Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>EconomieMise à jour 28.02.2012 07h58
Chine-UE : le protectionnisme et les conflits « vont augmenter »

Arnoud Willems, un associé du cabinet d'avocats Sidley Austin LLP, de nationalité américaine, est particulièrement content ces jours-ci, après avoir réussi à aider des fabricants de chaussures chinois à gagner un procès anti-dumping. Ses clients vont en effet recevoir des millions de Dollars en remboursements de taxes à titre d'indemnisation.

« Il s'agit du meilleur résultat concret que j'ai obtenu jusqu'à présent », a déclaré M. Willems, qui a ses bureaux au siège du cabinet d'avocats à Bruxelles et a représenté des clients chinois dans des différends commerciaux avec leurs concurrents européens depuis 1995.

Au début de ce mois-ci, la Cour européenne de justice a en effet annulé les droits antidumping de l'UE imposés à l'encontre des sociétés Brosmann Footwear HK Ltd, Risen Footwear (HK) Co Ltd et des sociétés Seasonable Footwear (Zhongshan) Ltd et Lung Pao Footwear (Guangzhou) Ltd, de la Province du Guangdong, dans le Sud de la Chine.

Cela a conduit à la probabilité que de 400 à 500 autres fabricants de chaussures chinois et vietnamiens, qui ont acquitté 16,5 % de leur chiffre d'affaires en droits antidumping depuis 2006, pourraient obtenir une baisse de droits. M. Willems a ajouté que depuis 2006, les fabricants de chaussures ont déboursé plus d'un milliard de Dollars US au titre de ces droits.

« Les autres fabricants de chaussures peuvent demander à l'UE de procéder à des évaluations individuelles après la décision, quand bien même les tribunaux de l'UE peuvent faire valoir que les cas sont trop nombreux pour qu'ils puissent tous les traiter », a déclaré M. Willems, exhortant l'UE à traiter les exportateurs chinois de chaussures avec équité.

Par rapport à Arnoud Willems, Robert MacLean, un associé du cabinet d'avocats Squire Sanders LLC, n'a pas été aussi chanceux en représentant les producteurs de bicyclettes chinoises, qui ont été contraints de payer des droits antidumping depuis 1993. Les mesures ont été étendues à deux reprises et le niveau de ces droits a encore augmenté en 2005. Suite à une enquête en réexamen qui a pris fin en octobre de l'année dernière, l'UE a étendu les droits antidumping à 48,5 % sur les bicyclettes chinoises et pièces détachées pour bicyclettes jusqu'en 2016.

« La longue durée des mesures mises en place montre que l'industrie de fabrication de bicyclettes de l'Union Européenne est l'une des industries les plus protégées dans l'UE », a déclaré Steve MacLean.

Dans la dernière enquête en réexamen des délais d'expiration, peu de producteurs-exportateurs chinois ont répondu activement. Selon M. MacLean, la raison derrière ce manque d'intérêt manifesté par les entreprises chinoises à défendre leurs dossiers vient des mauvaises expériences enregistrées lors des enquêtes en examen précédentes. Un autre facteur qui décourage encore les producteurs individuels chinois est ce qu'ils pensent être le mécanisme injuste des enquêtes en réexamen des délais d'expiration.

L'UE ne considère pas la Chine comme une économie de marché à part entière et elle recourt souvent à des mesures antidumping lorsque les prix des marchandises chinoises importées est inférieur à celui de ses produits locaux.

Bien que les dirigeants chinois et européens se soient engagés à s'abstenir d'utiliser des mesures de protection commerciale plus tôt ce mois-ci lors d'un sommet qui s'est déroulé à Beijing, les experts de l'industrie ont mis en garde les exportateurs chinois, qui doivent s'attendre à faire face à une réalité encore plus difficile sur le marché européen.

Les problèmes sont de deux ordres. Le premier est que les Européens, en raison de mesures d'austérité budgétaire, ont réduit leur demande en biens. L'autre est que les autorités européennes envisagent de recourir à des mesures de défense commerciales strictes pour protéger leur marché intérieur.

« Bien que nous ne voulions pas voir cela, le protectionnisme va augmenter et le nombre de différends commerciaux liés aux relations sino-UE va en faire de même », a déclaré Arnoud Willems.

En tant qu'avocat qui représente des clients chinois depuis de nombreuses années, M. Willems affiche de la sympathique pour les exportateurs chinois qui sont aux prises avec un système de lois commerciales « complexes », en anglais ou en d'autres langues, mais pas en chinois.

Comme la crise de la dette souveraine s'aggrave en Europe et que les volumes d'échanges se développent, Arnoud Willems ne s'attend pas à ce que situation des exportateurs s'améliore. Il a d'ailleurs dit que : « Plus il y aura d'échanges, plus nous rencontrerons de différends ».

Il considère cela comme un défi énorme pour les entreprises chinoises. « Les entreprises chinoises en croissance veulent relever le défi et demandent un traitement équitable, mais la Cour Européenne les ignore simplement, à cause de l'augmentation du nombre de cas et de ses capacités de traitement limitées », a déclaré M. Willems.

Sur le site de la Commission Européenne, il y a actuellement 34 enquêtes en cours en matière de défense commerciale recensées depuis le début de 2011. Et sur ce total, 20 concernent des sociétés chinoises.
De nombreux autres cas font l'objet de procédures judiciaires en cours. Robert MacLean travaille maintenant contre l'UE pour le compte de l'industrie chinoise du papier couché de qualité.

« Cette affaire comprend à la fois un volet anti-dumping et la première affaire anti-subventions engagée par l'UE contre la Chine », a déclaré Steve MacLean, qui représente également le plus grand exportateur chinois dans l'affaire cas concernant des tuyaux en acier inoxydable et des tubes sans soudure.

Selon M. MacLean, la crise actuelle est fort susceptible d'augmenter les tensions commerciales entre l'UE et la Chine alors que les industries européennes opèrent dans un environnement économique de plus en plus négatif et ressentent la nécessité d'une protection.

« Nous avons constaté une tendance aux représailles de la Chine contre l'UE », a déclaré Steve MacLean. « La combinaison de ces deux événements laisse à penser que les frictions vont probablement s'intensifier plutôt que se calmer dans un avenir prévisible ».

Bien que s'engageant à encourager les importations, une source fiable de la Commission européenne a tout de même insisté sur l'importance de rétablir la confiance et la stabilité de l'économie européenne dans une période de crise en « rapatriant » des investissements productifs sur le territoire européen depuis d'autres économies. Il y aura également un réajustement de l'économie européenne, en capitalisant sur des activités économiques réelles.

Cela signifie une diminution probable des importations ou des différends commerciaux plus nombreux avec les économies émergentes comme la Chine.

Certains observateurs disent que les enquêtes antidumping et les droits accrus ne sont pas dans l'intérêt des importateurs et des détaillants européens. Stuart Newman, conseiller juridique de l'Association du Commerce extérieur, dont le siège est à Bruxelles, a critiqué pendant des années les mesures antidumping de l'UE pour leur manque de transparence et de prévisibilité.

L'UE s'est également vue reprocher un manque d'accès aux informations appropriées et le moment peu propice de prise des mesures par la Commission Européenne. « Nous n'avons pas vu beaucoup d'amélioration du système anti-dumping par l'UE au fil des ans », a dit M. Newman, dont l'organisation représente les détaillants et les importateurs européens.

M. Newman a également déclaré que son association craint que davantage d'enquêtes antidumping soient ouvertes à l'encontre des importateurs chinois. Il a prédit que plus les importations en provenance de Chine continueront d'augmenter, plus il y aura plus de demandes de mesures de protection de la part des industries non rentables de l'UE.

En outre, même si les perspectives économiques de la Zone Euro et de l'UE élargie ne sont pas bonnes, la Chine n'en est pas moins sous pression pour maintenir ses activités à l'exportation. Selon M. Newman, l'UE interviendra probablement systématiquement contre les subventions chinoises compensatrices.
« Ce mélange de circonstances va probablement déclenchera davantage de cas de défense commerciale et de procédures de règlement des différends de l'Organisation Mondiale du Commerce des deux côtés », a déclaré Steve MacLean.

Steve MacLean a également déclaré que les Chinois travaillent dur et sont d'excellents commerçants, et il a apprécié la coopération avec les exportateurs chinois, notamment ceux qui sont plus grands, bien organisés et fortement concentrés sur certains marchés et produits.

« Mais il n'est pas facile de défendre les intérêts commerciaux chinois devant les institutions de l'UE alors que le statut d'économie de marché est encore impossible à obtenir », a déclaré Steve MacLean. « Nous n'avons pas accès aux données confidentielles ».

En conséquence, M. MacLean a déclaré qu'en tant qu'avocat, dans de nombreux cas, il est obligé de tâtonner dans l'obscurité et d'essayer de triompher des institutions de l'UE en mettant l'accent sur les erreurs de procédure.

« Donc, nous attendons avec impatience le jour où la Chine sera acceptée en tant que pays à économie de marché », a déclaré Steve MacLean. « Ou le jour où les avocats de l'UE auront un accès plus large aux données des enquêtes en vue de défendre leurs clients chinois de façon plus efficace ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Sélection du Renminribao du 27 février
Principales Nouvelles du 24 février
L'essor des relations sino-africaines surprend l'Occident
Des centaines de millions yuans pour former des animateurs d'émissions ?
L'euro fête ses dix ans : quel choix faut-il faire ?