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Français>>OpinionMise à jour 15.04.2009 10h24
Les médias chinois et européens doivent atteindre un équilibre juste

L'échange médiatique entre la Chine et l'Europe a déjà un siècle d'histoire. Au début du XXe siècle, George Morrison était correspondant pour le journal The Times à Beijing. Il racontait au monde entier ce qui se passait en Chine.

Aujourd'hui, plus de 300 correspondants, représentant 169 organisations des médias de 25 pays européens sont basés en Chine. Et ils envoient des milliers de rapports tous les jours.

Les médias chinois ont également plus de 100 représentants médiatiques à travers toute l'Europe car l'échange médiatique est en train de se développer de manière significative.

Les médias et les personnes de l'information ont joué un rôle important dans la promotion de la compréhension et l'amitié entre la Chine et l'Europe. Oriana Fallaci, une journaliste italienne, a interrogé Deng Xiaoping en 1980 et a ainsi révélé au monde la politique des réformes et de l'ouverture de la Chine. Le journal Financial Times avait récemment interrogé le Premier ministre chinois Wen Jiabao. Il y a quelques jours, le voyage du président Hu Jintao à Londres au sommet du G20 a été couvert par les médias européens. Aujourd'hui en Chine, l'Europe est toujours mentionnée dans les journaux, les émissions de télévision et sur internet.

Toutefois, il est regrettable que certains des rapports sur la Chine des médias occidentaux ne soient ni complets, ni objectifs, ni équitables, ce qui conduit à des malentendus voire à une vision très partiale de la Chine. Certaines informations sont même publiées au détriment des relations Chine-UE après tant d'années d'efforts communs.

Pourquoi les médias chinois et les médias occidentaux interprètent-ils différemment certaines informations concernant la Chine? Pourquoi ces rapports suscitent-ils une aussi forte réaction sociale? Il y a de nombreuses raisons à cela.

Tout d'abord, certains européens et certains médias européens n'ont pas toujours une compréhension globale de la Chine. En 2008, environ 6 millions d'Européens ont visité la Chine. Seule une petite proportion de la population est au courant des dernières évolutions qui s'y sont produites. Et parmi les 6 millions de personnes qui ont visité la Chine, un petit nombre s'était aventuré dans l'arrière-pays pour explorer la diversité et les défis auxquels le pays est confronté. Les Européens ne savent pas bien ce qu'est la Chine. Il en est de même pour la plupart des éditeurs qui travaillant aux sièges des médias étrangers. Certains journalistes étrangers travaillant en Chine m'ont même dit que leurs articles sont souvent modifiés par les rédacteurs en chef dans leurs pays pour devenir plus critiques sur la Chine.

Deuxièmement, de nombreux médias européens font des reportages sur la Chine se basant sur des à prioris et des suppositions. La Chine et l'Europe ont des histoires différentes, leur culture, leur développement économique et social ainsi que les systèmes politiques sont différents. Certes, nous avons des points de vue et de réactions différentes à certaines questions. Mais souvent, les médias européens jugent la Chine se basant sur les valeurs, la culture, les modèles sociaux et le niveau de développement qui sont européens.

Par exemple, avant les Jeux Olympiques de Beijing, certains médias européens critiquaient Beijing pour avoir porté atteinte aux droits des résidents par le biais des restrictions liées à la circulation, au logement, au commerce et à la gestion urbaine. Mais quand les journalistes sont eux-mêmes allés à Beijing et ils ont interrogé des résidents en personne, ils ont été touchés par la fierté que ressentaient les Pékinois d'accueillir les Jeux et faire des sacrifices pour la commodité de leurs invités.

Troisièmement, je me dois de souligner que l'une des raisons les plus importantes, c'est que certains médias occidentaux critiquent la Chine sans fondement et en déformant les faits.

Sur de nombreuses questions concernant la Chine, certains médias occidentaux ont eu "des préjugés systématiques", avec la persistance de commentaires condescendants et les critiques sans fondement. Dans certains cas extrêmes, ils vont même jusqu'à abandonner les principes fondamentaux de l'objectivité et violer l'éthique professionnelle.

Ils montent des informations en utilisant des données qui n'ont pas été vérifiées ou même inventées en puisant et dénigrant l'irrationnel. Par exemple, une chaîne de télévision allemande a photographié la police népalaise qui arrêtait les manifestants en commentant que c'est l'armée chinoise qui réprimande les Tibétains l'année dernière après les émeutes de Lhassa.

Quatrièmement, les médias européens n'ont pas entièrement reconnu le pouvoir de l'influence de leurs informations sur les relations UE-Chine. La plupart des Européens obtiennent des informations sur la Chine par les médias européens. Par conséquent, le stylo, l'objectif et le clavier dans les mains des reporters représentent une force particulière. Ce qu'ils sont en train de produire aura une forte influence sur l'opinion des gouvernements, des entreprises, des sociétés et du grand public sur la Chine en façonnant l'opinion publique dans les relations Chine-UE.

Aujourd'hui, la réforme et l'ouverture économique ont conduit au développement social et politique de la Chine. Le pays est également activement impliqué dans les affaires internationales, le monde bénéficiant de sa croissance. Mais le sondage de l'opinion publique de la BBC en février dernier a montré que le pourcentage de personnes qui voient positivement l'influence de la Chine est passé de 45 à 39%. Ce résultat va à l'encontre d'un développement effectif. Le monde n'a pas réagi en fonction de la croissance de la Chine, car elle n'est pas présentée avec la valeur qu'elle mérite.

La relation Chine-UE est l'une des plus importantes relations bilatérales dans le monde. Face à la récession économique mondiale et la réduction des échanges, les deux doivent plus que jamais élargir et approfondir leur coopération afin de relever les défis main dans la main.

J'espère sincèrement que les médias chinois et européens vont jouer un rôle positif et constructif dans la promotion de nos relations.

Pour ce faire, je pense que les quatre points suivants méritent une attention particulière: la responsabilité, l'objectivité, la crédibilité et la communication.

Nos médias et les correspondants devraient être plus conscients de leur responsabilité dans la promotion des relations UE-Chine. Ils ont une influence majeure sur l'opinion publique, sur la politique et sur l'avenir de nos relations. Ils doivent garder dans l'esprit la responsabilité et l'intérêt de 1,8 milliards de Chinois et Européens, avoir une vision de notre relation à long terme et du pont de vue de la perspective stratégique, et de faire en sorte que leurs reportages et les commentaires suscitent un consensus, la confiance et la coopération entre nous, plutôt que le conflit, les différends et les contradictions.

Pour l'objectivité, les médias et nos correspondants doivent se fier aux principes de base de l'information pour la présentation de la vérité sur le monde. Malgré nos différences, nous chérissons tous et suivons le principe de dire la vérité. L'objectivité de l'information dépend de l'exhaustivité de l'information et des points de vue équilibrés. On ne devrait pas se pencher en faveur de l'une ou l'autre partie en utilisant certaines astuces, comme des formulations sélectives ou des photographies avec des déclarations sous-jacentes. Les médias chinois et européens devraient respecter la théorie du développement des autres, le choix politique, les valeurs culturelles, et les correspondants devraient faire leur travail avec un esprit ouvert, un cœur ouvert et une vision plus large.

Pour une meilleure communication, nos médias et nos correspondants devraient coopérer plus pour acquérir une meilleure compréhension et plus de connaissances.

Les médias chinois et européens devraient infiltrer la communauté locale et établir une communication franche, profonde et bidirectionnelle avec les réseaux sociaux de tous les horizons. Ils doivent écouter plus attentivement ce que l'autre partie a à leur dire, ses impressions, jugements et conclusions.

Enfin, je voudrais dire quelques mots au sujet de la réaction de la Chine aux critiques dans la presse occidentale. La nation chinoise est modeste, autocritique et désireuse d'étudier sur les autres. Nous tenons à étudier sur les autres, et nous reconnaissons les problèmes que nous avons connus pendant le développement en accueillant des suggestions constructives et des critiques bien intentionnées. Et nous sommes prêts à parler des désaccords et des différends. Ce que nous n'acceptons pas, c'est l'imposition agressive des points de vue et des standards. La Chine ne cèdera à aucune pression. Au cours des 30 dernières années, la Chine a fait d'énormes progrès dans le domaine économique, social, politique, culturel et beaucoup d'autres. Ces réalisations sont le résultat de la politique de la réforme et d'ouverture et du travail acharné de tous les Chinois. Ce n'est pas le résultat de la pression médiatique de l'Occident.

Lors de sa récente visite au siège de l'UE, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a dit "je crois que la grande tendance de la relation UE-Chine ne peut pas être renversée, comme nul ne peut inverser la tendance de l'histoire".

Et le président Barroso a déclaré: "L'Europe, la Chine et la communauté internationale ne peuvent que bénéficier d'une coopération intense entre l'UE et la Chine".

Il s'agit d'une mission historique pour nous de faire avancer le partenariat stratégique Chine-UE. Pour le réaliser, nous allons faire notre part du travail et donner à l'autre d'aide et le soutien. Ensemble, nous allons rendre notre relation bénéfique pour nos peuples et pour le monde.

L'auteur est Song Zhe, ambassadeur chinois à l'Union européenne. L'article est un extrait du discours qu'il a prononcé le 8 avril au Forum chinois et européen des médias.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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