Le sommet du G20 sur la crise financière qui s'est terminé à Londres a publié un communiqué promettant de mettre en application toutes les mesures visant à assurer que l'économie mondiale soit remise sur les rails d'ici la fin de 2010.
Le sommet a également promis de mobiliser l'aide par l'intermédiaire du Fonds monétaire international (FMI), augmenter la régulation financière, réduire le protectionnisme, et assumer ensemble les responsabilités pour faire face à la crise.
Avec le déclin de l'économie mondiale, les importantes organisations internationales, comme le FMI, la Banque mondiale et l'Organisation pour la coopération et de développement économique (OCDE), ont toutes prévu que l'économie mondiale va connaître une baisse cette année, la première diminution importante depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le monde développé est encore plongé dans la récession, et les économies émergentes qui étaient très dynamiques ont également été battues par le ralentissement, qui menace le monde avec les plus grandes difficultés économiques depuis la Grande Dépression.
Confrontés à de graves problèmes, les Etats membres du G20, qui possèdent 90% de la production mondiale, ont laissé de côté les désaccords, ont mis en place des mesures coordonnées, ont créé des plans positifs pour surmonter la crise et ont refait l'ordre mondial pour la période qui suivra la crise. Ce sera considéré comme un tournant dans l'histoire.
Le sommet de Londres qui a duré un jour et demi a examiné trois sujets de manière efficace en montrant la direction du développement économique mondial après la crise. La mission primordiale du sommet était de coordonner les mesures visant à surmonter la crise et de relancer l'économie mondiale.
Pour ce faire, les Etats-Unis ont proposé que les membres du G20 appliquent des politiques budgétaires dynamiques et puissent garantir des mesures de stimulation qui sont équivalentes à 2% du PIB. Bien que les principales économies de la zone euro, en particulier l'Allemagne et la France, ont exprimé leur scepticisme face à ces dépenses effrénées, le communiqué du sommet a encore une fois souligné l'effet positif des plans d'incitation fiscale.
Le G20 a promis des mesures de stimulation qui valent 5 milliards de dollars d'ici la fin de 2010, ce qui représente 4% du PIB mondial.
Cela montre que les Etats membres ont réaffirmé l'interdépendance de l'économie mondiale malgré les turbulences actuelles.
Le deuxième sujet concernait le renforcement de l'aide internationale.
L'une des plus grandes réalisations à Londres était la promesse collective de renforcer les institutions d'aide internationale, avec notamment le FMI et la Banque mondiale. La Chine, le Japon et les pays européens parmi tant d'autres, ont promis d'augmenter les capitaux du FMI.
Pendant ce temps, la Banque mondiale a également convenu d'étendre l'ampleur des crédits pour les échanges commerciaux et d'injecter 250 millions de dollars pour relancer le commerce mondial.
L'aide supplémentaire pour le FMI et la Banque mondiale s'élevait à 1,1 milliards de dollars, ce qui aidera certainement à stabiliser la structure financière mondiale, le commerce et le système d'investissement et permettra une reprise plus rapide.
Le troisième problème, c'est le protectionnisme.
Tous les Etats membres ont unanimement dénoncé le protectionnisme, en appelant à la reprise des négociations commerciales de Doha, le boycott des mesures de dévaluation de la monnaie, et ont promis d'étendre la promesse du sommet de G20 de Washington "de ne pas mettre en place de nouvelles mesures protectionnistes pour un an» jusqu'à la fin de 2010.
Cependant, quelques différends sont restés.
Les Etats membres n'ont atteint de consensus sur la réforme du système financier international.
La stabilité du système financier mondial, les artères et les veines de l'économie mondiale, c'est la question fondamentale pour le redressement économique et le développement. Le sommet de Washington a souligné que l'une des origines de la bulle de crédit et de la crise financière, c'était le manque de réglementation financière internationale. Il s'est engagé à renforcer la réglementation financière et la réforme du système financier international. Fixer les fuites des capitaux, se débarrasser des actifs toxiques, assainir le système financier sont sans aucun doute les bases nécessaires pour surmonter la crise et relancer les finances dans le monde.
Avant le sommet, les Etats-Unis ont proposé un projet financé par les fonds publics et privés pour résoudre le problème des actifs toxiques. Toutefois, il a hésité à proposer de renflouer davantage les institutions financières. En ce qui concerne le problème des entreprises en difficulté dans l'économie réelle, le gouvernement américain n'a pas mis en place une "renaissance industrielle" afin de faciliter le régime de la faillite et la restructuration des entreprises. Les mesures de protection visant à maintenir la vie des entreprises mourantes ont créé des cellules cancéreuses dans l'économie réelle. En Europe, les économies de la zone euro refusent de payer pour les pays de l'Europe centrale et orientale qui sont battues par le chaos financier. L'inaction pourrait entraîner des problèmes pour le système bancaire européen.
Les Etats-Unis, l'Europe et le Japon veulent tous préserver leur propre supériorité stratégique et d'optimiser l'autonomie des intérêts dans le système monétaire international. Ainsi, le sommet n'a pas permis d'atteindre un consensus international sur la réglementation financière.
La chancelière allemande Angela Merkel a fait valoir que si la décision sur la stabilisation de la situation financière internationale ne sera pas faite lors du forum, elle ne sera pas faite en cinq ans. L'Allemagne et la France ont préconisé le renforcement du pouvoir régulateur du FMI, et une réglementation plus stricte sur les paradis fiscaux. Bien que les Etats-Unis étaient d'accord pour rejoindre fonds de protection et de surveillance des instruments financiers dérivés, ils se sont opposés en affirmant que "régulation pourrait handicaper la liberté et l'efficacité du marché". Le Japon a appelé d'une façon ambiguë à soutenir les "élites financières" à la recherche d'une "réglementation intelligente", à restructurer le Forum de stabilité financière pour y ajouter un siège pour le Japon, et construire "un système de réglementation auto-discipliné".
Depuis que la crise financière a éclaté, la cohésion et le pouvoir de la conférence financière des ministres du G7 a connu un déclin. Le sommet du G20, qui intègre les économies émergentes, sert maintenant de plate-forme principale pour l'ordre économique mondial.
Le développement des marchés émergents et le déclin relatif des pays développés indique la réorientation de l'ordre économique mondial. Les représentants des pays développés devaient écouter les revendications proposées par la Chine, le Brésil, l'Inde, la Russie, et d'autres économies émergentes. La promesse de la Chine à injecter des fonds dans le FMI et d'endiguer le protectionnisme a été félicitée. Comme le poids économique des pays émergents augmente, et leurs voix deviennent plus fortes, des espoirs d'un ordre international plus juste planent sur l'horizon de l'économie mondiale.
L'auteur est Liu Junhong, chercheur à l'Institut chinois des relations internationales contemporaines.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne