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Français>>EconomieMise à jour 14.06.2012 09h54
Amis africains, bonne chance à Guangzhou

MA XIAOYI, LIU JUN et WU CHUNYAN*

Attirés par la qualité des produits et leur prix bas, de nombreux Africains sont venus faire du commerce en Chine, notamment à Guangzhou, où s'étend aujourd'hui « la rue africaine ».

Rue Xiaobei Lu, arrondissement Yuexiu de Guangzhou. Les Africains dans la rue, les t-shirts imprimés représentant les célébrités ou les dirigeants africains exposés en vitrine, les noms typiquement africains des cafés ou des restaurants : on se croirait en Afrique. Ici, à Guangzhou, on l' appelle « la rue africaine ». Outre la rue Xiaobei Lu, l'avenue Sanyuanli Dadao fait également office de centre de regroupement des Africains.

Ces dernières années, la venue d'un grand nombre d'Africains à Guangzhou a attiré l'attention de la Chine comme des pays étrangers. Pour déterminer la situation réelle des Africains à Guangzhou, nous avons commencé par visiter la rue Xiaobei Lu.

« La Chine est bien meilleure que je ne l'avais imaginée »

D'après les dires, le Tianxiu Building serait le lieu qui concentre le plus d'Africains à Guangzhou. Selon un responsable de l'immeuble, en 2007, 70 % des locataires vivant dans les 600 bureaux étaient originaires d'Afrique et du Moyen-Orient.

Le bloc B de cet immeuble de quatre étages se divise en de petites boutiques, où se vendent principalement des vêtements, des appareils électroménagers et du matériel de communication. Le jour où nous avons visité le bâtiment, la plupart des boutiques n'ouvraient qu'à partir de midi. D'après un commerçant au premier étage, les Africains arrivent en général l'après-midi. Ils sont plutôt du soir et travaillent parfois jusqu'à 23h. Pour faire des affaires, l'immeuble a même changé ses heures d'ouvertures selon les habitudes des Africains.

Dans un restaurant situé au rez-de-chaussée du Tianxiu Building, nous avons rencontré Rama, une femme d'affaires malienne, arrivée à Guangzhou cing jours auparavant. Elle montrait à son ami le portable qu'elle venait d'acheter et qu'elle aimait tant. Elle s'apprêtait à retourner dans son pays le soir même, mais cette joie de découvrir la Chine pour la première fois l'envahissait toujours.

Elle nous a confié qu'auparavant, elle se fournissait aux États-Unis et à Dubaï. Mais ses compatriotes installés à Guangzhou lui avaient fait découvrir cette ville. Guangzhou la satisfaisait entièrement, excepté le climat, plus froid que dans son pays. « La Chine est bien meilleure que je ne l'avais imaginé », a-t-elle déclaré. Au cours de ce voyage, elle a acheté des canapés, des appareils électroménagers et des étoffes.

Ses achats chinois, additionnés à ceux effectués aux États-Unis et à Dubaï, vont lui suffire pour faire du commerce pendant un an. Elle était satisfaite des marchandises achetées en Chine, en particulier des appareils électroménagers, des vêtements et des étoffes. « C'est moins cher et de bonne qualité. »

« La Chine me permet de mener une vie aisée »

Un café, le long de la rue Xiaobei Lu, est peuplé de clients africains. Certains y prennent un café et s'assoient devant un ordinateur près de la fenêtre pour communiquer avec leurs parents et amis, à des milliers de kilomètres .

Un simple « bonjour » a suffit pour entamer la conversation avec Osmer. Il fait du commerce entre le Mali et la Chine depuis six ans. Comme la plupart des Africains, les vêtements représentent environ 70 % de ses achats, et le reste concerne de petits appareils électroménagers et autres objets d'usage courant.

Quelques années suffirent à Osmer pour développer son commerce et devenir l'ami des Chinois. Il nous a raconté qu'au Mali, on dit que les Maliens sont des Juifs en Afrique. S'il choisit aujourd'hui de faire du commerce en Chine, c'est parce qu'il trouve qu'il est plus facile de gagner sa vie ici. D'après lui, bien que l'économie mondiale, surtout celle de l'Europe, connaisse actuellement un marasme, les marchandises chinoises sont de bonne qualité et à des prix bas - un tiers de ceux en Afrique - abordables pour les Africains.

Son plus grand rêve serait de « gagner suffisamment d'argent le plus vite possible pour déléguer mes affaires en Chine à une personne de confiance, et ainsi profiter de la vie au Mali. Mais je n'ai aucune idée quant à la quantité d'argent nécessaire. » Il est également très fier d'avoir construit un nouveau bâtiment résidentiel dans la banlieue de Bamako, capitale malienne, tout près du troisième pont bâti avec l'aide de la Chine. « C'est la Chine qui me permet de mener une vie aisée. »

La vie heureuse des Frank

Au premier étage du Tianxiu Building, Frank, originaire du Ghana, est très occupé dans son bureau de directeur. Il gère une entreprise de logistique au premier étage et une société internationale des services de télécommunication au rez-de-chaussée. Il nous a fièrement présenté son épouse Luo Jieting, une belle Cantonaise extravertie. Ensemble, ils ont deux enfants, un fils âgé de cinq ans et une fille de trois ans. Une vie heureuse.

Frank a avoué qu'il avait eu beaucoup de chance de trouver l'amour en Chine, mais tous les Africains faisant du commerce à Guangzhou n'ont pas ce même bonheur. Bien que la plupart d'entre eux collaborent avec des Chinois, leurs relations se limitent généralement au plan commercial. Ils éprouvent des difficultés à se faire de vrais amis. Face aux grandes différences de cultures, de couleurs et de langues, les Africains vivant à Guangzhou ont créé leur propre cercle, qui les éloignent de la société chinoise extérieure. On voit souvent les Africains regroupés dans les bars ou les cafés, mais en réalité, ils se sentent très seuls et meurent d'envie de se faire des amis chinois.

« La Chine ne manque pas de liberté »

« Je vous souhaite de gagner beaucoup d'argent durant l'année du dragon ! Je m'appelle John, mais tout le monde m'appelle Azhuang. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me demander. » Le mandarin bien fluide de Azhuang nous a grandement impressionné. Puisqu'il parlait bien chinois, nous l'avons interviewé dans cette langue. Azhuang a 48 ans et est originaire de la Tanzanie. Depuis son enfance, il connait le président Mao Zedong et le premier ministre Zhou Enlai, et sait également que c'est la Chine qui a construit le chemin de fer Tanzanie-Zambie.

Azhuang est venu faire ses études en Chine en 1987. Il a appris le chinois pendant un an à l'Institut des langues de Beijing, puis est parti à Shanghai pour étudier la mécanique. Suite à ses études, il a travaillé un an à Shanghai, puis aux États-Unis. Mais la Chine lui manquait beaucoup, c'est pourquoi il y est retourné et qu'il ne la quitte plus désormais.

« Quand je travaillais en Afrique, mes collègues qui construisaient le stade et des routes pour notre pays étaient Chinois. Comme je faisais de la mécanique et que je savais parler chinois, je servais alors de ''pont''entre les peuples chinois et tanzanien. En 2006, à la fin des travaux, je suis venu à Guangzhou et j'y ai établi mon entreprise de matériel de construction », a raconté Azhuang.

Il a deux filles, l'une de sept ans et l'autre de trois ans. Elles sont toutes deux scolarisées à Guangzhou. Puisque la vie en Afrique est trois fois plus chère que celle à Guangzhou, il est plus facile pour Azhuang de vivre avec ses filles à Guangzhou. Quant à la différence culturelle, il souligne : « La Chine est un grand pays, j'espère que mes enfants apprendront à connaître la culture chinoise. »

Il a avoué que sa femme ne s'adaptait pas très bien à la vie à Guangzhou. Elle ne parle pas chinois et veut souvent retourner en Afrique. Mais lui s'y est très bien acclimaté. Il aime les fruits de mer et particulièrement la cuisine cantonaise. Chaque dimanche après-midi, il va à l'église pour assister à la messe, et pendant les fêtes de Noël et de Pâques, il va toujours retrouver ses compatriotes à l'église. Il a souligné que la participation aux activités religieuses en Chine est tout à fait libre et que le gouvernement chinois protège la liberté religieuse. « Tout va bien tant que cela reste dans le cadre de la loi. La Chine ne manque pas de liberté. »

« Les policiers chinois nous aident beaucoup »

À la Station de gestion des services envers les étrangers de la rue Shipai, dans le arrondissement Tianhe, nous avons rencontré par hasard quelques Africains. Ils se sont liés d'amitié avec les agents de la station et leur ont spécialement apporté du chocolat africain. L'un d'entre eux a affirmé : « Les policiers chinois nous aident beaucoup, sans aucune discrimination. Ils sont très gentils avec nous, et nous sommes maintenant amis. »

Shi Jing est une jeune policière de la station. Elle a déclaré : « Si nous vivions à l'étranger et que nous ne nous sentions pas les bienvenus, nous serions extrêmement tristes. Il faut traiter les autres comme vous voudriez qu'on vous traite. »

Vincent, un Guinéen de 28 ans, nous a indiqué : « Comme beaucoup d'Africains, à mon arrivée en Chine, j'évitais d'être vu par les policiers, au point de courir parfois. »

Les Africains ont peur des policiers, ils n'ont aucune confiance envers le gouvernement ou la police. Conscients de cette fausse image que les Africains se font des policiers, les commissariats cherchent des façons de communiquer avec eux. Ils diffusent des politiques chinoises par le biais de la télévision, de la radio et de brochures en langues chinoise et étrangères. Ils ont même établi un centre de services pour les étrangers. Il arrive parfois que des conflits surviennent entre les forces de l'ordre et des étrangers. Le commissariat invite alors certains étrangers, qui résident à Guangzhou depuis longtemps, pour qu'ils fassent les médiateurs et qu'ils expliquent à leurs compatriotes les politiques gouvernementales. Au fil du temps, le taux de crime a manifestement baissé.

Les amis africains viennent en Chine et rapportent des marchandises chinoises dans leurs pays. D'un côté, ils répondent aux besoins de leur patrie, et de l'autre côté, ils participent aux développements de la Chine et de l'Afrique. Pourvu que les amis africains continuent à être heureux en Chine et qu'ils ressentent la sincérité et la tolérance du peuple chinois à leur encontre.

*Journalistes au Guangming Daily.

Source: La Chine au présent

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