Recevoir les       newsletters       gratuites
Accueil Notre Site Edition de Week-end Archives Chinois Anglais Japonais Espagnol Russe Arabe
CHINE
ECONOMIE
INTERNATIONAL
SCI-EDU
CULTURE
SPORTS
VIE SOCIALE
TOURISME
HORIZON
PHOTOS
DOCUMENTS
Dossiers
-Culture chinoise     <nouveau>
-Patrimoine

-La Chine en chiffres
-Guide de Beijing

-Tibet

-Régions

-Institutions

-Opéra de Pékin

-Les fêtes chinoises

-Portraits

-Ethnies

-Aperçu

VOIX DE LECTEURS
LIENS

Agence de presse Xinhua (Chine nouvelle)


Radio Chine Internationale


Centre d'Information


Beijing Information


Ambassade de France en Chine

Français>>Horizon
Mise à jour 08:17
« La réponse de Matteo Ricci » : titre d'un discours prononcé par Yu Qiuyu au Symposium sur les civilisations mondiales

Au symposium sur les civilisations mondiales qui s'est tenu le 20 juillet dernier à Tokyo, capitale du Japon, le professeur chinois Yu Qiuyu a prononcé un discours intitulé « la Réponse de Matteo Ricci ». Dans celui-ci, Yu réfute la "thèse de la menace chinoise", qui fait un grand bruit ces dernières années sur le plan international en s'appuyant sur des faits historiques de la longue civilisation chinoise.

Voici un extrait de ce discours rapporté par Jiefang Ribao (Quotidien de la Libération).

Si, après Marco Polo, il y a un autre Occidental qui soit capable d'examiner la civilisation chinoise sous tous aspects et avec un œil international, il ne peut être autre que le jésuite italien Matteo Ricci (1552?1610). Ce que celui-ci avait de différent par rapport à Marco Polo, c'est qu'il a vécu en Chine pendant une trentaine d'années, dont il a su tirer profit pour étudier les classiques, pénétrer dans la civilisation chinoise et entreprendre d'amples échanges avec des savants chinois. Au soir de sa vie, ce jésuite a rédigé les fameuses Notes de Matteo Ricci. Dans le sixième chapitre du premier volume de cet ouvrage, il a exposé un important point de vue tiré de la trentaine d'études qu'il avait effectuées en personne sur la Chine, à savoir la civilisation chinoise est caractérisée par sa nature non agressive ni expansive. Selon Matteo Ricci, bien que la Chine ait disposé de forces militaires de terre et de mer bien équipées qui devaient lui permettre de conquérir facilement les pays voisins, ni son empereur ni son peuple n'ont jamais eu l'idée de déclencher des guerres d'invasion. Au lieu d'avoir des ambitions de soumettre les autres par la force, les Chinois sont satisfaits de ce qu'ils possèdent et se contentent de vivre leur vie tranquille. Sur ce chapitre, ils sont fondamentalement différents des Européens...

Matteo Ricci n'était pas d'accord avec le point de vue de certains savants européens selon lequel la Chine avait envahi des pays voisins ou ne tarderait pas à mettre à jour son ambition expansionniste, affirmant que ce genre de propos ne correspondait pas du tout à la réalité.

Après une longue et minutieuse étude que j'effectuais sur les quelque 4 000 ans d'histoire chinoise, je dois reconnaître que je n'ai pu trouver, moi non plus, aucun récit ni sur les soi-disant conquêtes chinoises ni sur l'expansion du territoire chinois par la force.

En ce qui concerne la conquête occidentale par Gengis Khan, Matteo Ricci estimait qu'avec la partie principale chinoise soumise par celui-ci, il n'était pas question pour la Chine de devenir un pays conquérant.

Les Notes de Matteo Ricci ont été ramenées de la Chine en Europe par un missionnaire belge, avant d'être publiées par un éditeur allemand en 1615. Plus tard, elles ont été successivement rééditées en latin (en quatre versions), en français (en trois versions), en allemand, en espagnol, en italien et en anglais.

Avec pour appui l'affirmation de Matteo Ricci, j'ai procédé à une longue étude et exploration sur le même sujet. J'ai même pris le risque de faire un voyage à travers l'Afrique du Nord, le Moyen Orient et l'Asie de l'Ouest, où sévit à l'heure actuelle le terrorisme en dépit du fait qu'ils constituent l'un des berceaux de la civilisation ancienne mondiale. Dans des ouvrages historiques de toutes sortes, j'ai remarqué que les Romains anciens, ainsi que les Anglais, les Espagnols et les Japonais modernes ont plus d'une fois dressé des plans de conquête mondiale, mais je n'ai pas trouvé la moindre trace de plans analogues établis par les Chinois. Bien qu'elle était mal informée sur ce qui se passait à l'étranger, la Chine antique était néanmoins consciente, grâce aux récits de certains de ses diplomates, commerçants, religieux et voyageurs, de l'existence du monde extérieur. Même à l'époque où elle était réputée pour sa puissance, la Chine ne s'est engagé ni dans les conquêtes mutuelles entre l'Asie centrale, l'Asie occidentale, l'Afrique du Nord d'une part, et l'Europe de l'autre, qui ont duré pendant environ un millier d'années, ni dans les guerres navales qui ont eu lieu durant les quelques cents dernières années.

A mon avis, cette inoffensivité de la Chine est due à la nature de sa civilisation. Ayant pour civilisation dominante la riziculture, la Chine est en fait fort différente d'autres pays fondés sur une civilisation de pêche ou d'élevage. La civilisation agricole confère avant tout aux Chinois la notion fondamentale d'autodéfense. Si la Chine a mis en place une armée bien équipée, c'est en fait dans le but d'assurer la défense de ses frontières et un moyen pour le régime de prévenir d'éventuelles révoltes internes. En tant que symbole de la civilisation chinoise, la Grande Muraille servant uniquement d'un moyen de défense montre une fois de plus que la Chine ne cherche jamais à conquérir. Si l'esprit militaire est également encouragé dans ce pays, c'est qu'il a besoin, comme le dit le « Dictionnaire Yao », d'assurer la “concorde entre lui et ses nombreux voisins”. Le fait que Zheng He, célèbre navigateur de l'époque des Ming, a conduit sept fois sa flotte dans les mers du Sud, prouve encore une fois que même lorsque la Chine lançait une expédition, celle-ci était dépourvue de toute revendication territoriale, d'autant plus qu'après cette expédition, la Chine a repris durant une longue période sa politique de la porte close. Bref, elle est tout à fait différente de celle menée par le navigateur européen Colombo, à qui on attribue la découverte du Nouveau Continent.

Cette absence d'agressivité a permis par ailleurs à la Chine de devenir l'unique pays au monde qui soit parvenu à préserver sa civilisation d'origine. Les faits prouvent, à cet égard, que toute expédition militaire ne peut que porter un coup fatal à la civilisation de son auteur.

Ce point de vue a fait l'objet du soutien du monde des sciences contemporain., Dans un ouvrage intitulé Civilisations mondiales publié il y a une trentaine d'années et signé conjointement par Edward Mc NallBurns et Philip Lee Ralph, on peut par exemple lire ce qui suit en ce qui concerne la civilisation chinoise (voir la première partie du son chapitre 7).

Pour ce qui est de la subsistance de cette civilisation, on note à la fois des raisons géographiques et historiques. Durant la majeure partie de son histoire, la Chine n'a par exemple jamais mis sur pied un régime d'agression. Mais ce qui est plus important encore, c'est que l'esprit pacifique que prônaient ses grands philosophes et moralistes a limité sa tentation d'expansion à l'étranger.

Une longue histoire a fini par former chez les Chinois un esprit national constant. Si de nombreuses guerres sanglantes visant à la dispute de pouvoirs et intérêts ont fréquemment lieu au sein de ce pays, cela ne l'empêchait cependant pas de maintenir vis-à-vis de l'étranger une politique de paix et de porte close. A cet égard, la preuve la plus évidente est que jusqu'à l'époque moderne, la Chine a toujours été dominée par une civilisation de non agression caractérisée entre autres par des luttes intestines acharnées. Par là, on voit que la crainte de la soi-disant “menace chinoise” éprouvée par la communauté internationale ne peut être autre qu'une illusion depuis longtemps réfutée par le père Matteo Ricci.

18/08/2005



Adresse email du destinataire


Copyright © 2000-2005 Tous droits réservés.