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Français>>EconomieMise à jour 18.06.2012 08h56
Les économistes chinois pessimistes quant aux perspectives de l'Europe

Un pessimisme croissant se fait jour chez les économistes chinois et dans la presse d'affaires chinoise au sujet des perspectives de l'Europe, à la suite du plan de sauvetage adopté par l'Union Européenne en faveur des banques espagnoles et à quelques jours d'élections générales en Grèce, qui pourraient déterminer si le pays va rester ou non dans la Zone Euro.

Han Zhiguo, économiste, a posté sur son micro-blog un message disant lequel l'UE est déjà « dissoute d'un point de vue spirituel ».

Ces plans de sauvetage venant d'en haut sont dénués de sens et n'atteindront pas leurs objectifs, écrit-il, et si on laisse la crise perdurer, l'avenir ne peut conduire qu'à un effondrement formel de l'Union Européenne.

Même si l'UE ne résout pas à proclamer un effondrement formel, a-t-il déclaré dans un éditorial publié dans le magazine Securities Market Weekly, tout ce qu'elle pourra faire reviendra au même : plus de marchandage entre les Etats membres, plus de programmes d'austérité timorés, plus de sauvetages et de plus de crises.

La crise de la Zone Euro, comme l'a écrit un éditorial de l'éditeur publiée mercredi dans le journal Chinese Business News, n'est plus seulement une crise de la dette souveraine dans certains États membres de l'UE.

Commençant par le sauvetage du secteur bancaire espagnol, elle est partie pour devenir une crise bancaire à l'échelle européenne susceptible d'affecter sérieusement le secteur bancaire mondial, selon le journal.

Un éditorial paru dans Tianjinwe.com, un portail de nouvelles de Tianjin, ville portuaire du nord de la Chine, dit que la méthode utilisée pour sauver le secteur bancaire de l'Espagne revient à « étancher la soif en donnant du poison à boire ».

Une épidémie qui s'étend

Pire encore, dit l'éditorial, les problèmes de l'Espagne risquent fort de se propager à d'autres pays. Même l'Allemagne n'est pas une exception, comme elle aime pourtant le revendiquer. La dette publique de l'Allemagne est encore plus importante que celle de l'Espagne, a dit l'éditorial.

Aussi la crise de la dette de la Zone Euro devrait-elle être un sujet central du sommet du G20 prévu pour la semaine prochaine au Mexique.

Comment empêcher la crise de se propager n'est pas l'affaire d'un seul pays, mais une entreprise à l'échelon mondial, car aucun pays ne peut à lui seul faire face à une crise potentiellement aussi dangereuse, a souligné l'éditorial.

Chez Sohu.com, le commentateur d'affaires Han Wei a sonné l'alarme, disant que la crise de la dette de la Zone Euro n'est plus un problème économique. Elle a évolué pour devenir un problème politique et un «gigantesque problème social ».

Han Wei a été consterné de voir que « dans la patrie de Socrate et de Platon, il y a un tel manque de talent que personne ne semble être capable de poser la question ultime : de quelle façon les gens vont-ils passer le reste de leur vie ? ».

Dans le même temps, il y a un incroyable manque d'intérêt pour la construction d'un gouvernement sur une base de confiance et d'honneur.

Il y a, dans de nombreux pays, une réticence à être clair et direct en matière politique, a noté le commentaire.

Chen Sijin, chroniqueur financier, a fait valoir que, depuis quelques années, la prospérité de certains pays occidentaux s'est appuyée sur une chaîne de Ponzi massive, dans laquelle la nouvelle dette est seulement contractée pour rembourser une dette ancienne, comme si c'était l'essence même du keynésianisme. « Mais aujourd'hui, la partie touche à sa fin », a-t-il dit.

Des solutions à long terme

En réponse à la crise de la dette de la Zone Euro, la Chine devrait proposer des solutions à long terme plutôt que des mesures d'urgence temporaires, a déclaré Liu Mingli, expert à l'Institut d'Etudes Européennes à l'Institut Chinois des Relations Internationales Contemporaines, au site de la Radio Nationale Chinoise.

« La crise de la dette ne sera pas résolue à court terme, car elle comporte de nombreux aspects, tels que la restructuration économique européenne, la conception des institutions et le système de protection sociale de la Zone Euro », selon les mots de M. Liu.

Parmi les mesures que la Chine pourrait prendre en considération, on peut citer la réduction de sa dépendance envers le commerce extérieur et l'accélération de la modernisation de sa structure industrielle.
En plus de l'Europe et des États-Unis, d'autres pays sont susceptibles de connaître un ralentissement économique à moyen et à long terme.

Dans le secteur financier, davantage de plans d'urgence devraient être élaborés pour se prémunir contre les risques, ce que de nombreux pays européens ont déjà commencé à faire, en prévision d'un éclatement possible de la Zone Euro.

Quant à l'inquiétude que l'Italie pourrait être le prochain pays à avoir besoin d'un plan de sauvetage, M. Liu dit que l'Italie devrait être plus vigilante quant à son niveau d'endettement, au lieu de s'appuyer sur une évaluation plus optimiste de son économie, de ses conditions financières et de sa dette que celle de quatre autres pays européens - l'Espagne , l'Irlande, le Portugal et la Grèce.

Avec l'augmentation des craintes qu'une crise bancaire en Espagne puisse approfondir la crise de la dette de la Zone Euro et que la Grèce puisse faire face à encore plus de risques, l'Italie devrait se préoccuper davantage de sa dette.

« Le sort de l'Italie n'est pas entre ses propres mains, en dépit de sa confiance dans sa situation budgétaire et celle de sa dette, mais il dépend du scénario de la crise dans son ensemble », selon les propos de M. Liu.

Passé du statut d'économiste à celui de Premier ministre, Mario Monti a fait quelques progrès dans la réforme économique de l'Italie. Mais il n'est guère probable qu'il puisse sortir le pays de sa crise à court terme, parce que la réforme du système de protection est un effort qui demande du temps, et il pourrait même y avoir des effets secondaires au cours de ce processus.

Dans les circonstances actuelles, la Grèce devrait donc sortir de la Zone Euro dans le courant de l'année prochaine. Mais qu'elle quitte la Zone Euro ou non, la Grèce devra de toute façon procéder à des ajustements difficiles, grâce auxquels elle retrouvera la possibilité de reconstruire sa compétitivité, a déclaré Zhang Ming, commentateur à l'Investor Journal.

Si, en revanche, elle reste dans la Zone Euro, la Grèce aura bien du mal à faire revivre sa puissance nationale, a dit M. Zhang.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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