Lancer des accusations aux pays en développement ou aux pays adeptes des biocarburants ne fera pas baisser le prix des produits alimentaires, a souligné mardi soir à Rome le ministre chinois de l'Agriculture.
"Il n'est ni bon ni constructif d'attribuer la hausse de la demande mondiale en produits alimentaires à la croissance des pays en développement ou aux politiques de certains pays", a déclaré le ministre de l'Agriculture Sun Zhengcai lors du sommet de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Ce sommet vise à récolter des promesses de don pour une aide d'urgence en guise de solution à court terme et à élaborer des stratégies à plus long terme pour préserver la production agricole mais il a été assombri par des tensions, notamment entre pays développés et pays en développement.
Les pays développés estiment que l'augmentation de la demande des économies émergentes comme la Chine et l'Inde est responsable de la récente flambée des prix et les pays en développement accusent la hausse de la production de biocarburant, en particulier aux Etats-Unis et dans l'Union européenne, de ce phénomène.
Pour Sun, une récente étude de la FAO montre que les économies émergentes ne sont pas à l'origine de la hausse des prix car " depuis 1980, les importations de céréales dans ces deux pays ( Chine et Inde) sont en baisse", selon ce rapport.
En fait, depuis la fin des années 1990, la Chine est un exportateur net de céréales avec une exception en 2004-2005. De même, l'Inde n'en a été importateur net qu'en 2006-2007 depuis 2000.
Un rapport de la FAO indique que la hausse de la production de biocarburants pour contrer la hausse du prix du pétrole contribue à l'augmentation des prix des aliments. Pour Sun, "la fonction première de l'agriculture est de nourrir les populations pour leur survie et leur développement".
Il a demandé des efforts concertés de la communauté internationale pour lutter contre la flambée des prix de l'alimentaire.
Source: xinhua