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Français>>EconomieMise à jour 18.04.2012 16h28
Un air frais venu de l'élection du nouveau président de la Banque mondiale

Le seize avril dans la matinée, le conseil d'administration exécutif de la Banque mondiale s'est réuni pour élire par vote son nouveau président et le médecin et anthropologue américano-coréen Jim Yong Kim a été désigné en tant que douzième président de cette institution financière internationale, laquelle n'a pas annoncé les résultats concrets du vote. Toutefois, dans le communiqué qui a été publié à cet effet, il est dit que le candidat a reçu le soutien de différents pays membres, ce qui signifie que celui-ci n'a pas été élu à l'unanimité par le conseil d'administration exécutif, ce qui constitue une dérogation, car la tradition place toujours un ressortissant américain à ce poste.

Dans toute l'histoire de la Banque mondiale qui a un passé long de près de 70 ans, c'est la première fois que cette fois-ci il y a eu plusieurs candidats qui se disputent pour ce poste dirigeant et que des candidats proposés par des pays en voie de développement ont osé se présenter et monter en scène. Ces nouveaux changements montrent clairement qu'il est apparu dans le processus de développement de cette institution internationale un nouveau phénomène sans précédent. Quant à certains observateurs optimistes, ils pensent que la présente élection du président de la Banque mondiale amène de l'air frais et une nouvelle ambiance à la réforme et à la gestion des institutions et des organisations internationales d'importance.

Le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères s'est prononcé dernièrement sur cette élection et il a dit que la partie chinoise espère et souhaite que le nouveau président de la banque mondiale puisse continuer à étendre et à approfondir la réforme structurelle et gestionnaire de l'institution internationale en question en augmentant davantage le droit à la parole et la représentativité des pays en voie de développement au sein de l'institution. Il est souhaité également que celui-ci continue à apporter sa contribution à la diminution de la pauvreté dans le monde et à l'œuvre de développement de ce dernier.

Depuis la mise en place vers la fin de la deuxième Guerre mondiale du système de Bretton-Woods (1945--1971), il a été d'usage pour la Banque mondiale de choisir son président parmi les Américains et pour le Fonds monétaire international (FMI) de désigner son Directeur général parmi les Européens et cela était devenu une règle tacite. L'année dernière, l'ex directeur général du FMI le Français Dominique Strauss-Kahn a été obligé de démissionner de son poste en raison de la « faute morale » qu'il a commise et les pays émergents ainsi que les pays en voie de développement ont profité de cette occasion pour lancer un appel à l'abandon de cet usage suranné. Pour ce qui est de la présente élection du président de la Banque mondiale, il a été instauré un nouveau processus de vote, ce qui est sans précédent et qui traduit, à un certain degré, les appels de ces derniers qui souhaitent la réforme du mécanisme de gestion des institutions financières internationales et l'augmentation de leur droit à la parole et à la décision..

Importance accrue des pays en voie de développement.

Les médias thaïlandais ont publié des commentaires insistant sur le fait que la Banque mondiale fait face à une série de nouveaux défis et qu'un assez grand nombre de pays en voie de développement sont en train de faire des efforts pour rattraper et pour dépasser les entités économiques développées, ce qui signifie que pour certains d'entre eux, leur développement économique ne dépend plus des prêts accordés par celle-ci. D'autre part, les expériences de la réussite de certains pays en voie de développement constituent un défi à l'encontre de l'idéologie traditionnelle de principe de la Banque mondiale qui doit à cet effet reconnaître et accepter, sur une large mesure, ces expériences réussies. Il est certain que pour le soutien ultérieur des ressources à celle-ci, il proviendra sans nul doute des pays à économie émergente et non plus des pays occidentaux criblés de dettes. A cet effet, ceux-ci doivent être payés en retour et ils ont entièrement le droit de demander qu'ils pèsent plus au sein de l'institution quant à la parole et à la décision.

En tant que la plus importante entité économique de l'Amérique latine, le Brésil s'était montré actif et dynamique lors de la présenté élection du président de la Banque mondiale. Après avoir discuté avec les pays de l'Amérique latine, ils ont proposé ensemble comme candidat le Colombien José Antonio Ocampo, puis, le Brésil s'était démené pour obtenir le soutien de la communauté internationale et pour que le nouveau président soit quelqu'un possédant de vastes connaissances, pourvu d'un savoir approfondi et capable de parler au nom des pays en voie de développement. Quant à la Présidente brésilienne Dilma Rousseff, elle a saisi toutes les occasions pour critiquer avec virulence la politique économique appliquée par les pays occidentaux et surtout par les Etats-Unis et les pays de l'Europe. Elle a insisté sur le fait qu'il est nécessaire de transformer la structure de la Banque mondiale et du FMI.

Commentaire

Xu Qiyuan (Assistant chercheur au Bureau d'études de la macroéconomie universelle de l'Institut de l'Economie et de la Politique mondiales relevant de l'Académie des Sciences sociales de Chine) : La présente élection du président de la Banque mondiale n'a pas pu changer la structure actuelle du contrôle et de la domination des Etats-Unis au sein de l'institution, car ils y disposent d'un droit de vote de 15,85% et du veto définitif des résolutions. Cependant, il a été apparu certains changements positifs : il a été autorisé pour la première fois aux autres pays, et non plus aux Etats-Unis seuls, de proposer leurs propres candidats. Vu que les résultats du travail exécuté par l'institution au sein des pays en voie de développement donnent lieu à de nombreuses contestations, et plus est la parution continuelle des problèmes et des difficultés économiques au sein des pays développés, ce qui pousse les pays en voie de développement à renforcer leur conscience primordiale et à devenir ainsi la principale force motrice poussant l'institution internationale à entreprendre la réforme.

Vu à long terme, la position prépondérante et dominante qu'occupent actuellement les Etats-Unis au sein de l'institution fera face à de nouveaux défis grandissants. Primo, c'est le réajustement de la règle en tenant compte de la participation actuelle au sein de l'institution, car il est certain qu'avec l'ampleur grandissante de leur économie et du renforcement de leur capacité de rajout de capitaux, d'apport et de contribution à l'institution, les pays en voie de développement verront leur droit à la parole et à la décision s'élever et se renforcer petit à petit et cette tendance sera déterminante. Secundo, les Etats-Unis s'inquiéteront peut-être de la dilution et de la dispersion graduelles de leur part et à cet effet, ils s'opposeront énergiquement au rajout de capitaux de grande ampleur au sein de la Banque mondiale, ce qui limitera et amoindrira le rôle joué par celle-ci, alors que parallèlement, certains organes régionaux ou nationaux d'exploitation et de développement sont en train de mettre en valeur leur potentialité. Par exemple, China Development Bank et Export-Import Bank of China accordent à des pays en voie de développement des prêts dont le montant a déjà dépassé, il y a quelques années, ceux de la Banque mondiale. Ainsi, il ressort que cette dernière doit avancer sans relâche dans la voie de la réforme. Quant aux pays en voie de développement, leur force et leur puissance constituent pour eux la base de leur développement, tandis que le temps deviendra leur meilleur ami.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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