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Français>>OpinionMise à jour 20.10.2009 14h55
Faire fi de l'héritage de la guerre froide et aller de l'avant

---- Dédié aux 60 ans de pluie et de beau temps de la Patrie et à mes plus jeunes concitoyens

En dehors de l'influence du confucianisme si souvent cité et d'autres pensées traditionnelles, les caractéristiques nationales des Chinois contemporains trouvent aussi leur origines dans une simple culture de survie, l'un des effets secondaires de la Guerre froide, qui a pleinement incarné le principe naturel des faibles, qui sont à la proie des forts, au milieu de la course coupe-gorge entre deux blocs mondiaux, à savoir les Etats-Unis et l'ex-Union Soviétique.

Dans la lutte acharnée qui a été déployée par deux systèmes idéologiquement opposées, la Chine a dû faire face à un dilemme difficile. En théorie, le pays était classé comme faisant partie du bloc soviétique, en étant de pair avec l'Union Soviétique et orienté hostilement envers les puissances occidentales. Mais en réalité, la Chine devait alors survivre à une double menace, l'une étant la confrontation avec l'Occident, et l'autre qui est l'intimidation de la part son Grand Frère, l'Union Soviétique, qui considérait la Chine comme son rival potentiel et avait peu de foi en elle en tant que son allié.

La Chine était littéralement forcée de jouer un rôle de soutien dans la confrontation bipolaire des superpuissances qui a duré pendant des décennies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En rétrospective, la soi-disant Guerre froide était plus qu'une guerre, c'était une guerre idéologique, plutôt qu'une bataille pour l'hégémonie mondiale. Pour être plus exact, l'hostilité de l'URSS envers la Chine résulterait de son appétit pour dompter la Chine, alors que la tension entre la Chine et les Etats-Unis était essentiellement limitée à la sphère idéologique.

Les puissances occidentales dirigées par les Etats-Unis ont alors été déterminés à secouer et à renverser le « monde communiste autoritaire» avec l'URSS comme son représentant. Pour riposter, l'Union Soviétique a lancé une « guerre de propagande » contre l'ennemi politique à la recherche de l'unité de pensée et d'action à l'intérieur du bloc communiste pour vilipender et à s'en prendre verbalement au système capitaliste et à l'ambition impérialiste, les concepts que les pays Occidentaux soutenaient.

La Chine, tombant l'influence soviétique, n'avait pas d'autre choix que de suivre le mouvement, qui a porté un coup insidieux à la structure fragile de la nation chinoise qui était au bord de la survie. Agir prudemment pour survivre, ce fût un choix judicieux d'une nation affaiblie. Les Chinois sont en aucun cas xénophobes à l'origine, comme l'ont présumé si longtemps les étrangers. Et ils auraient opté tout simplement pour une simple survie, car ils avaient été maintes fois rués de coups par des puissances par le passé et tournés au ridicule à la fois par l'histoire et la réalité.

Cela explique aussi pourquoi les Chinois sont toujours visés pour ne pas avoir assumé la responsabilité en cas de crise. Si on avait fait une étude approfondie de l'histoire moderne chinoise, on aurait pu avoir une meilleure compréhension de la mentalité lâche et paresseuse du peuple chinois, critiquée même par les cyniques comme le célèbre écrivain Lu Xun, qui a ostensiblement divulgué ce côté laid du caractère national des Chinois dans les années 20 en les traitant de « voyeuristes » et oisifs, en regardant la défaite des autres, les souffrances et les effusions de sang, et rejetant même l'idée de l'auto-implication.

Depuis la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle jusqu'en 1949, quand la Nouvelle Chine a été fondée, le pays était tourmenté par des guerres continuelles, des escarmouches civiles jusqu'à plus de 200 fois, si l'on exclut les intrusions extérieures. La nation divisée avec son peuple luttant pour la survie dans la fumée des canons et en étant très dessous du seuil de pauvreté n'avait pas vraiment l'intention de cultiver une culture raffinée, ne pensant qu'à se nourrir. Dans la mesure où la nature humaine était tendue et émasculée, le jugement fondamental du bien et du mal des gens a été déformé et le sentiment de compassion a même été méprisé.

La roue de l'histoire a tourné, et en 1950, grâce aux efforts inlassables déployés par les pionniers du marxisme qui ont participé à l'inauguration de la nouvelle Chine, la nation qui était en proie au désastre a enfin levé les yeux et les perspectives spirituels des gens sont de nouveau apparus. La Chine des années 1950 voyait une nation prometteuse avec une ambiance sociale sans précédent et une population désintéressée et travailleuse. Même aujourd'hui, la génération qui a connu cette décennie heureuse de l'histoire chinoise savoure toujours la rêverie nostalgique du « bon vieux temps».

Toutefois, cette civilisation socialiste était impitoyablement déracinée par la Révolution Culturelle qui a éclaté à la fin des années 1960. La culture chinoise est entrée dans une longue période d'hibernation et la décennie des ravages a non seulement éradiqué la sagesse naturelle, mais a aussi éteint la dernière lueur d'humanité chaleureuse dans la société. La Chine est de nouveau retombée dans la décadence désastreuse jusqu'à la fin des années 1970, lorsque la politique des réformes et d'ouverture a finalement mis la Chine sur le chemin du développement. Même si les années 1980 sont maintenant décrits avec mépris par certains spécialistes comme une période d'adoration de l'argent, accompagnée par l'indulgence effrénée des désirs et des passions humaines, la nation tout entière, pour tout le mal qu'elle a vécu, ressentait l'optimisme avec la croissance économique de plus en plus visible et l'augmentation des revenus des gens.

Mais l'empressement de la Chine d'aller vers le monde extérieur a eu l'effet d'une gifle au visage exactement à la fin des années 1980 à cause de la subversion déjouée par certaines puissances occidentales dans le but de déstabiliser et endiguer la Chine, la nation communiste en pleine croissance étant considérée comme une épine dans leur chair. Pour se défendre et se faire une place parmi les puissances occidentales, la Chine devait se munir d'une arme de Guerre froide pour combattre et dissiper l'influence occidentale, qui a définitivement fait des ravages dans la culture nationale chinoise, tentant de profiter de la situation relativement favorable pour se développer.

La désintégration de l'ex-Union Soviétique en 1991 a en effet été symptomatique de la fin de la Guerre froide. Mais en Chine, son héritage se perpétue et les séquelles de la Guerre froide sont toujours présentes dans la mentalité chinoise, même si ce n'est pas visible au premier regard. Après tout, la blessure qui a été guérie rouvre facilement et elle fait encore mal par mauvais temps. Les étrangers considèrent que la nation chinoise est irritable, même à la moindre provocation, et perçoivent la culture chinoise comme immature en reproduisant toute une génération de ce qu'on appelle «les jeunes en colère » qui méprisent tout ce qui est « étranger » à leur goût. En fait, ce n'est pas plus qu'un moyen de défense, car le pays qui a été jusqu'ici au bord de survie cherchant sa voie dans le labyrinthe du monde désordonné depuis la fin de la Guerre froide, a failli se perdre dans la confusion générale.

Toutefois, lors de la période après la Guerre froide, surtout lorsqu'une nouvelle structure mondiale avec la multi-polarisation est en train de se constituer, la Chine commence à jouer un rôle plus actif sur la scène mondiale, et la mentalité influencée par le passé semble apparemment dépassée. Comme le dit bien un dicton populaire, «l'oubli du passé est une trahison», révélant le temps et la situation. Aujourd'hui, on pourrait toujours se rappeler ce que la Chine avait traversé, mais la jeunesse chinoise a maintenant plutôt tendance à croire que "l'oubli est aussi une libération et un plaisir."

En essayant de réaliser le rêve de revitaliser la Chine, le peuple chinois doit élargir son l'horizon pour embrasser la diversité des cultures, dont la civilisation occidentale. Par ailleurs, il tente d'enrichir sa propre culture en absorbant les plus belles traditions du patrimoine humain commun tout en révoquant l'héritage des traditions désuètes, avec l'espoir que le monde acceptera un jour l'«émergence de la Chine» sous la commande de la justice et la sagesse. Et la Chine est en train de se diriger dans cette direction.

Par Li Hongmei

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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