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Mise à jour 09.11.2007 16h22
Point de vue : L'insuffisance de l'épargne intérieure américaine est responsable de son déficit commercial

La Chine est le dernier bouc émissaire de tous les soucis de la classe moyenne américaine. Au moins, c'est certainement la conclusion qui peut être tirée de l'ambiance actuelle à Washington.

Malheureusement, le corps politique américaine a un fort penchant pour un tel "bouc émissairisme" lorsque l'on en vient à la politique commerciale. Souvenons-nous du mouvement de dénigrement du Japon de la fin des années 80 ? Et bien sûr il a seulement trois ans, les huées concernant l'Inde en tant que nouvelle menace d'exportation de cols blancs.

Les politiques de dénigrement de la Chine dirigées par le congrès s'insèrent dans un climat provocateur tout cela avec élégance.

Il existe trois approches anti-Chine à l'étude par le Congrès des Etats-Unis (E-U) – deux initiatives très similaires au Sénat, et une approche assez différente à la maison Blanche.

Pour l'instant, il semble que le Congrès a déféré une considération immédiate de ces initiatives bien que les deux versions du sénat aient été nettoyées par d'écrasantes "augmentations" bipartisanes dans les comités de la finance comme de la banque.

La probabilité de passage de ces dernières par les marges à l'épreuve du veto – que cela soit dans les deux prochains mois ou l'année prochaine – reste à plus de 60%, d'après moi. Il est difficile de dire quelle version prévaudra à la fin, ou quel type d'hybride émergera du comité de consultation.

Mais il est important de dévoiler la thèse incarnée dans le penchant du congrès à s'attaquer à la Chine dans le but de comprendre d'où provient cette approche et quelles conséquences non désirées que cela pourrait provoquer.

Avant toute chose, le débat est ancré dans des inquiétudes très légitimes concernant l'insécurité économique croissante des travailleurs américains de la classe moyenne. La stagnation des salaires nets sont est en tête de liste.

Au second trimestre de l'année, les revenus médians hebdomadaires ajustés à l'inflation des salariés américains à temps plein restaient inchangés par rapport aux niveaux qui prévalaient il y a sept ans au second trimestre de l'année 2000.

Toujours sur la même période, la productivité dans le secteur commercial non-agricole a enregistré une augmentation cumulative de 18%.

Contrairement à l'une des axiomes économiques de base, les travailleurs américains n'ont pas été payés à leur juste valeur en terme de contribution de productivité.

En tant qu'électeurs, les travailleurs tiennent leurs représentants élus responsables de cette extraordinaire macro déconnexion. Et les politiciens se démènent pour trouver des raisons et solutions.

En tête des réponses politiques viennent le commerce et la mondialisation. Le Congrès présume que le déficit commercial extérieur record des Etats-Unis – à savoir un déficit sur le commerce de marchandise de 838 milliards de dollars pour 2006 – a été un facteur décisif dans la réduction des emplois et des salaires réels des travailleurs américains de la classe moyenne.

Le déficit commercial bilatéral avec la Chine représente de loin le plus grande partie du déséquilibre commerciale globale – 28% du déficit commercial américains de marchandise en 2006 et environ 31% du manque à gagner cumulatif au premier huit mois de cette année.

Cependant en comptant juste les pays en déficit avec les Etats-Unis en 2006, et vous arriverez facilement à une liste de 40 pays.

Oui, la Chine a le plus grand déficit des déficits commerciaux bilatéraux des Etats-Unis. Mais en fait le calcul du congrès dans ce jeu des blâmes est fatalement fossé. En enlevant le déficit commercial des Etats-Unis. causé par la Chine, il reste encore un déficit américain de 600 milliards de dollars en 2006 – un chiffre à peu près trois fois le déficit avec la Chine.

Ainsi supposons pour l'instant que le Congrès "règle" le déficit des Etats-Unis avec la Chine – une hypothèse incertaine.

Cela fait suite à la fixation de la monnaie maintenant envisagée par le Congrès des Etats-Unis qui est également grotesque – supposant que la pression sur le taux croisé (taux de change qui est calculé à partir de deux autres taux de change) bilatéral résoudra un déficit multilatéral. Tout ce que cela pourra faire sera d'envoyer un message de prix relatif qui déplacera ce déficit ailleurs – et certainement à un coût de production plus élevé.

C'est comme ranger les chaises du pont du Titanic. Et, bien sur, c'est également l'équivalent fonctionnel d'une augmentation de taxe pour la classe moyenne américaine – les fâcheuses victimes de tout ceci.

Les caractéristiques multilatérales du déficit commercial américain sont la preuve flagrante de ce problème. Et il est évidemment clair que l'origine du problème est la pénurie d'épargne intérieure américaine. Le taux d'épargne national net des Etats-Unis – l'épargne combinée des particuliers, entreprises et unités gouvernementales ajustées à la dépréciation – atteint une moyenne de 1,5% seulement des revenus nationaux sur la période 2001 à fin 2006.

Ce taux d'épargne national est le plus faible pour une période de 5 ans dans l'histoire moderne des Etats-Unis et apparemment le plus bas pour le pouvoir hégémonique dans l'histoire du monde. En manquant d'épargne intérieure, les Etats-Unis doivent importer des épargnes excédentaires afin de combler et faire fonctionner les comptes courants et el déficit commercial dans le but d'attirer des capitaux.

Bien sûr, à Washington, il a été facile d'esquiver les faits et de broder. La dénigrement de la Chine, j'en ai bien peur, est largement un sous-produit de cette prédilection. Mais c'est actuellement bien pire que cela.

Qui est à blâmer pour ce problème d'épargne –quelle est l'origine du déficit commercial des Etats-Unis ?

Washington est en tête de liste, d'après moi, avec ses penchants pour les déficits budgétaires, l'encouragement à la consommation, et une mentalité d'épargne basée sur les actions en actif qui ont été garanties par la Federal Reserve.

La campagne anti-Chine est également emblématique d'un problème aux racines bien plus profondes que le corps politique des Etats-Unis - le refus de s'engager dans un léger approfondissement n de la réforme de l'éducation et autres investissements dans le capital humain qui sont nécessaires pour rendre les étasuniens compétitifs et de prospérer dans le meilleur des mondes.


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Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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