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Français>>EconomieMise à jour 16.05.2012 10h20
L'administration entrouvre ses livres de comptes

Les administrations centrales ont rendu public les budgets annuels de ces dernières semaines, un geste qui paraissait inimaginable il y a encore quelques années. Pourtant, malgré les progrès réalisés en matière de transparence budgétaire, les experts estiment que les données publiées sont encore trop vagues pour satisfaire la demande des contribuables.

Cette année, c'est la troisième fois que les autorités révèlent leurs revenus et dépenses, suite à l'introduction de nouvelles règles sur les dépenses entrées en vigueur en 2008.

Jusqu'à présent, 92 des 98 ministères et organismes financés par l'État ont fait connaître leurs comptes depuis le 23 avril, soit le même nombre que l'année dernière et 18 de plus qu'en 2010.

Les rapports budgétaires de 2012 comprennent des éléments nouveaux, tels que des explications sur les dépenses, en indiquant les efforts visant à enrichir les rapports financiers portés dans les premiers jours à l'attention du public.

"Nous constatons des progrès, mais il y a beaucoup de choses à améliorer», a déclaré Jiang Hong, professeur de finances publiques à l'Université des Finances et de l'Economie de Shanghai.

Dans un geste sans précédent, les montants reçus des autorités pour les redevances, notamment la surtaxe de l'éducation pour les entreprises, le Fonds de l'aviation civile ainsi que les dépenses de fonds publics, ont été pour la première fois inclus dans le budget annuel, dans une tentative répondant au gouvernement central de l'exigence d'un rapport financier «complet».

Le Fonds de l'aviation civile, par exemple, a été introduit en avril par le ministère des Finances pour remplacer les deux taxes perçues antérieurement des passagers aériens, pour amasser des fonds pour améliorer le secteur de l'aviation du pays.

Jiang a expliqué en apportant le fonds sous gestion des finances publiques, l'utilisation arbitraire de l'argent peut être évité dans une certaine mesure.

En plus des efforts pour le rendre plus complet, le budget de cette année est également présenté avec des notes plus explicites.

"De nombreux ministères ont inclus des graphiques et des illustrations et certains ont également expliqué les raisons des changements importants dans le budget», a annoncé Ye Qing, directeur adjoint du bureau des statistiques de la province du Hubei.

Le droit du public de contester les dépenses des gouvernements a été accordé en 2008, lorsque le pays a adopté le règlement de rendre public des informations du gouvernement. Les règles exigent que les gouvernements à tous les niveaux de «prennent l'initiative de porter l'information budgétaire à la connaissance du public» et les règlements ont contraints les départements, sous la tutelle du gouvernement central à révéler les dépenses en 2010.

Les réformes étaient auparavant engagées au niveau local.

Le gouvernement de Shenzhen, dans la province du Guangdong, a accepté de rendre public en ligne son rapport financier dès 2008.

"J'avais envoyé des centaines de demandes aux gouvernements dans différents domaines et tous ont refusé ou tout simplement ignoré cette demande avant que le gouvernement de Shenzhen se décide à accepter", a déclaré Wu Junliang, un homme d'affaires et un militant de longue date pour la transparence budgétaire. " Je me sens comme une personne aveugle qui a finalement finit par voir le monde. "

L'information rare est devenue un succès instantané auprès des résidents, a déclaré l'homme de 54 ans et le site Web du gouvernement de la ville où l'information était affichée a été saturé dès deuxième jour.

"Un gouvernement non-transparent devient plus irresponsable, mais une fois que l'information est ouverte, des changements peuvent intervenir", a déclaré Ma Jun, un professeur de la gouvernance publique de l'Université de Sun Yat-sen.

En ce qui concerne le plan des dépenses publiques de cette année, le professeur note qu'ils se sont améliorés en termes d'efficacité et dans la forme, mais qu'il y avait encore beaucoup à faire.
"Les budgets doivent être compréhensibles", a-t-il expliqué, rappelant que la condition préalable est que le public puisse juger de la légitimité des dépenses.

De plus, les rapports budgétaires révélés au grand public sont pour la plupart réalisés selons des lignes fonctionnelles, qui reflètent les principales catégories de dépenses, comme l'éducation ou l'agriculture, mais sans révéler l'objet de la dépense.

Pour le ministère de l'Education, le budget fonctionnel divise l'argent dans plusieurs catégories, notamment l'enseignement supérieur, primaire et professionnelle. Dans le cadre du budget économique, les dépenses sont affectés en fonction de son but, comme le salaire, la protection sociale ou lesvoyages à l'étranger.
"C'est comme si le gouvernement venait d'ouvrir la moitié de ses livres de compte, mais que l'autre partie est beaucoup plus importante pour le public," a confié Ma.

Pour Ma Zhaoxu, les dépenses les plus controversées - les achats de véhicules, réceptions, entretiens et voyages à l'étranger - seront "dévoilés au grand jour" une fois qu'ils ouvriront l'autre moitié.
De plus, les budgets devraient être publiés en temps opportun.

"Déjà une demie-année s'est écoulée, mais le budget rendu public est encore incomplet", a-t-il fait remarquer.

Jia Baolan, un membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPC), l'organe politique consultatif du pays, a proposé lors de la session annuelle de mars de modifier la loi et de changer l'exercice budgétaire en Chine.

L'exercice annuel du pays porte de janvier à décembre, ce qui signifie que les plans des dépenses publiques étaient déjà en vigueur lorsque les législateurs les ont examiné au cours de la session plénière annuelle de l'organe législatif suprême, l'Assemblée populaire nationale (APN), ayant également lieu en mars.
Ma, qui a appelé à dévoiler les dépenses publiques, qui pour lui est une «tendance inévitable", estime qu'il faudra mener une dure bataille pour atteindre l'objectif de transparence des finances publiques en Chine et les autorités devront prendre le temps de s'adapter.

"Leur publication ne signifie pas nécessairement une transparence et nous devons donner aux gouvernements le temps 'de se laver le visage' avant de rencontrer les invités", a-t-il dit.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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