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Français>>OpinionMise à jour 05.11.2009 13h39
ChiNext sera t-il une réussite ou une catastrophe ?

Les actions du ChiNext, le NASDAQ à la chinoise pour les start-ups ont joué aux montagnes russes lors des deux premiers jours de cote : en flèche au début, elles ont connu un tournant brutal le deuxième jour.

Vingt sur un total de 28 actions ont chuté en dessous de la limite journalière de 10% lors de la fermeture lundi, comparé avec une hausse moyenne de 106,23% jeudi dernier ; le premier jour de cote, chute causée par une demande spéculative subite pour des profits rapides.

Environ 252 600 investisseurs individuels avaient acheté 423 millions de nouvelles actions sur le ChiNext vendredi, soit plus de 97% des nouvelles actions du marché.

Le coefficient de capitalisation des bénéfices moyen (price-earnings ratio) pour les prix de vente publics initiaux tournait autour de 55,70 fois, avant de grimper à 111, ce qui est nettement plus que les 25,98 fois et 37,80 fois des tableaux principaux des Bourses de Shanghai et Shenzhen respectivement.

Cette ouverture exubérante avait conduit à des avertissements de risques dus à une spéculation excessive et des prix d'actions exagérés.

Jin Yanshi, économiste en chef chez Sinolink Securities a dit que ce ratio était trop élevé et que cela était dû à une vague irrationnelles d'achats. D'après lui, cette frénésie devrait petit à petit retomber, et il s'attend à une chute de 30 à 50% de la cote dans une période de trois à six mois.

Les analystes disent que le fait que les nouvelles actions fassent face à la spéculation lors de leur introduction, et avec des gains initiaux conséquents, suivie d'un recul continu, est typique en Chine.

Ainsi, les actions de la China State Construction Engineering Group ont elles grimpé de plus de 60% lors de leur introduction à Shanghai le 29 juillet avec un prix de vente public initial de 4,18 Yuans, qui est monté jusqu'à 6,53 à la fermeture, soit 56,22% de hausse. Lundi, le prix de la même action à la fermeture était de 4,79 yuans.

Cela nous rappelle le lancement de petites et moyennes entreprises à la Bourse de Shenzhen le 25 juin 2004, lorsque les actions de dix titres nouvellement cotés ont monté de plus de 130%. Trois mois plus tard, les prix avaient connu une chute cumulative de 40% par rapport à ce qu'ils étaient lors de la fermeture du premier jour de cotation.

La Chine avait élaboré un projet de lancement en 1999 d'un NASDAQ à la chinoise pour les start-up, afin de doper le développement des petites et moyennes entreprises. Ce projet avait été reporté en 2001 lors de l'éclatement de la bulle Internet aux Etats-Unis.

Depuis 1962, un total de 39 pays ou régions ont lancé 75 bourses de ce style pour les start-up dans le but de lever des fonds. Cependant, la moitié d'entre elles a fermé du fait soit d'un intérêt trop faible pour le marché soit d'irrégularités de contrôle, et seules 41 places étaient toujours en activité fin 2007.

Le Growth Enterprise Market, lancé à Hong Kong en 1999 a, lui, été particulièrement malchanceux, le plongeon de la valeur des titres technologiques en 2001 ayant fait fuir les investisseurs. L'index a chuté de 90% depuis lors.

En contraste, le NASDAQ, établi aux Etats-Unis en 1971 s'est révélé être un exemple réussi, pour avoir réussi à attirer des géants comme Microsoft ou Intel, et il est devenu le marché majeur pour la cotation des entreprises chinoises à l'étranger.116 entreprises chinoises sont actuellement enregistrées au NASDAQ, y compris Baidu.

Les analystes attribuent l'échec de certains marchés principalement à la fixation des seuils d'entrée sur le marché faite de manière aveuglément basse, d'une mauvaise surveillance et de transactions inactives.

La fluctuation sauvage des cours est un défi pour les régulateurs : contrôle de la volatilité d'une bourse nouvellement ouverte, et soucis constants quant à savoir si ce nouveau marché grandira pour devenir un nouveau NASDAQ ou si les débuts éblouissants ne seront en fait qu'un chant du cygne.

Shang Fulin, président de la Commission de régulation des garanties de Chine disait le 23 octobre que faire des affaires sur une nouvelle bourse présentait plus de risques de devenir "irrationnel" que sur les autres bourses.

"Prévenir les risques est notre tâche principale", a-t-il dit. "Nous nous assurons que le risque est bien mesuré, détecté et contrôlé".

La Bourse de Shenzhen a ainsi émis des règles de suspension spéciales afin de bloquer la spéculation. La cotation sera suspendue pendant 30 minutes si les prix des titres chutent de 20% par rapport à leur prix de début. Si un titre fluctue encore au-delà de 50% de son prix d'ouverture, il sera aussi suspendu pendant 30 minutes. La Bourse peut aussi suspendre un titre jusqu'à trois minutes avant le début de la clôture au vu d'une hausse ou d'une baisse de 80%.

Zuo Xiaolei, économiste en chef à la China Galaxy Securities dit que la leçon tirée des échecs de certains marchés a montré que la clé du succès de telles Bourses de start-up résidait dans le renforcement du contrôle, tout en mettant en place des règles, règles destinées à prévenir des spéculations excessives ou des violations de règles.

Le gouvernement devrait mettre en place plus de politiques attractives pour les sociétés à fort potentiel de croissance, afin de renforcer et d'agrandir la bourse, mais le seuil d'entrée sur le marché ne devrait pas être abaissé, disent les analystes.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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