série de nouvelles mesures destinées à amplifier développement économique de la ville et à augmenter la coopération transfrontalière, en particulier s'agissant de l'expansion du marché des actifs libellés en Yuans.
Le Programme d'Investisseur Etranger Institutionnel Qualifié en Renminbi, également dévoilé par le Vice-Premier Ministre, est en tête de l'agenda des régulateurs du Continent. Ils accélèrent les initiatives pour mettre le programme à l'essai dans l'espoir de faciliter les dépôts offshores eu Yuans dans la Région administrative Spéciale, qui seront investis sur le marché des actions de Type A du Continent, a rapporté le 29 novembre l'agence de presse Xinhua, sans pour autant révéler ses sources.

Les filiales de Hong Kong des sociétés de financement du Continent et des sociétés de placement se verront allouer le contingent initial du programme de Programme d'Investisseur Etranger Institutionnel Qualifié en Renminbi, avait indiqué la Banque Populaire de Chine dans un rapport publié en septembre. La banque centrale a ajouté que 80% du total indiqué des 20 milliards des investissement étrangers libellés en Yuans entreront sur les marchés des obligations du Continent lors de l'étape initiale.

« Le système du Programme d'Investisseur Etranger Institutionnel Qualifié en Renminbi sera probablement mis en oeuvre début 2012, si ce n'est même avant la fin de cette année. Il peut également y avoir les changements de réglementation pour favoriser le marché offshore de prêts en Yuans. En conclusion, il est probable qu'il y aura des mouvements substantiels tendant vers l'extension des règlements en Yuans au delà de Hong Kong », a écrit M. Mackel dans un rapport publié le 2 décembre dernier.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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