Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>OpinionMise à jour 27.11.2009 17h35
Les taxes commerciales imposées du fait des surcapacités de production chinoises ne sont qu'une « excuse »

Les affirmations d'un réseau européen d'affaires selon lesquelles les mesures de protectionnisme commercial imposées à la Chine seraient un résultat d'une surcapacité de production du pays sont une « mauvaise excuse », a déclaré un expert chinois jeudi 26 novembre.

Du fait d'un plan de relance de 4 milliards de yuans (soit 586 millions de dollars US) annoncé l'année dernière la Chine a produit plus de biens – comme l'acier, l'aluminium, le ciment, les produits chimiques, le pétrole raffiné et des équipements d'énergie éolienne - que nécessaire, a dit la Chambre de commerce européenne en Chine jeudi 26 novembre.

Une surproduction qui a amené la Chine à exporter vers les Etats-Unis et l'Union européenne, qui font face à une pression intérieure croissante pour protéger les emplois dans un contexte de crise financière, ajoute-t-elle.

« Les importations des pays développés continuent de baisser (depuis la crise financière) du fait d'une hausse du taux d'épargne aux Etats-Unis et en Europe, et le fort taux de chômage accentue la pression sur les gouvernements pour prendre des mesures de défense de l'emploi », dit Joerg Wuttke, président de la Chambre.

« La surcapacité de production est un élément moteur de l'augmentation actuelle du nombre des problèmes liés à l'anti-dumping entre la Chine et ses partenaires », poursuit-il.

Mais pour un expert en commerce chinois, ces remarques sont une tentative de justification des mesures commerciales restrictives prises cette année par les Etats-Unis et l'Europe.

« Cette affirmation n'est faite que dans le seul but de défendre leurs propres intérêts », dit Zhou Shijian, analyste au Centre des relations sino-américaines de l'Université Tsinghua.

« Ces pays acceptent volontiers les exportations chinoises quand ils ne peuvent produire suffisamment de biens pour leurs besoins industriels et de consommation quand l'économie va bien, mais ensuite ces mêmes pays, en cas de récession économique, limitent les exportations chinoises », dit-il. « C'est faire deux poids deux mesures ».

De janvier à septembre, 19 pays ont lancé 88 enquêtes sur des produits chinois, concernant une valeur de 10 milliards de yuans en exportations, d'après le Ministère chinois du Commerce.

Ce qui a amené un peu plus tôt ce mois Yao Jian, porte-parole du Ministère, à déclarer que la Chine était devenue une des principales victimes du protectionnisme commercial.

Dans le contentieux le plus lourd en la matière, les Etats-Unis ont décidé mardi de frapper les tuyaux d'acier chinois à destination de l'industrie pétrolière de droits antidumping à hauteur de 16%.

Concernant une valeur de 2,7 milliards de dollars en biens, il s'agit pour l'heure de la plus grosse taxe commerciale imposée par les Etats-Unis à la Chine.

M. Wuttke pense pourtant que d'autres taxes pourraient encore frapper les produits chinois à l'avenir.

« Ce n'est qu'un début. Je pense que plus de mesures frapperont encore la Chine en 2010, et particulièrement à compter du second semestre », dit-il.

Pour M. Zhou, les pays étrangers abusent de leurs droits pour tenir les exportations chinoises à l'écart du marché.

« Quand les pays développés ont besoin de protéger leurs propres industries, ils lancent tout simplement des taxes antidumping ou antisubventions et rejettent les prix offerts par la Chine », dit M. Zhou.

Li Wei, analyste à la Standard Chartered China pense plutôt que les exportateurs chinois ne doivent pas trop s'inquiéter, disant que le problème de surcapacité sera résolu dès que la demande intérieure chinoise repartira.

« Ce n'est qu'un problème à court terme », dit-il. « Il disparaîtra de lui-même dès que l'économie chinoise reprendra son élan ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme