100 chansons patriotiques/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>OpinionMise à jour 28.09.2009 15h15
Sommet du G20 : pas de perdant ni de gagnant

Le Sommet du G20 vient d'être clos le 25 courant à Pittsburgh, aux Etats-Unis et il a enregistré plusieurs progrès significatifs et décisifs. Lors de la conférence de presse tenue à l'issue de la réunion, le Président français Nicolas Sarkozy a indiqué que les pays à économie émergente, dont notamment la Chine, sont les plus grands gagnants du présent sommet, mais des spécialistes chinois en la matière ont rappelé instamment que les pays émergents doivent garder 'la tête froide' et 'l'esprit lucide' face aux 'résultats appréciables' du Sommet du G20.

La Chine dépasse la France et la Grande-Bretagne pour devenir, quant à son droit de vote, le quatrième pays au FMI.

Dans la « déclaration des dirigeants » publiée à l'issue du sommet, ces derniers se sont engagés à élever la quote-part des marchés émergents et des pays en voie de développement au sein du FMI (Fonds monétaire international) d'au moins de plus de 5% et ont décidé que le droit de vote au sein de la Banque mondiale des pays en voie de développement et des entités économiques en transition sera accru au moins de 3%. Cela est considéré comme le plus grand succès obtenu par les entités économiques émergentes au présent sommet.

Quelle est en fait la signification qu'il y a derrière ce changement de 5% et de 3% ? Au FMI, 5% de droit de vote passe des mains des pays développés aux mains des pays en voie de développement, ce qui fera que la quote-part du droit de vote des deux parties de 57 : 43 sera réajustée à 52 : 48 et l'écart sera ainsi diminué. Pour le moment, la Chine dispose de 3,66% de droit de vote contre respectivement 4,85% pour la Grande-Bretagne et la France. Les médias occidentaux ont fait l'analyse et ont indiqué qu'à l'issue du réajustement, il est fort possible que la Chine serait le plus grand gagnant quant au transfert du droit de vote et elle dépassera la Grande-Bretagne et la France pour devenir la quatrième des principaux pays disposant du droit de vote au FMI, tout juste derrière les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne. Cet ordre de priorité est adapté pour l'essentiel à la puissance économique de chaque pays.

« L'augmentation du droit à la parole ne signifie aucunement qu'on a obtenu le droit à la décision et qu'on est devenu un décideur qui joue un rôle prépondérant. Nous devons être conscients que les Etats-Unis et le petit nombre des puissances occidentales jouent toujours un rôle déterminant et décisif, comme celui du Conseil d'Administration, au sein des organisations internationales, dont notamment le FMI et la Banque mondiale, alors que le droit de vote des Etats-Unis au FMI qui dépasse de près de 17% celui des autres pays, ainsi que sa voix de veto restent et demeurent inébranlables. », a indiqué Wang Yuanzhou, Directeur Adjoint de l'Institut de l'Economie et de la Politique mondiales de l'Académie des Sciences sociales de Chine.

Le G20 qui regroupe les principaux pays développés et les pays émergents va être élevé à un niveau supérieur pour devenir une importante plate-forme.

Selon 'The New York Times', suite à la présence des pays émergents, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, le rôle joué auparavant sur la scène internationale par le Sommet du G8 appelé « Club des pays riches » de l'Occident sera désormais remplacé par celui du Sommet du G20.

Wang Yuanzhou pense que le Sommet du G20 n'a pas vocation à remplacer le Sommet du G8 et qu'il n'est en fait que la suite et l'agrandissement de ce dernier. La mécanisation du G20 traduit le changement de la structure des forces dans le monde. Grâce aux efforts déployés par les marchés émergents et les pays en voie de développement, ils ont accru leurs propres forces et renforcé leur coopération mutuelle, ce qui leur a permis d'obtenir encore plus de droit à la parole.

En répondant à la question de savoir si la Chine désire « organiser un sommet du G20 ? », le Vice Ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei a répondu que cela sera décidé à travers les discussions et les consultations ultérieures entre la Chine et les autres pays membres. D'après Wang Yuanzhou, il est certain que dans un proche avenir, la Chine tâchera d'organiser un sommet du G20.

Le Sommet a été fructueux pour chacun des pays membre du G20 et pour dire vrai il y a pas de perdants.

Selon Wang Yuanzhou, en tant que représentant des pays émergents, l'élévation du la position de la Chine dans le système économique international et l'augmentation de son droit à la parole dépendent en premier lieu et principalement à plusieurs facteurs dont la grande quantité de ses réserves de devises et des mesures de stimulation économique qu'elle a appliquées et qui ont donné de bons résultats, mais pour ce qui des problèmes complexes qui concernent la réforme financière internationale, dont outils financiers dérivés et fonds d'arbitrage (hedge funds), la Chine est encore en position d'‘écolier'. « La Chine est en train de s'appuyer sur la croissance extensive prématurée et sur la croissance de la quantité pour s'approcher petit à petit du centre de la scène économique internationale, mais il lui faut encore un temps relativement long pour partir de la périphérie et pouvoir atteindre réellement la position clé de décideur qui joue réellement le rôle décisionnaire.. C'est pourquoi il est important pour nous de garder la tête froide et de rester lucide. »

Jin Canrong a indiqué de son côté que lors du présent sommet, les dirigeants des principales entités économiques du monde ont entamé de larges et profondes discussions sur de nombreux problèmes chauds, dont les efforts à déployer en commun en vue de contribuer au redressement économique mondial, la réforme des institutions financières internationales et l'amélioration du contrôle et de la surveillance des organismes financiers internationaux. Des progrès notables et décisifs ont été enregistrés et c'est pourquoi on peut dire que « le plus grand gagnant c'est l'économie mondiale ». Quant aux Etats-Unis, il a réussi à affaiblir ou à réfuter certains problèmes soulevés par les pays européens, dont la ‘mécanisme de retrait' du programme de stimulation économique et la restriction de la rémunération des gestionnaires de haut niveau, qui leur tiennent particulièrement à cœur, et c'est pourquoi on peut dire également que les Américains sont aussi de grands gagnants. « Certains pensent que le plus grand gagnant c'est en fait le FMI, mais en réalité, l'élévation de la position du FMI et de la Banque mondiale et d'autres organisations internationales est en fait une réussite des Etats-Unis, car cela signifie que sous leur contrôle et leur manipulation, le système économique international existant non seulement n'a pas été affaibli, mais au contraire est renforcé ! » Comparaison faite avec cela, la proposition de certains pays européens concernant le 'retrait' du programme de stimulation économique a rencontré une opposition claire et explicite de la part de la Chine, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, tandis que les participants n'ont pas pu parvenir une vue identique pour ce qui est de la restriction à l'encontre de la rémunération des hauts responsables du secteur bancaire et d'autres organismes.

« Bref, que ce soit le système économique mondial ou ses institutions représentatives, dont notamment le Fmi et la Banque mondiale, que ce soit les Etats-Unis ou la Chine qui est à la tête des pays émergents, chacun a obtenu plus ou moins une partie de ce qu'il désire, ce qui signifie que tous, ils sont des gagnants au présent sommet. », a conclu Jin Canrong.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le président chinois avance une proposition en cinq points pour un monde plus sûr
Justine Henin de retour
Sommet du G20 : pas de perdant ni de gagnant
Pourquoi la Chine a-t-elle pu échapper à la « théorie de l'écroulement » ?
La Chine est un nouveau modèle de développement pour le monde