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Français>>OpinionMise à jour 25.01.2010 16h28
« La liberté sur internet » et la diplomatie « Smart power »

Si l'on désire obtenir le double effet de contrôle des « positions dominantes morales » et de la pratique du « pragmatisme », on n'a qu'à chercher le prétexte de la soi-disant « liberté » qui est peut être un excellent choix pour en tirer profit.

Dans son discours prononcé jeudi 21 janvier à Washington, la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a définit les grandes lignes d'une stratégie cybernétique en insistant sur la « liberté sur internet » et elle a mentionné la Chine à quatre reprises en reprochant à la Chine sa politique de contrôle de l'internet et en déclarant que « la diplomatie américaine considérera la promotion des libertés et les visites sans restriction sur internet comme la tâche primordiale de sa politique ».

On peut dire que le cri lancé par la chef de la diplomatie américaine concernant la « liberté sur internet » fait preuve d'une grande originalité et se distingue par un esprit inventif : Je suis pour « la liberté sur internet » et s'il y a quelqu'un qui ose prétendre impudemment le contraire, il devra alors être un opposant à la liberté et en subir les conséquences !

Et cela traduit justement la diplomatie « Smart power » qu'elle préconise au moment où elle venait d'être désignée au poste de Secrétaire d'Etat. Faire la propagande de la « liberté sur internet » tout en occupant les positions dominantes morales est vraiment quelque chose de profitable, car cette manière d'agir ne suscite non seulement pas l'aversion qu'on ressent contre l'ingérence directe dans les affaires intérieures d'autres pays, elle peut au contraire placer ceux qui font l'objet de critique en position morale incommode et inconfortable, car il semble ainsi qu'ils ont tort alors qu'en réalité ils ont raison, ce qui permet de faire une pierre deux coups.

Toutefois, dans le cas où les positions dominantes morales se sont pas justifiées et manquent de soutien réel, il est possible que finalement elles posent les pieds dans le vide et s'écroulent. Citons l'exemple des attaques subies par Google, avant d'appeler la Chine à mener "une enquête minutieuse sur les intrusions informatiques", les Etats-Unis ne devront-ils pas auparavant enquêter sur les cyber-attaques lancées les hackers de leur propre pays : dernièrement, après avoir été attaqué, Baidu, le moteur de recherche numéro un du secteur en Chine a déposeé plainte devant un tribunal américain à New York contre la société Register.com Inc, qui héberge son nom de domaine.

Voyons un peu la contradiction qui existe entre la politique étrangère et la politique intérieure en matière de la « liberté sur internet » des Etats-Unis : En effet, de nombreuses lois restreignent les libertés des Américains sur Internet, au nom de la lutte contre la pédophilie, la « Loi américaine de protection des enfants sur internet » prescrit que toutes les ressources publiques de l'internet américain doivent être munies de logiciel filtrant anti-pornographique ; pour faire face au piratage sur web, le ministère américain de la Défense a mis sur pied spécialement un quartier général en vue de la guerre sur internet ; dès après les attentas du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont réagi immédiatement en appliquant la fameuse loi « Patriot Act », laquelle stipule que la police a le droit d'écouter sans prévenir la communication téléphonique des citoyens et de fouiller dans leurs notes des messages électroniques ; aux Etats-Unis, dans de nombreuses villes et régions, la Télévision Al Jazerra, qui diffuse souvent les discours de Ben Laden, fait l'objet de filtration en raison de ses propos qui « blessent le sentiment du peuple américain » ……

Ce qui prouve qu'en aucun cas, l'invocation de la liberté ne signifie pas qu'on peut agir à sa guise et se croire tout permis, car dans notre monde actuel, tout doit être conforme à la loi et à l'ordre et cela la condition préalable essentielle de la « liberté sur internet ». D'un côté, on contrôle sévèrement et rigoureusement l'internet dans son propre pays, et de l'autre côté, on demande aux autres pays d'établir une « liberté utopique sur internet », cela est complètement une attitude à double critère.

La réalité démontre que ce genre de « liberté sur internet » à deux poids deux mesures, utilisé partout pour faire de la propagande, est seulement une sorte de moyen diplomatique ainsi qu'une imagination chimérique de la liberté.

Dans l'époque de l'internet, la politique internationale dépasse déjà l'espace géographique et l'espace spatial pour s'étendre jusqu'à l'espace internet, alors que la souveraineté nationale, de l'espace territorial et de l'espace aérien s'est étendue jusqu'aux « frontières informatiques ». Le contrôle de la souveraineté de l'internet et de l'informatique ainsi que la préservation et la protection du droit dominant à la parole sur l'internet sont devenus des sujets de discussion d'importance pour la diplomatie internationale. En tant que lieu d'origine de l'internet et pays le plus développé en matière d'utilisation de ce dernier, les Etats-Unis, qui ont choisi la « diplomatie de l'internet », ont trouvé un champ de bataille qui leur est le plus favorable et qui leur permet d'agir à leur gré.

On peut citer les exemples suivants : l'amiral Gary Roughead, commandant en chef de la marine américaine, a décrit le monde internet comme un « champ de bataille » ; le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates a déclaré que les outils de réseau social et de micro-blog, dont Twitter, constituent pour les Etats-Unis des « biens stratégiques » d'importance primordiale ; déjà en 2002, les Etats-Unis ont fondé une unité combattante d'hackers de l'internet, la première de son genre dans l'histoire du monde ; le Département de la Défense des Etats-Unis a publié le « Rapport d'appréciation des missions à accomplir dans les quatre ans à venir », dans lequel il est souligné que les " principaux combats internet " doivent être considérés comme la capacité clé " des formes armées américaines.

Dans le cas où les Etats-Unis prônent comme ils le disent la « liberté sur internet », souhaitent réellement considérer « l'internet sans restrictions » comme une " marque nationale " et désirent vraiment que l'on voit un internet ayant seulement une « haute et pleine mer » et non pas des « eaux territoriales », alors pourquoi continuent-ils toujours à détenir et à maîtriser solidement dans leurs mains le terminal des serveurs ? Et comment expliquer la déclaration grandiloquente de Microsoft qui annonce le fin du service MSN Messenger dans cinq pays, dont le Cuba, l'Iran, la Syrie, le Soudan et la Corée du Nord ? Et selon une source bien informée, pour soutenir les manifestations antigouvernementales en Iran, les autorités officielles américaines ont même suggéré à Twitter de retarder le renouvellement des serveurs.

D'où il ressort que pour les Etats-Unis, que ce soit le « hard power », le « soft power » ou le « smart power» ou bien que ce soit le « gourdin des droits de l'homme », l' « exportation de la démocratie » ou la « liberté sur l'internet », ce sont tous des moyens qui se changent fréquemment ayant derrière eux un simple et seul objectif : la préservation et la protection des intérêts privés et égoïstes des Etats-Unis.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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