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Français>>EconomieMise à jour 16.05.2012 10h00
Les agriculteurs chinois répondent au goût de leurs concitoyens pour les aliments étrangers

Patricia Kontur a été surprise quand ses activités d'exportation de myrtilles en Chine ont été victimes d'une baisse soudaine l'an dernier, après cinq années consécutives de hausse.

Cette crise n'a pas été causée par une contraction de la demande, mais bien plutôt par une concurrence croissante dans le pays même, selon la directrice du programme d'exportation de l'Association des Myrtilles Sauvages d'Amérique du Nord, qui gère des exploitations de myrtilles dans le Maine.

« Les producteurs locaux ne connaissaient peut-être pas les myrtilles il y a seulement dix ans. Mais maintenant beaucoup d'entre eux peuvent produire en masse ces baies et garantir aux consommateurs chinois un prix beaucoup plus bas », dit-elle. « Vous ne pouvez qu'être impressionné par ce que la Chine peut accomplir ».

Les aliments importés, qui étaient jusqu'à récemment une rareté en Chine, sont de plus en plus communs, tendance soutenue par une population de plus en plus à l'aise et des scandales alimentaires de grande envergure.

L'Association Américaine des Industries de l'Alimentation prévoit que la Chine va devenir le plus grand consommateur de produits alimentaires importés, avoir un marché de 480 milliards de Yuans (76 milliards de Dollars US) en 2018.

Un changement notable s'est produit au cours de ces cinq dernières années : les entreprises de produits alimentaires chinoises essaient de produire des versions moins chères des produits alimentaires occidentaux, réduisant la marge des exportateurs étrangers.

Par exemple, les myrtilles que l'on trouvait auparavant en Chine venaient principalement d'Amérique du Nord.

Mais la production nationale de ces fruits a monté en flèche, affichant un taux de croissance annuel composé de 134 % entre 2007 et 2010 et atteignant 5 000 tonnes à la fin de l'année 2010, selon un rapport publié par l'Association Chilienne des Exportateurs de Fruits Frais.

Plus de dix producteurs de myrtilles, enregistrés au cours de ces cinq dernières années, ont débuté leurs activités en ce domaine dans les provinces du nord-est de la Chine, où les exigences du sol et les conditions climatiques sont parfaites pour la culture de ce genre de fruits, d'après des données de l'Institut de Recherche sur les Myrtilles de l'Université de Dalian.

Le fruit chinois est également beaucoup moins cher. Dalian Blue Health Agriculture Development Co Ltd vend des grosses myrtilles sauvages fraîches pour 30 Yuans le kilo, soit moins de la moitié du prix des fruits américains importés.

Sur d'autres fronts, l'appétit croissant des consommateurs chinois pour le fromage a également ouvert un autre boulevard aux entrepreneurs locaux innovants.

Les exportateurs américains de produits laitiers ont commencé à en ressentir les effets ces deux dernières années quand ils ont constaté l'introduction par des producteurs locaux de produits fromagers de saveurs diversifiées.

« Nous voyons très clairement une tendance, qui montre que des producteurs laitiers chinois comme Bright Food (de Shanghai) et Sanyuan (de Beijing) améliorent leurs formules de chocolat et de fromage à saveur de cerise », a déclaré Jiang Yan, vice-président de PR Consultants Ltd, qui représente le Conseil des Exportateurs Américains de Produits Laitiers en Chine.

Aux États-Unis, le fromage est normalement salé, dit M. Jiang. Cette association, qui cherche à expliquer au marché la façon dont le fromage américain conserve le maximum de nutriments, admet que ses homologues chinois ont légèrement progressé en s'adaptant aux goûts locaux.

Dong Xu, mère d'un jeune garçon de 8 ans, est une grande fan de la sélection impressionnante de fromages fins importés proposés par City Shop, la plus grande chaîne de magasins de Shanghai, qui dispose d'une vaste gamme de produits alimentaires importés.

« Les gens ont peur de grossir s'ils mangent du fromage, mais ils ne se rendent guère compte qu'il est bon pour la santé car il est riche en calcium, vitamines et minéraux », dit Mme Dong. « Bien que ce ne soit pas une tradition chinoise de manger du fromage, je donne un morceau de fromage à mon fils au petit-déjeuner ».

La demande chinoise pour des produits alimentaires importés des États-Unis a atteint 22 milliards de Dollars US en 2011. Non seulement elle a fait un bond de 10 fois en termes de volume ces 15 dernières années, mais le marché s'est également « déplacé vers le haut de la chaîne de valeur », selon Keith Schneller, Directeur agricole du Bureau du Commerce Agricole Américain à Shanghai.

« Autrefois, les exportations américaines vers la Chine concernaient principalement la transformation et la réexportation vers d'autres économies avancées comme le Japon et la Corée du Sud, mais rien que lors de ces cinq dernières années (nous avons vu) une tendance ‘en Chine pour la Chine', et elle concerne tous les secteurs, y compris les produits laitiers, les fruits de mer et les baies », a-t-il dit.

Du Xiaoxin, candidate à une maîtrise à l'Université Fudan, dépense jusqu'à 200 yuans par mois en produits alimentaires importés, comme des ingrédients, des en-cas et des boissons. Cela représente près de 10 % de ses revenus mensuels disponibles.

Du Xiaoxin a développé un goût pour la nourriture occidentale lors de ses études à l'étranger, et dit que manger ces produits lui rappelle aujourd'hui les joyeux « tea times », qu'elle avait à l'étranger. « Donc, le prix n'est pas si important que cela », a-t-elle dit.

Pour stimuler le marché, le Bureau Américain du Commerce Agricole a coordonné 75 entreprises américaines et associations alimentaires pour présenter de vrais produits américains lors de la 13e Exposition Internationale de Produits Alimentaires et de Boissons de Chine à Shanghai. Cette exposition a également attiré d'autres exportateurs de produits alimentaires qui souhaitent tirer profit de l'immense potentiel du marché chinois.

Mister Potato, principal producteur malaisien de snacks à la pomme, cible les adolescents et les jeunes adultes chinois depuis l'année dernière, après s'être développé avec succès dans 80 pays.

Pour évincer des concurrents comme Pringles et Lays, arrivés en Chine avant elle, la société est en train de mettre en place des campagnes de publicité élaborées, comme des voyages gratuits au Royaume-Uni offerts à des consommateurs chinois chanceux pour rencontrer les membres de l'équipe de football de Manchester United, a déclaré Leong Yuenlin, un dirigeant de l'entreprise.

« Il s'agit d'une excellente occasion pour nous, car la Chine ouvre son marché énorme », a déclaré Hector Lescarbura, Directeur de l'Institut de Promotion du Bœuf Argentin.

À l'heure actuelle, 15 exportateurs argentins sont autorisés à vendre du bœuf en Chine. Beaucoup d'autres sont en attente de l'autorisation ou ont exprimé de l'intérêt, a ajouté M. Lescarbura.

« Cela prend beaucoup de temps et c'est très difficile de satisfaire aux tests de qualité de la Chine, mais le marché d'ici en vaut la peine », a-t-il dit.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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