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Français>>EconomieMise à jour 17.04.2012 08h56
Les dépenses publiques poussent les prix des produits de luxe à la hausse

A présent que la marque d'alcool la plus célèbre de Chine, le Moutai, est sous surveillance, nous serions bien avisés de jeter maintenant un œil sur quelques-uns des autres produits qui ont essayé de marcher sur les brisées de cette coûteuse liqueur.

Les producteurs de thé chinois ont d'ailleurs lancé un pavé dans la mare en admettant que leurs thés de haute qualité visent les deniers publics.

Zhu Baichang, Président du groupe Hangzhou Longjing Tea, dans la Province du Zhejiang, dans l'Est de la Chine, n'a fait qu'être honnête quand il dit que le meilleur thé est hors de portée des gens ordinaires.
La période qui va de la fête Qingming (Journée du Balayage des Tombes), le 5 avril, à celle dite de la « Pluie de Céréales », le 21 avril est généralement considérée comme étant le meilleur moment pour trouver le thé Longjing de la plus haute qualité dans la capitale du Zhejiang, et cette année fut certainement une récolte faste, car les premiers thés sont partis sous le marteau des enchères pour pas moins de 180 000 Yuans (28 500 Dollars US) pour une livre –soit plus cher que l'or.

Seuls les organismes gouvernementaux, les établissements d'enseignement supérieur, les entreprises et des particuliers très riches peuvent se permettre d'acheter du thé à ces prix incroyables.

Offrir du thé comme cadeau a rarement été considéré comme pouvant constituer un pot-de-vin, mais cela pourrait bien changer, maintenant que le public garde un œil vigilant sur la corruption et que les thés de haute qualité deviennent plus chers que l'or.

La Chine est désormais le marché mondial du luxe qui connaît la plus forte croissance, et où les cadeaux faits aux responsables gouvernementaux représentent près de 50 % des ventes de produits de luxe en Chine, selon les experts de l'industrie.

La pratique de faire des cadeaux aux responsables gouvernementaux –que ce soit par d'autres responsables gouvernementaux ou, plus généralement, par des entrepreneurs privés- est si répandue que les producteurs de produits de luxe en sont venus à compter sur elle comme une source de revenus de plus en plus importante. Mais cette tendance n'est pas passée inaperçue de tout le monde, et les micro-blogueurs chinois ne se sont pas privés de décrire les montres, sacs à main et voitures de luxe qui ont été acquis par des responsables.

Les réceptions gouvernementales financées sur des fonds publics -qui sont souvent des manifestations coûteuses, avec des responsables qui dépensent de grosses sommes d'argent pour divertir leurs clients avec des mets de choix, ont également été une force motrice majeure qui a contribué à la flambée des prix de nombreux produits haut de gamme -la liqueur Moutai ayant été la première et la plus grosse bénéficiaire de cette pratique- la société ayant engrangé 8,76 milliards de Yuans l'année dernière.
Le Gouvernement a toutefois pris conscience du mécontentement des citoyens sur la façon dont les fonds publics sont dépensés.

En janvier dernier, Shen Haixiong, un député à l'Assemblée Municipale Populaire de Shanghai, a ainsi demandé l'interdiction du Moutai dans les banquets officiels, le qualifiant d'« abus de fonds publics ».

Et lors de la 11e Assemblée Nationale Populaire qui s'est tenue au début du mois de mars, le Premier Ministre Wen Jiabao a déclaré que l'argent public ne devait pas être utilisé pour acheter des cigarettes, des alcools haut de gamme ou des cadeaux. Un mois plus tôt, une proposition a même été faite, visant à interdire l'achat de toute voiture étrangère, grande ou luxueuse pour un usage officiel.

M. Wen a appelé à la répression de la corruption dans le secteur public et dit que les dépenses publiques pour les réceptions officielles, les achats de véhicules et les voyages à l'étranger -les fameuses dépenses Sangong- devaient être ouvertes au contrôle des citoyens.

Plusieurs mesures ont été adoptées pour lutter contre les dépenses aveugles du Gouvernement ces dernières années, dont notamment une adoptée l'an dernier, imposant aux ministères de divulguer leurs dépenses en frais de Sangong.

Mais si le Gouvernement est vraiment sérieux au sujet du contrôle des dépenses Sangong, il se doit de trouver des solutions vraiment applicables.

Il devrait imposer des limites à la consommation utilisant des fonds publics et les chefs devraient être tenus responsables si leurs services et entreprises gouvernementaux dépensent plus que la limite autorisée. De même, les ministères et les entreprises publiques devraient être légalement obligées d'ouvrir leurs comptes au contrôle du public.

Toutes les dépenses inutiles faites en utilisant des fonds publics devraient être sanctionnées en tant que délit, car il s'agit là d'un détournement de l'argent des contribuables.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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