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Français>>EconomieMise à jour 28.05.2012 09h44
A propos de l'Euro, la Chine « devrait se préparer », disent les experts

Bien qu'il n'y ait qu' « un léger » risque que la Grèce quitte la Zone Euro, la Chine devrait prendre des mesures pour se prémunir contre les effets possibles de ce scénario du pire, selon les experts.

Après que le taux de change du Yuan ait plongé en dessous de 8 Yuans pour un Euro mercredi, il a atteint 7,97 contre l'Euro jeudi, son plus haut niveau depuis juin 2002.

Selon les analystes, les conflits politiques dus aux mesures d'austérité et aux options de croissance et les incertitudes qui croissent au sujet de la Grèce peuvent continuer à affaiblir l'Euro, rendant le Yuan relativement plus fort.

Lors d'une réunion qui s'est tenue jeudi, les dirigeants européens ont exhorté la classe politique politiques grecque et les citoyens de ce pays à choisir de rester au sein de la Zone Euro, tout en respectant leurs engagements envers l'austérité.

Duncan Freeman, chercheur à l'Institut bruxellois pour les études contemporaines de la Chine, pense que l'Euro restera fragile jusqu'à ce qu'il y ait une véritable résolution de la crise, non seulement en Grèce, mais aussi plus largement dans la Zone Euro. »Il n'y a aucun signe nous laissant croire que cela se produira de sitôt », a déclaré M. Freeman.

Il estime que certains Grecs envoient des signaux au reste de la Zone Euro, laissant croire que la sortie de la Grèce sera un désastre pour la région.

Dans le même temps, certains politiciens d'autres pays de la Zone Euro autres disent qu'une sortie sera un désastre pour la Grèce, mais que l'Euro survivra et que la contagion sera limitée.

« Chaque côté essaie de faire peur à l'autre en faisant ce qu'il veut », a déclaré M. Freeman.

Les commentaires de Duncan Freeman ont été repris par les analystes chinois.

« Si les pays européens ont vraiment des plans de sortie de la Grèce, ils devraient les élaborer tranquillement en privé, pas les mettre sur la place publique », a déclaré Liu Mingli, un chercheur à l'Institut d'études européennes à l'Institut chinois des relations internationales contemporaines.

« C'est comme le débat sur le relèvement du plafond de la dette des États-Unis l'an dernier. Un accord final sera conclu à la dernière minute, mais chaque partie tente de mettre autant d'atouts dans son jeu avant l'arrivée du moment final », a dit M. Liu.

Cependant, « bien que la possibilité (d'une sortie grecque) soit très faible, elle n'est pas pour autant nulle, et le résultat (d'une sortie de la Grèce) ne sera pas un petit résultat », a-t-il dit.

Peng Wensheng, économiste en chef chez China International Co Capital, estime que la croissance du PIB mondial pourrait chuter à la moitié seulement de ce qu'elle était lors de la crise mondiale de 2009, avec pour résultat un taux de croissance de la Chine ralentissant à 6,5 %, sans prendre en considération des ajustements de politique possibles.

« Si la Chine devait élaborer ses propres plans, elle devrait réduire son exposition aux actifs en euros sur le court terme, qui sont susceptibles de se déprécier car il y aura des sorties de capitaux de la Zone Euro sur une grande échelle après la sortie de la Grèce », a dit M. Liu.

« Sur le long terme, la Chine devrait réduire sa dépendance envers les exportations vers l'Europe, chercher davantage d'opportunités dans les marchés émergents et stimuler sa demande intérieure, car le marché européen restera déprimé pendant des années », a-t-il ajouté.

Selon M. Liu, les investissements chinois, comme dans les ports grecs, restent prometteurs sur le long terme. Mais sur le court terme, la Chine devrait faire une plus large utilisation des instruments dérivés pour compenser les fluctuations des taux de change.

« Un affaiblissement de l'Euro va causer une pression directe sur les exportations chinoises vers l'Europe, qui sont déjà stagnantes en raison de la faible demande là-bas, du fait de la crise de la dette », a déclaré Zhang Lihua, professeur et chercheur au Centre pour les Études Européenes de l'Université Tsinghua.
« Mais d'un autre côté, cela pourrait être une bonne nouvelle pour les exportateurs européens vers la Chine et attirer davantage l'attention des investisseurs chinois », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Zhang, les exportations européennes vers la Chine se heurtent encore à beaucoup de limitations, car plus de 150 documents liés aux politiques d'exportation concernant la Chine ont été émis depuis 2004, dont la plupart comportent des restrictions.

« La balle est dans le camp des pays européens, s'agissant de l'opportunité ou non de supprimer ces restrictions frappant les exportations de produits high-tech et militaires ».

« Mais il y a peu de chances que ça arrive, compte tenu de la complexité du processus décisionnel entre les pays européens », a-t-elle dit.

Pierre Defraigne, Directeur exécutif du Madariaga College à la Fondation de l'Europe, compare l'Europe, telle qu'elle fait face à la crise en cours, à un gruyère – c'est-à-dire un fromage plein de trous.
Par cela, il veut parler des déficits dans la gouvernance de la Zone Euro, notamment le manque de politiques communes d'ensemble.

« Il n'y a pas de leadership au niveau européen. Il y a seulement des dirigeants nationaux qui tentent d'exercer un leadership collectif en Europe. Et ça, c'est le travail du Conseil Européen », a déclaré M. Defraigne.

Malgré plusieurs sommets européens destinés à coordonner les actions des Etats membres, il estime que les dirigeants européens ne sont pas en mesure de mettre le bien-être de l'Europe au-dessus de celui de leurs pays respectifs.

« Il y a un contraste entre l'Europe et la Chine. La méthode chinoise n'est, bien sûr, valable que pour la Chine elle-même ».

« Toutefois, nous devons encore tenir compte de deux atouts majeurs des dirigeants chinois : la capacité à mettre en œuvre des réformes et la continuité ».

M. Defraigne dit qu'il n'est ni optimiste ni pessimiste quant à la situation actuelle dans la Zone Euro. Il pense que « le prix réel à payer » pour une disparition de l'Euro sera l'affaiblissement inévitable de l'Europe, ce qui nuira au multilatéralisme.

« C'est un risque réel », a-t-il dit.

Au début de la rencontre, le Président français François Hollande a cherché à convaincre les nations de la Zone Euro à émettre des Euro-obligations, les fameux « Eurobonds », malgré la résistance de l'Allemagne.
Le bloc des 27 nations devant prendre des décisions relatives à la croissance lors d'un sommet fin Juin, M. Hollande a déclaré que les euro-obligations « permettrait aux pays d'accéder plus facilement à des financements sur les marchés monétaires ».

En tant que plus grand créancier, l'Allemagne insiste sur la réduction des dépenses dans les pays endettés comme la Grèce, l'Espagne et le Portugal, qui ont affaibli leur potentiel de croissance.

Le Président du Conseil Européen Herman Van Rompuy a déclaré qu'il est évident que présenter "la réduction des déficits», comme l'opposé de la « croissance » est un faux débat.

« Ce sont les deux faces d'une même médaille Sans des finances publiques saines, il ne saurait y avoir de croissance durable ; mais sans une croissance durable, les mesures destinées à mettre nos niveaux d'endettement sous contrôle seront vaines », a déclaré M. Van Rompuy.

M. Van Rompuy a déclaré l'UE veillera à ce que les fonds structurels et les instruments européens soient mobilisés pour mettre la Grèce sur la voie de la croissance et de la création d'emplois.

« Poursuivre les réformes indispensables pour restaurer la viabilité de la dette, favoriser les investissements privés et renforcer ses institutions est la meilleure garantie pour un avenir plus prospère dans la Zone Euro », a déclaré M. Van Rompuy. « Nous espérons que, après les élections, le nouveau Gouvernement grec fera ce choix ».

Frank Schwalba-Hoth, ancien membre du Parlement Européen, estime lui, en revanche, qu'après les élections du 17 juin prochain, ou au plus tard en automne, la Grèce quittera la Zone Euro parce que le nouveau Gouvernement rejettera fermement les mesures d'austérité.

M. Schwalba-Hoth a déclaré que la Grèce figurera certainement à l'ordre du jour et que la stabilité et la croissance feront aussi l'objet de discussions par les dirigeants.

Il a toutefois exprimé sa confiance dans l'avenir de l'Euro.

« L'Euro a besoin d'une crise pour en sortir plus fort », a-t-il conclu.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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