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Français>>EconomieMise à jour 26.04.2012 08h34
Dette publique chinoise : beaucoup de bruit pour rien...

S'agissant de la dette publique locale chinoise, l'Occident doit cesser de faire toute une histoire, celle-ci étant à un niveau raisonnable et les risques étant sous contrôle

L'énorme dette des gouvernements locaux chinois est devenue le centre de l'attention de l'Ouest, parce qu'un certain nombre de gouvernements locaux ont en effet déclaré avoir rencontré des problèmes de solvabilité. Certaines institutions étrangères ont exprimé leur inquiétude, craignant que la Chine ne suive les traces des pays européens et se retrouve en proie à des dettes qu'elle sera incapable de rembourser.
Mais la dette publique est de la Chine est-elle vraiment hors de contrôle ?

Le développement de la Chine, aussi remarquable puisse-t-il paraître vu de loin, nécessite encore des efforts continus et minutieux. Bien que la Chine dispose d'un agrégat économique immense et jouisse d'un développement rapide, il y a encore un fossé entre les zones rurales et urbaines et des disparités régionales. En outre, ses infrastructures, y compris la protection des eaux, les transports, l'environnement et la gestion des installations publiques, ont toutes besoin de fonds énormes. Il faudra beaucoup de temps à la Chine pour réduire le fossé entre les zones rurales et urbaines et arriver à l'intégration économique régionale, l'urbanisation et l'industrialisation. Dans ce processus, il est nécessaire de maintenir un taux d'investissement d'un niveau élevé, mais rationnel.

Un taux d'investissement élevé doit être soutenu par des fonds suffisants. Les statistiques du Fonds Monétaire International montrent que, bien que les recettes publiques de la Chine, y compris les recettes fiscales et les recettes des fonds du Gouvernement, aient augmenté d'année en année, leur part dans le PIB ne représente qu'à peine 20 %, soit nettement moins qu'en Allemagne, en Italie et en France, où ce chiffre se situe autour de 45 %, et même moins qu'aux États-Unis et au Japon, où il est de 30 %. Les revenus totaux semblent insuffisants pour un pays aussi vaste que la Chine, qui possède une société à double structure. Toutefois, étant donné le niveau de développement actuel et les conditions nationales de la Chine et, il ne serait pas réaliste de faire monter le niveau d'imposition à 50 %, comme au Danemark et en Suède. Aux prises avec un grand nombre de mandats non financés, les gouvernements locaux ont rapidement étendu leurs emprunts par le biais de leurs plateformes de financement propres. Ces dettes se sont constituées dans des contextes historiques et structurels spéciaux. Elles ont aidé à combler les trous des recettes fiscales, donné une impulsion à la reprise économique et brisé le goulot d'étranglement des infrastructures. Bien sûr, on ne peut cependant pas nier que certains gouvernements locaux ont dépassé leurs capacités d'emprunt faute de contrôle et de réglementation adéquats.

Mais selon les statistiques, la dette totale de la Chine se monte à environ 20 000 milliards de Yuans. Cela représente environ 50 % du PIB de la Chine, mais reste inférieur au seuil de 60 %, considéré comme un signe d'alerte dans le Traité de Maastricht.

Et si nous regardons le remboursement de la dette, nous constatons que 2011 et 2012 sont, pour les gouvernements locaux, une période de pic de remboursement de leurs dettes, remboursements qui vont progressivement se stabiliser dans les années suivantes. La dette due à la fin de l'année 2011 représente 25 % du PIB et la dette échue en 2012, 17 %. Et on peut estimer que le taux de couverture de la dette sera réduit à 10 % après 2013, ce qui signifie que les risques ne sont pas élevés et qu'il y a peu de risques de déclencher une soi-disant crise de la dette.

Par conséquent, le niveau d'endettement de la Chine n'est pas trop élevé, et dans l'ensemble, les risques sont sous contrôle.

En outre, le problème de la dette publique locale est le résultat des efforts de la Chine pour lutter contre les effets de la crise financière mondiale. Les gouvernements locaux ont réalisé des projets d'investissement à grande échelle dans le but de mettre en œuvre le plan de relance économique. Ainsi, les dettes générées ne l'ont été ni pour le bien-être public en Europe et aux Etats-Unis, ni pour la guerre. L'argent a plutôt été utilisé pour la construction de routes, de ponts et de trains à grande vitesse. Ce genre de dépenses améliore l'efficacité macro-économique, et la construction d'infrastructures bénéficiera aux générations à venir. Le développement d'infrastructures favorisera le développement durable de la Chine et apportera des avantages économiques bien plus que des fardeaux. Par conséquent, ce que nous voyons maintenant en Chine est complètement différent de la crise de la dette en Europe et aux États-Unis.

À mon avis, nous devrions adopter un point de vue objectif sur la question de la dette publique locale chinoise et reconnaître l'interdépendance entre la dette des collectivités locales et la croissance économique. Tout en s'assurant que les risques sont sous contrôle, il est important de créer des canaux viables de collecte de fonds pour les collectivités locales, grâce à des plateformes de financement. En faisant ainsi, nous pouvons garantir une augmentation normale des apports d'infrastructures locales et de favoriser une croissance économique stable de la Chine.

Une approche possible pour aborder la question serait de faire disparaître les risques de la dette dans un délai plus long pour que les gouvernements locaux puissent lutter contre les risques. Bien sûr, la condition préalable à cette approche est que l'économie connaisse une croissance constante et que les recettes des administrations locales soient durables. En octobre 2011, le Ministère chinois des Finances a autorisé Shanghai, les provinces du Zhejiang, du Guangdong et Shenzhen à émettre des obligations de collectivités locales à titre expérimental. Cette initiative représente une percée dans le traitement du problème de la dette des collectivités locales.

Alors, pourquoi les médias occidentaux continuent-ils à faire un tel tapage à propos de la dette des gouvernements locaux chinois ? Actuellement, l'Europe et les Etats-Unis sont confrontés à un chômage élevé, une crise de la dette et à la faiblesse de leur croissance économique. Et les problèmes économiques et sociaux sous-jacents sont susceptibles de s'intensifier.

Ce n'est pas la première fois qu'ils essaient de détourner l'attention sur la Chine et qu'ils essaient de saper le développement économique de la Chine en exagérant des problèmes comme l'inflation, la dette publique locale et les problèmes sur les marchés du logement et de capitaux. Les tactiques qu'ils utilisent aujourd'hui sont semblables à celles qu'ils ont utilisées dans le passé.

Dans les années 1990, on se souvient en effet que l'Occident a essayé de monter en épingle le sujet des actifs non performants dans le secteur bancaire chinois, affirmant que le secteur bancaire de la Chine était techniquement insolvable, le taux de prêts improductifs étant bien au-dessus de 30 %. Ces institutions qui ont estimé que les banques chinoises étaient « techniquement en faillite » sont entrées dans les banques chinoises en tant qu'« investisseurs stratégiques » avant de se retirer dix ans plus tard avec toutes sortes d'excuses et après avoir fait de gros bénéfices. Cette fois-ci, leur cible est la dette des gouvernements locaux chinois. Nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander quelle était leur intention stratégique derrière leur manœuvre. C'est une chose contre laquelle nous devons nous prémunir.

Han Yu, un philosophe chinois de la Dynastie des Tang (618-907), avait dit que, « Si vous réussissez, d'autres essaieront de vous calomnier, si vous avez des vertus, d'autres chercheront à ternir votre gloire ». Dans l'avenir, le modèle chinois va sûrement attirer encore l'attention et la critique. Cependant, je crois que la pression externe peut se traduire en une force motrice qui nous pousse à réfléchir sur nos lacunes et nos insuffisances et encourager la réforme institutionnelle afin que nous puissions atteindre un développement économique durable. Critiquer avec un esprit tolérant et ouvert est la meilleure façon de présenter l'image de la Chine.

L'auteur est président de la Banque Export-Import de Chine.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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