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Français>>OpinionMise à jour 06.08.2009 10h25
Cinq Français parlent de leurs idées sur la Chine

« Oriental Morning Post » a publié un article sur l'Association Asie-Extrême de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Sciences Po) et sur son Président Arnaud. « Ces trois dernières années, nous avons remarqué qu'il est apparu en France une tendance qui s'intéresse de plus en plus à la Chine. », déclare Arnaud qui ajoute que les Jeux Olympiques de Beijing étaient peut-être l'une des raisons de ce soudain 'engouement' pour la Chine. « Cependant, l'image qu'ont les Français de la Chine s'est ternie récemment. Malgré que lesdits Jeux Olympiques ont été impressionnants, grandioses, spectaculaires et du jamais vus, mais pour le plupart des Français, de même que les Européens, ils sont étonnés et ne comprennent pas pourquoi le gouvernement chinois persiste dans sa position sur le problème du dalai lama. ». De fait, cette idée d'Arnaud est largement répandue dans la société française.

Arnaud : Président de l'Association Asie-Extrême de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Sciences Po).

Sébastien : 24 ans, employé au groupe français bancaire Crédit industriel et commercial (CIC).

Philippe : 43 ans, traducteur-interprète et enseignant de langues étrangères.

Jean-Jacques : 72 ans, ancien recteur de l'Université Paris 7 (Denis-Diderot).

Miguel : patron d'une société d'investissement.


<h5>La 'logique fondamentale' des Français ordinaires.</h5>
Arnaud : En France, à chaque fois qu'on parle de la Chine, il survient deux impressions : la première, c'est qu'elle sera la deuxième superpuissance ; et la deuxième, c'est qu'elle ne respecte pas la démocratie. Avec ces deux impressions-là, on parvient tout naturellement à la conclusion suivante : ce genre d'influence qui se renforce et qui s'accroît continuellement constitue une menace pour notre sens de valeur. Telle est la ‘logique fondamentale' des gens du peuple en France. Quant à moi, je pense que l'élite intellectuelle, culturelle, politique et commerciale a trouvé un point d'équilibre, alors que pour l'ensemble du peuple français, le choix est le suivant : faut-il préserver et protéger notre sens de valeur, ou bien faut-il maintenir de bonnes relations avec la Chine et ne pas rompre avec elle afin de protéger nos intérêts économiques. Ce problème est un vrai casse-tête et on hésite à faire le choix.

Certainement, les Français savent que la civilisation chinoise est dotée d'une grande culture, de même qu'une brillante histoire et une remarquable gastronomie, mais cela est une autre impression, la troisième si vous voulez. D'ailleurs, la réalité c'est que nombreux sont les Français qui ne connaissent, ni ne comprennent pas vraiment la Chine.

Sébastien : Je suis d'accord avec vous sur ce point-là. Effectivement, un grand nombre de Français ne connaissent rien de la Chine. Moi qui ai voyagé plusieurs fois en Chine, j'ai constaté que l'économie chinoise se développe à un rythme incroyable et que les gens de ce pays sont satisfaits de leur vie. J'ai remarqué qu'ils ont une bonne opinion d'eux-mêmes et peut-être meilleure que celle que nous avons de nous.

Philippe : Dans la situation actuelle où la crise financière sévit à travers le monde, il est certain que l'Occident éprouve un certain sentiment de crainte à l'égard de la Chine, alors que ce genre de crainte existe même au sein de l'Union européenne, car chacun a peur de son voisin.

Pour ce qui est de la Chine, je donne un exemple, lorsque que quatre rameurs sont dans le même bateau, pourvu qu'il y en a un qui manœuvre sa rame plus vite que les autres, alors le bateau tangue et vacille. La Chine est celui-ci et elle produit une influence sur le monde entier et nous ne pouvons pas ne pas porter tout notre intérêt sur elle.

<h5>Les « insuffisances humaines » des journalistes créent les préjugés.</h5>
Arnaud : A parler franchement, la grande partie des informations sur la Chine que nous obtenons en France ce sont des critiques à l'égard de sa politique et du problème des droits de l'homme. Ces informations proviennent des journalistes qui font des reportages sur place en Chine et certaines mêmes basées sur des propos tenus par des citoyens chinois. Nous ne doutons aucunement de la véracité de ces informations.

Mais, en ce qui concerne la question que vous (journaliste) nous posez : « Pensez-vous que ces reportages (des journalistes étrangers sur la Chine) seraient favorables au développement des relations bilatérales ? », je suis en même temps surpris et intéressé, car elle traduit la différence qui existe entre la culture chinoise et la culture française (européenne), car pour nous, les informations n'ont aucun rapport avec les relations diplomatiques et que le travail des journalistes c'est de rapporter ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont entendu.

Effectivement, les médias ne sont pas tous parfaits et irréprochables et on peut citer pour cela l'exemple du Tibet. La plupart des Français ne connaissent pas vraiment la situation réelle au Tibet, son histoire et ce qui se passe là-bas. Seuls les médias spécialisés ont le temps de recueillir des informations, d'accumuler des connaissances et de donner des explications sur ce problème, tandis que les journalistes non spécialisés sont sûrs de faire des gaffes et de donner de mauvaises explications qui engendrent des préjugés. Moi, je pense que le gouvernement ne manœuvre pas les reportages journalistiques, mais que les informations fausses et erronées sont dues aux « insuffisances humaines » des journalistes, car l'être humain ne peut éviter de commettre des erreurs.

Jean-Jacques : Lorsque je fais l'éloge de la Chine ou que je parle du bien d'elle, on m'accuse d'avoir reçu de l'argent de la Chine. Cela est de l'ineptie et de l'absurdité ! Je vous le dis en tout état de conscience que ce que je dis et ce que je fais est à cent pour cent bénévole et de ma propre volonté. Si on parle de l'argent, ce sont ces journalistes qui fabriquent des mensonges et des calomnies qui reçoivent de l'argent de hautes personnalités qui les soutiennent, ils sont soudoyés et corrompus par certains groupes politiques qui les utilisent et l'opinion publique est ainsi contrôlée et dirigée par ce genre de groupe. Qui ont réellement fourni des fonds pour cela, il faut les dévoiler et les démasquer. On peut dire que cela est du « terrorisme d'opinion », car les médias induisent l'opinion publique en erreur.

J'admets que certaines télévisions françaises émettent des reportages fort objectifs sur la Chine, mais dans la plupart des cas, ce genre de programme sont émis la nuit lorsque les gens dorment.

<h5> « L'Occident comprend de plus en plus la politique chinois. »</h5>
Arnaud : Je pense qu'il existe de grandes différences entre la Chine et la France dans le domaine politique, dans le domaine culturel et même dans le domaine social. Ces différences ont commencé à diminuer ces dernières années et la raison principale de cette diminution c'est que les gouvernements des pays occidentaux connaissent de mieux en mieux la politique chinoise et qu'une sincère franchise réciproque s'est établie entre les pays.

Miguel : J'étais parti en mission pour la première fois en Chine en 1992. Par la suite j'ai effectué des affaires financières à Hong Kong et à Beijing. En tant que Français, je m'intéressais surtout au sens de discipline des Chinois. J'ai été stupéfié en constatant l'ordre parfait qui règne chez eux et surtout la façon méthodique et systématique de leur travail qui est accompli avec une grande efficacité, ce qui est incroyable chez nous en France, car nous les Français, nous prônons l'individualisme.

« Les jeunes Chinois n'aiment pas parler politique. »

Arnaud : La politique est une importante partie composante de la vie de chaque citoyen français. Lors de mon séjour en Chine, j'ai constaté que la plupart des Chinois ne s'intéresse pas à la politique, ce qui m'a beaucoup déçu. Ce désintéressement est dû principalement, je crois, à des raisons historiques et sociales.

Sébastien : En Chine, j'ai remarqué que la plupart des jeunes mènent une vie heureuse et qu'ils ne s'intéressent pas tellement à la politique. Ce n'est pas comme chez nous en France où tout le monde parle s ans cesse de la politique.

Philippe : Cela est de la tactique en France. Lorsqu'un gouvernement manque d'idées et ne les exprime pas, il n'aborde alors jamais les problèmes intérieurs du pays et il est obligé de chercher partout dans le monde un ennemi public international. Alors qui est-ce cet ennemi ? C'est le pays qui obtienne la plus grande part d'un gâteau susceptible d'être divisé. « Le Monde » du 4 juillet a publié un article portant le titre de « La France propose de répartir le gâteau irakien ». Pour empêcher qu'un autre vienne partager ce gâteau-là, il va de soi qu'on fait tout pour le diaboliser.

« L'Europe considère la Chine comme un enfant. »

Arnaud : L'émergence de la Chine n'a connu aucun problème et c'est une bonne chose pour le monde entier. Et tout particulièrement à l'époque de Deng Xiaoping et les époques suivantes au cours desquelles la Chine a réalisé des succès remarquables. Mais le problème c'est qu'il faut que la force et la responsabilité soient équilibrées. Pour moi, je ne suis pas sûr que la Chine soit préparée face à cette situation. Le Sommet du G20 à Londres a entamé des discussions sur cela. Depuis que les Etats-Unis s'enfoncent dans les difficultés dus à la crise financière et économique, j'attends que la Chine propose soit un programme soit des mesures permettant le monde de sortir du pétrin ou bien qu'elle formule des propositions pour l'établissement d'une nouvelle structure économique mondiale. Mais ce qui m'a déçu c'est que rien de tout cela ne s'est produit.

C'est pourquoi je pense que la Chine n'a pas réellement accepté son nouveau rôle mondial.

Philippe : L'Europe traite la Chine comme un adulte de trente ans traite un enfant de huit ans. On ne doit pas oublier qu'il a fallu à l'Europe deux siècles pour accéder à une société civilisée. Chez nous en France, nous n'avons pas un dicton qui nous enseigne « Ne faites pas à autrui ce que vous n'aimeriez pas que l'on vous fasse ». L'Union européenne ne reconnaît pas les succès réalisés par la Chine, alors que même dans le domaine des droits de l'homme, la Chine a obtenu réellement des progrès évidents.

Les nombreux revers subis l'année dernière dans les relations entre la France et la Chine répondent tout à fait au proverbe français « Plus l'amour est profond, plus la punition sera sévère.». Cela est totalement compréhensible, car les Chinois ont toujours considéré les Français comme de vrais amis : la France étant le premier pays occidental à reconnaître diplomatiquement la Chine nouvelle, et on ne comprend pas pourquoi leurs relations se sont dégradées à ce point-là l'année dernière ?

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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