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Français>>OpinionMise à jour 24.02.2010 08h23
Relations sino-africaines : « The Dragon's Gift: The Real Story of China in Africa »

L'Afrique a été toujours considérée par les pays occidentaux comme leur sphère d'influence traditionnelle. C'est pourquoi lorsque les relations sino-africaines connaissent ces dernières années un développement rapide et vigoureux, certains gens de ces pays pensent que la Chine veut arracher une « part de leur gâteau » et s'indignent pour cela. Ils répètent alors à cor et à cri que celle-ci vient en Afrique pour s'emparer et s'approprier de ses ressources naturelles, pour briser les industries locales, pour détruire l'environnement écologique et pour soutenir le totalitarisme local et les pouvoirs et les pouvoirs despotiques. Ils accusent en outre la Chine d'enfreindre le code de travail et d'opprimer et d'exploiter les travailleurs locaux. Deborah Brautigam, professeur à American University vient de faire publier son nouveau livre intitulé « The Dragon's Gift: The Real Story of China in Africa » (en français : Les cadeaux du Dragon : la véritable histoire de la Chine en Afrique) qui réfute les propos selon lesquels la Chine pratique le « néocolonialisme » en Afrique.

La coopération tous azimuts entre la Chine et l'Afrique.

Ces dernières années, la Chine a augmenté rapidement et considérablement ses investissements en Afrique et surtout dans le domaine énergétique. L'importance accordée par la Chine à l'approvisionnement en énergie est considérée par de nombreux analystes et commentateurs comme elle est son principal et primordial objectif en s'introduisant sur le continent africain. Deborah Brautigam pense que le pétrole et les produits miniers occupent effectivement une place importante dans la stratégie de la Chine en Afrique, mais que l'énergie ne constitue pas le principal domaine de ses investissements, car selon les statistiques établies, dans le volume global du pétrole exporté par l'Afrique en 2006, la Chine en occupe seulement 8,7%, ce qui est de loin inférieur à la part occupée respectivement par l'Europe (36%) et par les Etats-Unis (33%).

Elle indique : De nombreuses preuves démontrent que les investissements de la Chine en Afrique couvrent divers et différents domaines, dont la réalisation de projets d'infrastructure. D'après mes estimations, la Chine a conclu ces dernières années avec des pays africains des contrats de construction d'infrastructure dont les montants dépassent de loin ceux des autres contrats. En 2008, par exemple, des sociétés chinoises ont signé avec leurs partenaires africains des contrats dont le montant total atteint 40 milliards de dollars US. »

Deborah Brautigam poursuit en faisant remarquer que la coopération sino-africaine revêt un caractère tous azimuts, tandis que la coopération énergétique est seulement un domaine qui fait partie de la coopération globale. Puis, elle cite les propos d'un diplomate nigérian qui a dit : « La Chine est en train de faire des efforts pour s'introduire dans différents et divers domaines de notre économie, tandis que pour l'Occident, il s'intéresse depuis toujours au seul pétrole, pétrole …… et toujours le pétrole ! »

Concurrence sur le même pied d'égalité entre les entreprises chinoises et les entreprises africaines.

Certains des détracteurs de la Chine affirment que les produits industriels exportés par la Chine en Afrique brisent et détruisent les industries locales. Deborah Brautigam repousse ce raisonnement et prouve sa fausseté en signalant des faits qui viennent des enquêtes qu'elle a menées elle-même dans plusieurs pays africains.

Au Nigéria, elle a visité une usine de fabrications de produits en plastique d'une certaine ampleur et elle a été surpris et étonné du travail excellent exécuté par les ouvriers. Elle a demandé alors au patron nigérian : « J'ai toujours entendu dire que l'industrie plastique de votre pays a été détruite par l'invasion de produits importés de la Chine. Mais je voie que vous continuez à travailler et pas mal. Mais comment avez-vous pu maintenir votre production ? Et comment vous réussissez à concurrencer avec les Chinois ? ».

Le patron lui a répondu : « Nous payons aux ouvriers le même salaire que celui des entreprises chinoises et notre coût de revient de la production est à peu près le même que celui de ces dernières. Nos équipements mécaniques sont importés de la Chine, ce qui fait que notre technique est relativement avancée. D'autre part, notre pays dispose de ressources pétrolières nécessaires à la fabrication du plastique et nous possédons en plus de nombreux réseaux de distribution qui couvre tout notre territoire national et celui des pays voisins. Avec toutes ces conditions favorables, pourquoi ne pouvons-nous pas concurrencer avec les Chinois ? ».

Quant à certaines autres industries, dont le textile, poursuit Deborah Brautigam, elles souffrent effectivement de la concurrence des produits industriels importés, mais le problème existe depuis longtemps et il n'est pas dû seulement aux importations chinoises. Les pays africains ont commencé à accorder encore plus d'importance au commerce extérieur à partir du milieu des années 90 du siècle dernier et c'était à ce moment-là que l'industrie textile locale a commencé à souffrir de l'afflux en grande quantité de produits textiles importés d'un grand nombre de pays étrangers et cet état de chose dure depuis quinze ans environ et il continue à se maintenir actuellement.

L'aide chinoise comprime et restreint la corruption.

Les relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique ont commencé à être établies dans les années 50 du siècle dernier. Au début, c'était la Chine qui apportait son fort et grand soutien au mouvement d'indépendance sur le continent africain. Puis, à partir des années 60, avec l'augmentation du nombre de pays africains qui reconnaissent la Chine nouvelle et qui établissent des relations diplomatiques avec elle, la Chine commença alors à leur procurer toutes sortes d'aide et de soutien économique et technique et a dépêché dans ces pays de nombreux travailleurs pour les aider à réaliser des projets de construction. D'après Deborah Brautigam, ce genre d'aide est différent de la donation et de l'offrande, car le mode adopté par la Chine pour accorder son aide et pour investir dans des projets commerciaux contribue à limiter et à restreindre la corruption.

Elle dit : « Comparaison faite avec les prêts fournis à l'Afrique par les pays occidentaux, il est beaucoup plus difficiles de détourner et de s'approprier de la grande quantités de crédits accordés par la Chine. Car ce modèle d'installations d'infrastructure soutenu par les ressources naturelles offre un type de mécanisme restrictif et contraignant. Pour parler plus clairement, c'est que d'après l'accord de crédit, il est prescrit que les projets de construction d'installations d'infrastructure qui bénéficient des prêts accordés par la Chine seront réalisés par des entreprises chinoises. Ainsi, les fonds sont consacrés uniquement aux dépenses nécessaires à la réalisation des projets. Des dizaines d'années auparavant, le Japon avait adopté ce même moyen pour allouer à la Chine des crédits destinés à des projets d'exploitation. »

Les Occidentaux imputent à la Chine la crise humanitaire qui a éclaté dans la région de Darfour, au Soudan. Deborah Brautigam indique que l'ingérence de la Chine dans les affaires intérieures de pays africains est beaucoup moindre qu'on le croit. Les représentants spéciaux des Etats-Unis sur le problème de Darfour, désignés respectivement par les Présidents américains Georges Bush et Barack Obama, ont déclaré que la Chine joue un rôle positif dans le règlement de ce problème.

Deborah Brautigam souligne que l'aide apportée à la Chine à l'Afrique est différente de celle de l'Occident. Compte tenu du parcours de son propre développement, la Chine est dotée d'idées sur le développement différentes avec celles de l'Occident. C'est pourquoi elle n'agit pas comme celui-ci et ne donne pas des leçons à l'Afrique ni ne lui prescrive pas d'‘ordonnance'. Les pays occidentaux pensent qu'ils savent comment l'Afrique doit parvenir à la prospérité, mais en même temps, ils changent fréquemment leur « ordonnance », ce qui fait que les Africains sont désorientés et ne savent plus comment faire. « Des années passent et nous, les Occidentaux, nous avons toujours dans la tête une conclusion finale qui nous pousse à donner des instructions aux Africains, » dit-elle, « tandis que la Chine a des astuces beaucoup plus simples, à savoir ‘Si l'on désire s'enrichir, il faut commencer par la construction de routes' et ‘Il faut considérer l'agriculture comme base et l'industrie comme facteur dominant', et c'est la raison pour laquelle la Chine concentre ses efforts en aidant les pays africains à réaliser un grand nombre d'installations d'infrastructure et en y investissant dans les domaines de l'agriculture et de l'industrie. »

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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