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La sanction infligée cette fois-ci par la Chine à l'encontre du geste de provocation de Nicolas Sarkozy est de fait une ligne rouge diplomatique tracée pour lui afin que toute l'Europe sache quels sont les problèmes qui concernent les intérêts vitaux et fondamentaux de la Chine et dans lesquels aucun pays du monde n'a le droit ni d'intervenir ni de s'ingérer.
Dernièrement, le Président français Nicolas Sarkozy a utilisé à maintes fois le problème du Tibet pour provoquer la Chine, ce qui a suscité une vive indignation de la part du peuple chinois et la partie chinoise a été obligée de reporter à une date ultérieure le Sommet Chine – Europe en raison de l'obstination de Sarkozy à rencontrer le dalai lama.
Mais ce qui est inconcevable c'est que le geste diplomatique de la Chine en vue de sauvegarder sa dignité nationale a mis toute l'Europe en effervescence, et surtout en France où certaines personnalités ont exprimé leur « étonnement » et leur « surprise » en invoquant l'«intransigeance » et l'« hégémonisme » de la Chine.
Les agissements Nicolas Sarkozy inquiètent Napoléon Bonaparte.
Ces « beaux parleurs » faiseurs de longues et de belles phrases semblent avoir oublié l'histoire de leur propre pays. Evoquons la position et l'attitude de l'ancien Président français Charles de Gaulle lorsque les Etats-Unis faisaient pression sur la France pour l'obliger à renoncer aux recherches sur le développement des armes nucléaires, ce afin d'affaiblir le droit d'autonomie de la France en ce qui concerne sa défense nationale, et employons le terme utilisé par de Gaulle qui disait que le but américain était de faire de la France le « fantassin de la coalition ». En réponse à cela, la France, sous la direction de Gaulle, n'a pas hésité à se retirer de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord). A cette époque-là, la France était parmi les puissances occidentales le pays qui souffrait le plus des humiliations de l'hégémonisme américain, et c'est la raison pour laquelle elle était parmi le camp occidental le pays qui comprend le mieux la position du peuple chinois qui persistait dans son indépendance nationale et qui ne se pliait pas sous la pression occidentale. En 1964 au moment où la Chine était en voie de devenir un pays nucléaire, et lorsque l'opinion publique occidentale exprimait leur « surprise » et leur « mécontentement » quant à cela, la France dirigée par son Président Charles de Gaulle prit la décision de briser le blocus diplomatique imposé à l'égard de la Chine par l'Occident et devint ainsi le premier pays occidental à établir avec la République populaire de Chine des relations diplomatiques au niveau d'ambassadeur.
Aujourd'hui, il semble que les dirigeants français ont oublié les souffrances passées de la France alors que les plaies ne sont même pas cicatrisées. La pression étasunienne sur la France existe toujours et Monsieur Sarkozy commence à chercher noise à la Chine en essayant de « répandre du sel » sur la partie la plus vitale des intérêts fondamentaux de la nation chinoise, et lorsque le peuple chinois exprime son mécontentement et son indignation, cela devient un « problème » aux yeux de Monsieur Sarkozy et avec son encouragement, une partie de l'opinion publique européenne manifeste son « étonnement » et sa « surprise ». Cela montre que la France et l'Europe d'aujourd'hui n'ont pas abandonné leur rêve colonialiste du 18ème et du 19ème siècle en voulant s'imposer par la force armée en Asie.
Le geste de Nicolas Sarkozy en recevant chaleureusement le dalai lama montre que non seulement il ne connaît pas la Chine, mais qu'il ne comprend également rien des intérêts fondamentaux de la France. Il a effectivement joui de bonheur de parler avec volubilité, de caresser son interlocuteur et de faire montre de sa « résolution » et de sa « ténacité », mais il a complètement et totalement oublié, ou peut-être il n'a pas tenu compte expressément, des intérêts à long terme de l'Etat français.
Napoléon Bonaparte avait parlé du « Lion chinois endormi ». Car il savait parfaitement que le retrait des européens de l'Asie est une chose qui surviendra tôt ou tard et que ce sera un courant d'histoire inévitable. L'émergence de l'Asie est en fait une bonne chose pour la France, car d'après Bonaparte, elle pourrait atténuer la pression durable de la Grande-Bretagne. Quant à Charles de Gaulle, il a tendu le premier la main à la Chine et a brisé ainsi le tabou occidental, son objectif était d'atténuer la pression exercée sur la France par les Etats-Unis. Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle, qui étaient tous les deux de fins politiques perspicaces et clairvoyants, ils savaient parfaitement la vérité suivante : La seule issue pour la France, c'est l'équilibre des forces plurielles, alors que l'émergence de la Chine contribue à l'établissement de cet équilibre.
Certains pensent que la Chine a fait preuve d'une « intransigeance excessive » en réponse au comportement antichinois du Président de la République française. En réalité, la Chine n'a fait que ce qu'il doit faire sur le plan diplomatique et cela n'a aucun rapport avec la flexibilité ou l'intransigeance en matière de la politique. L'unification d'un Etat souverain est un problème de principe que tout pays gardant sa dignité considère comme la ligne fondamentale de base de sa politique.
On doit assurer pleinement le degré de souplesse et d'intransigeance dans les affaires diplomatiques.
L'Occident claironne et répand partout la « théorie de la menace chinoise », ce qui amène certaines personnalités de la communauté internationale à penser que la Chine doit agir de façon « modérée » et « douce » sur le plan diplomatique et de façon « prudente » quant au développement de sa capacité militaire. Agir de façon modérée, c'est parfait, mais jusqu'à un tel degré ? Ca c'est le problème. Le problème de souveraineté sur le Tibet et sur Taïwan concerne les intérêts vitaux et fondamentaux de la Chine et cela est un problème de principe que personne au monde n'a le droit d'intervenir. Il faut faire en sorte que chacun soit au courant de la limite et du principe de la Chine quant à ce problème. Et cela est une attitude responsable envers la communauté internationale.
La diplomatie chinoise doit fixer pour les pays occidentaux une ligne rouge à ne pas franchir. Par exemple, la ligne rouge chinoise est parfaitement claire et nette quant au problème de Taïwan. Et c'est la raison pour laquelle les Etats-Unis ne commettront pas à la légère des actes imprudents et irréfléchis pour mettre en défi cette ligne rouge tracée par la Chine. Cette fois-ci, la sanction infligée au geste provocateur antichinois de Nicolas Sarkozy est en fait une ligne rouge diplomatique fixée par la Chine pour lui faire comprendre quels sont les problèmes qui concernent les intérêts vitaux et fondamentaux de la Chine et dans lesquels personne au monde n'a le droit ni d'intervenir ni de s'ingérer.
Tout comme l'époque où ne tenant aucunement compte des blâmes des Etats-Unis, Charles de Gaulle prit la décision de tendre la main à la Chine qui venait de faire exploser une bombe atomique, la présente réaction de la Chine à l'encontre des agissements antichinois de Nicolas Sarkozy a pour seul but de sauvegarder les principes fondamentaux et les intérêts vitaux de l'Etat chinois et de la nation chinoise, et cela est la manière de faire de tout pays qui se respecte.
(Auteur de cet article : Zhang Wenmu, professeur au Centre d'études des problèmes stratégiques de l'Université de l'Aéronautique et de l'Aérospatial de Beijing)
Source: le Quotidien du Peuple en ligne