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Français>>OpinionMise à jour 21.05.2009 11h14
Beijing, c'est comme un film pour moi

Foued El Mabrouk, 46 ans, directeur général de l'hôtel Grand Hyatt Beijing, a vécu en Chine plus de temps que dans son pays natal, la Tunisie. Il avait 20 ans lorsqu'il est arrivé en Chine en 1983 pour étudier, et y est resté depuis.

Beaucoup de Chinois sont surpris de la facilité avec laquelle M.Foued manipule la langue chinoise. "Lorsque vous parlez vraiment la langue, vous arrivez à comprendre toutes les nuances. Cela réduit le risque d'être induit en erreur par les différences culturelles", a-t-dit il.

Il y a 26 ans, M.Foued avait juste obtenu le diplôme d'études secondaires quand il a vu dans un journal la liste de pays étrangers, publiée par le ministère tunisien de l'éducation où on peut aller faire ses études,.

"J'ai choisi le pays que je connaissais le moins - la Chine", a-t-il dit.

Lorsque M.Foued a atterri à Beijing en 1983 pour étudier le chinois à l'Institut des langues, il y avait très peu d'étrangers en Chine, et encore moins de Tunisiens. La Tunisie a obtenu son indépendance de la France en 1956 et a établi des relations diplomatiques avec la Chine en 1964.

"Il devait y avoir moins de cinq Tunisiens dans toute la Chine", se souvient-il. "C'étaient soit des diplomates, soit des étudiants." La plupart de ses camarades d'université sont partis après l'obtention de leur diplôme, mais il a décidé de rester.

"C'était l'époque de Deng Xiaoping et la Chine avait adopté la politique des réformes et l'ouverture", se souvient-il. "Je me souviens qu'en tant qu'étudiants étrangers, nous étions invités à déposer les fleurs à la place Tian'anmen lorsque la Chine célébrait sa 35e Fête nationale".

Après une année d'étude du chinois, M.Foued a poursuivi ses études en génie hydroélectrique à l'Université Qinghua. Mais au lieu de devenir ingénieur, il a rejoint Movenpick Hotel & Resort, une société de gestion hôtelière suisse en 1987, et plus tard, il a commencé à travailler à Jianguo Hotel.

Depuis lors, M.Foued a travaillé dans de différents hôtels comme directeur de services à la clientèle, directeur des ventes et du marketing, manager du complexe hôtelier, avant de devenir directeur général. Il a rejoint le Grand Hyatt Beijing en tant que directeur du marketing quand la société a ouvert un hôtel en 2001 et il a été manager du complexe hôtelier pendant deux ans, avant de prendre le poste de PDG le 1er mars de cette année.

Témoin de la croissance des hôtels de Beijing, M.Foued se souvient surtout de l'ouverture de Jianguo Hotel, la première joint-venture sino-américaine, considérée comme un jalon dans l'hôtellerie en Chine. Avant cela, l'industrie hôtelière de Beijing était fondée sur les entreprises gérées par l'Etat, comme Xinqiao Hotel, Minzu Hotel ou Beijing Hotel. "Le taux d'occupation moyen de Jianguo Hotel était de 92% dans les années 1988 - 1994", se rappelle Foued, qui y a travaillé de 1988 à 1998.

"Un autre moment important, ce furent les Jeux Asiatiques de 1990, qui ont attiré un certain nombre d'étrangers à Beijing, ce qui a conduit à l'ouverture d'un plus grand nombre de nouveaux hôtels", se souvient-il.

Au fil des années, M.Foued a vu toute une gamme d'hôtels des différentes marques faire leur entrée sur le marché de Beijing : les hôtels Great Wall Sheraton, Shangri-La, Holiday Inn Lido et Kempinski ont ouvert à Beijing.

La préparation des JO a suscité l'augmentation du nombre des hôtels cinq-étoiles à Beijing. "Les gens pensent désormais qu'il y a trop d'hôtels", a-t-il dit, "Mais je pense que la faible demande est temporaire. Le nombre de touristes va augmenter, mais cela va prendre un certain temps."

Il pense qu'il y a encore un grand potentiel pour la demande intérieure. "Actuellement, 70% des résidents des hôtels sont des étrangers et seulement 30% sont des Chinois. C'est complètement le contraire en Europe, en Amérique et au Japon, a-t-il dit. "Mais les entreprises chinoises ont un potentiel énorme, ce qui nous rend optimistes sur l'avenir du secteur hôtelier".

La crise financière mondiale actuelle a fortement affecté le secteur hôtelier. "Le taux de leur occupation a baissé. Nous avons pris du retard, même si nos affaires vont pas mal par rapport à d'autres hôtels en ville. J'espère que les affaires vont aller mieux rapidement", a expliqué M.Foued.

Situé à l'intérieur de Beijing Oriental Plaza, dans le centre de Beijing, le Grand Hyatt Beijing est classé n°1 en termes de revenus parmi les hôtels cinq étoiles à Beijing depuis 2003. L'hôtel dispose d'une longue liste de prix attribués pour le meilleur hôtel par les autorités, et son restaurant chinois a été classé le meilleur parmi les restaurants chinois, célèbre pour son canard laqué.

"Avec 825 chambres, nous sommes le plus grand hôtel cinq étoiles de Beijing", a dit M.Foued.

Bien qu'il ait généralement une journée de travail de 12 heures tous les jours, chaque week-end, il prend son épouse, une Tunisienne qu'il a rencontrée à Beijing en 1987 pour se promener pendant au moins 2 heures autour des grands sites touristiques de la capitale, comme le Parc Beihai et Gulou. Ils discutent souvent des changements que la ville a subis. Parfois, leurs trois enfants nés à Beijing les accompagnent.

"Beijing, c'est ma deuxième ville natale. Elle représente une partie très importante de ma vie", a dit M.Foued. "Vous ne verrez nulle part ailleurs dans le monde une ville qui change autant. C'est comme un film. Je veux voir ce qui va se passer dans l'avenir et d'y prendre part. Cela me donne un but dans la vie."

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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