Les Français sont réputés pour l'importance qu'ils accordent à l'histoire et à la culture en général. Lorsqu'on parle avec eux de la Seconde Guerre mondiale, ils ont toujours quelque chose à vous raconter et cela avec un grand plaisir. Cependant, en évoquant ce qui s'est passé sur les champs de bataille chinois ou asiatiques pendant la même période, ils ne savent généralement pas quoi dire. Cela parce qu'aux yeux la majorité absolue des Français, la Seconde Guerre mondiale n'aurait eu lieu que sur le continent européen. Aussi, n'est-il pas étonnant qu'à part le fameux incident de Pearl Harbour et la bombe atomique sur Hiroshima, le Français moyen est très mal informé sur ce qui s'est passé sur les champs de bataille asiatiques et du Pacifique de la Seconde Guerre mondiale.
Pourquoi le public français fait-il preuve d'une telle méconnaissance de ce qui s'est passé en dehors de l'Europe pendant la Seconde Guerre mondiale ? Un fonctionnaire du service de presse du ministère français des Affaires étrangères nous en explique les raisons : Primo, pour la plupart des Français, les plaies laissées par cette guerre qui a eu lieu à leurs portes sont si profondes qu'ils accordent malgré eux toute leur attention aux champs de bataille européens, au point de négliger ce qui s'est déroulé ailleurs, y compris les champs de bataille chinois. Cela est bien entendu compréhensible.
Secundo, malgré les correspondants permanents qu'ils envoient en Chine, les différents médias français n'ont de toute évidence pas chargé ceux-ci de rapporter de manière à la fois générale et juste les souvenirs extracontinentaux de la Seconde Guerre mondiale. Etant donné le peu d'intérêt que les Français moyens attachent à la Résistance chinoise contre le Japon, les médias français ne sont généralement pas motivés, eux non plus, pour se lancer dans les reportages en la matière. Cela a pour résultat, en revanche, de priver le grand public français des moyens de s'informer sur la Résistance chinoise contre le Japon.
Malgré une telle situation, les milieux historiques français commencent, depuis ces dernières années, à s'intéresser à la guerre de résistance menée par la Chine contre le Japon. A ce propos, un spécialiste français de la Seconde Guerre mondiale nous a appris que certains de ses homologues sont même prêts à lancer une "campagne de réhabilitation" en ce qui concerne la Résistance chinoise contre le Japon.
Du fait que le monde est entré dans une ère de guerre froide au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les milieux historiques français ont pendant longtemps cherché, au lieu d'admettre les contributions de la Résistance chinoise contre le Japon à la victoire de la Seconde Guerre mondiale, à écarter celle-ci de l'ensemble de la Guerre antifasciste mondiale. Avec le développement progressif des études sur l?histoire de la Résistance chinoise contre le Japon, bon nombre d'historiens français, ayant pris connaissance de l'importance de celle-ci dans la Seconde Guerre mondiale, commencent à lancer des appels à une appréciation objective de cet aspect de l'histoire. Selon eux, si la résistance menée en France a constitué une entrave sérieuse pour l'armée fasciste allemande, la Résistance chinoise contre le Japon, loin de le céder à cette dernière, a joué un rôle autrement plus important dans la victoire de la Seconde Guerre mondiale. Aussi, un expert militaire français pense-t-il que vouloir nier les importantes contributions de la Résistance chinoise contre le Japon à la Seconde Guerre mondiale est inadmissible, car c'est justement grâce au fait que ses forces vives étaient retenues sur les champs de bataille chinois que l'armée japonaise n'a pu ni lancer une plus grande puissance militaire dans la guerre du Pacifique contre les Etats-Unis, ni mener des offensives contre l'URSS sur le front oriental comme l'a toujours exigé l'Allemagne fasciste de Hitler. Bref, tout en permettant aux forces américaines de combattre tranquillement à la fois sur les champs de bataille du Pacifique et ceux de l'Europe, la Résistance chinoise contre le Japon a libéré en même temps l'URSS de ses craintes pour ses arrières au moment de lancer sa contre-offensive générale contre les forces allemandes.
16/08/2005