Le rôle le plus important que la Chine peut jouer sur la scène internationale, c'est de faire face au protectionnisme et des déséquilibres mondiaux, tandis que sur le plan national, le pays devrait utiliser les dépenses publiques pour soutenir la demande intérieure, a déclaré Stephen King, économiste en chef du groupe HSBC.
"Je pense que la première chose que la Chine peut faire, et que d'autres pays devraient faire également, c'est de lutter contre le protectionnisme, ou ses nombreuses formes, et non seulement du point de vue commercial, mais aussi du point de vue des capitaux," a dit M.King.
Eviter le protectionnisme, c'est l'un des principaux sujets de discussion qui sera abordé lors du sommet du G20, a dit M.King, surtout que les prochaines 30 ou 40 années de la mondialisation dépendent de la libre circulation des marchandises et du transfert international des capitaux.
"Si ces flux se tarissent (il ne s'agit pas seulement des flux commerciaux, mais aussi des flux de capitaux), cela endommagera l'économie mondiale, et portera le plus grand préjudice aux marchés émergents, dont la Chine," a dit M.King.
Comme chaque pays essaye de défendre ses propres intérêts dans le déclin économique mondial, le protectionnisme peut prendre des formes diverses.
M.King a dit que les institutions mondiales devraient être renforcées pour lutter contre le protectionnisme.
"La raison de cela, c'est que nous avons un grand nombre de décideurs politiques nationaux et régionaux, mais nous avons aussi un marché mondial de capitaux. Il y a donc une sorte de déséquilibre entre les deux", a déclaré M.King. "Vous avez deux choix, soit d'augmenter la réglementation au niveau international, soit de réduire le marché des capitaux à un niveau régional. Mais si l'on adopte la deuxième solution, les pays vont perdre beaucoup de bénéfices accumulés grâce à la mondialisation au cours des derniers 20 ou 30 ans. La libre circulation des capitaux a été très importante pour la croissance qui a été particulièrement rapide dans les marchés émergents."
La deuxième chose que la Chine doit faire selon M.King, c'est d'avoir une discussion franche avec les Etats-Unis sur le déséquilibre mondial.
"En fait, le déséquilibre mondial avait contribué indirectement à la crise. Par exemple, la distorsion des prix du marché des capitaux a contribué à l'élargissement de la crise financière", a déclaré M.King.
A l'heure actuelle, il est clair que la Chine continue à jouer le rôle de source de la demande de consommateurs en Asie.
Les exportations chinoises ne se portent pas très bien pour le moment, car la demande en provenance d'autres régions du monde a baissé. C'est pourquoi la reprise de l'économie chinoise est particulièrement importante, car ce que la Chine perd en exportations pourrait être gagné sur le marché intérieur.
"En même temps, la politique pour aider à stabiliser l'économie chinoise a aussi des avantages de minimiser ou de réduire l'ampleur des déséquilibres mondiaux, ce qui est une bonne chose pour la Chine et d'autres parties du monde", a dit M.King.
La Chine bénéficie d'avantages importants par rapport à d'autres pays, en raison de l'énorme infrastructure de projets qui y sont mis en place.
Bien que de nombreuses prévisions suggèrent que l'activité économique se stabilisera dans la deuxième moitié de l'année, M.King affirme que les prévisions de HSBC suggèrent qu'une telle activité permettra de se stabiliser à un niveau très bas et par conséquent, il ne s'attend pas à un retour à la normale dans l'immédiat.
"Même avec une certaine stabilisation, cela peut prendre un certain temps pour retourner au seuil de l'économie mondiale d'il y a deux ou trois ans", a dit M.King.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne