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La France a continué à défendre la rencontre de la semaine dernière entre le Président Nicolas Sarkozy et le Dalai Lama, disant qu'elle n'a pas l'intention d'offenser la Chine, Mais Beijing a réfuté cet argument, parce qu'il ne suffit pas à "régler la crise".
"La Chine a dit que la France devrait prendre l'entière responsabilité de la détérioration des relations, mais nous ne pouvons pas accepter (cette assertion)", a dit l'ambassadeur de France en Chine, Herve Ladsou, aux correspondants, dans son ambassade, jeudi 11 décembre.
Maintenant sa dure position, M.Ladsous a dit que la Chine a «réagi de manière excessive». Cependant, il a laissé entendre que son gouvernement pourrait envoyer des envoyés spéciaux ou arranger des rencontres de haut niveau avec la Chine pour aider à briser l'impasse.
"La France n'avait jamais l'intention d'offenser la Chine, de porter atteinte aux intérêts de la Chine, ou aux relations sino-françaises et sino-européennes", a-t-il dit.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a fait des remarques similaires mardi 9 décembre.
"Nous ne voulons pas offenser la Chine, ni le peuple chinois, ni les dirigeants chinois", a dit M. Kouchner en présence d'une commission parlementaire des affaires étrangères.
Mais le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères Liu Jianchao a réfuté l'argument français, disant que de telles remarques "ne peuvent pas régler les difficultés actuelles dans les relations sino-françaises".
"En rencontrant le Dalai Lama, M.Sarkozy est intervenu dans les affaires intérieures de Chine et a transgressé ses intérêts", a dit le porte-parole au cours d'une conférence de presse régulière.
Il a appelé la France à "réaliser pleinement la gravité du problème, à prendre sérieusement en considération les problèmes préoccupant la Chine et à adopter des mesures concrêtes" afin d'améliorer les relations bilatérales.
L'ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, a dit également que Beijing sauvegarderait fermement ses intérêts sur les problèmes importants tels que l'intégrité territoriale et la souveraineté, bien qu'il apprécie ses relations avec la France et l'Europe.
"la Chine et la France doivent, toutes deux, traiter de manière appropriée et prévoyante leurs différends", a-t-il dit au cours d'un déjeuner avec les représentants des hommes d'affaires français à Paris mercredi 10 décembre.
Feng Zhongping, directeur des Etudes européennes de l'Institut de Chine sur les Relations internationales contemporaines, a dit à China Daily que des explications de la partie française pourront rendre l'erreur de M. Sarkozy moins grave.
"Mais jusqu'ici, je n'ai pas entendu une explication convaincante de la France. C'est une épreuve pour la diplomatie française", a dit M. Feng.
A Beijing, l'ambassadeur Ladsous a dit que son gouvernement "considère positivement le problème", quand on lui a demandé si la France envisage d'envoyer des envoyés spéciaux ou d'arranger des rencontres de haut niveau avec la Chine pour en finir avec l'impasse, comme elle l'avait fait en avril, après que le relais de la Torche olympique eut été perturbé à Paris.
Le média japonais a rapporté que M. Sarkozy pourrait utiliser le prochain sommet financier prévu en avril prochain à Londres, pour rencontrer des dirigeants chinois et améliorer les relations.
Mais les célébrations du 45ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-françaises auront lieu comme prévu le 27 janvier 2009, a fait savoir M. Ladsou.
Quand on lui a demandé si l'incident affecte les relations commerciales, l'ambassadeur Ladsous a répondu, disant que la coopération est nécessaire pour s'attaquer à la crise financière globale et qu'il est optimiste à cet égard.
Selon l'AFP,la Chine a ajourné la phase finale des négociations sur l'achat de 150 avions Airbus.
Après la rencontre de M. Sarkozy avec le Dalai Lama, la Chine a différé le sommet Chine/UE.
Des experts chinois ont dit que l'ajournement pourra causer une perte de 10 milliards d'euros à la partie européenne, parce que le Premier ministre Wen Jiabao avait envisagé de conduire une délégation de 150 hommes d'affaires pour acheter des produits d'Europe.
Bien que des officiels français continuent à défendre M. Sarkozy, de nombreux Français ont mis en doute sa rencontre avec le Dalai Lama. Abdellah Ouahhabi, directeur et producteur de TV en France, a écrit une lettre ouverte au Président Sarkozy dimanche 7 décembre, disant qu'il était étonné par sa "politique irresponsable".
"Est-ce que M. Sarkozy pourrait continuer ses relations diplomatiques et commerciales normales avec un gouvernement étranger qui maintient un contact officiel avec des séparatistes corses ou basques?", a-t-il demandé.
M.Ouahhabi a dit qu'il espérait que le peuple chinois comprenait que le geste du Président français "n'est pas acceptable pour le peuple français".
Source: le Quotidien du Peuple en ligne