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Français>>OpinionMise à jour 05.03.2010 14h00
Explication du « miracle chinois » du point de vue économique

L'économie chinoise a connu ces trente dernières années un développement extraordinaire et on ne peut décrire ce succès exceptionnel qu'en utilisant le mot « miracle ». Durant ces trois décennies, plus de vingt millions d'habitants du pays se sont débarrassés de la pauvreté et de la misère. La Chine a réussi dans un laps de temps aussi court à apporter sa plus grande contribution à l'œuvre mondiale de diminution de la pauvreté.

Les problèmes que j'essaie d'élucider sont les suivants : Pourquoi la Chine a-t-elle pu, depuis l'application en 1979 de sa politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur, à obtenir un tel succès remarquable et exceptionnel ? Pourquoi n'a-t-elle pas pu remporter un semblable succès durant les trente années précédant la réforme ? Pourquoi les autres entités économiques socialistes et les entités économiques non socialistes qui ont entrepris des réformes n'ont pas réussi à réaliser de semblables succès ? Et pourrons-nous conclure certaines expériences acquises par la Chine dans son développement et dans sa transition et les fournir aux autres pays en voie de développement pour qu'ils puissent les utiliser comme référence et essayer de réaliser un tel développement économique ?

Pour ce qui est du premier problème, nous savons tous que depuis la première révolution industrielle qui a eu lieu au 17ème siècle en Angleterre, la croissance économique durable a toujours dépendu de l'innovation technique continuelle et de la réorganisation structurelle industrielle. La Chine a commencé son processus de modernisation en 1949. Elle était un pays ayant pris du retard dans ce domaine, mais pouvant mettre pleinement en valeur les avantages de son départ tardif. En étudiant le parcours de la croissance chinoise à partir de 1979, on remarque qu'elle a bien su utiliser les avantages de son départ tardif en diminuant autant que possible le coût de revient de l'innovation. Puis, elle s'est employée à réaliser graduellement ses objectifs suivant : montée en génération des techniques, montée en gamme des industries et montée vers le haut du système social et économique.

Mais ce qu'on ne comprend pas c'est que cette potentialité de la Chine quant aux avantages de son départ tardif existe déjà dans les années précédant 1979, alors pourquoi durant les trente années allant de 1949 à 1979 le développement de son économie était-il toujours dans le marasme ? D'après moi, je pense qu'à ce moment-là, elle ne savait pas comment utiliser ce genre de potentialité. La première génération des dirigeants de la Chine nouvelle étaient des révolutionnaires qui souhaitent transformer rapidement la Chine en un pays modernisé. A cet effet, ils ont tenté d'établir, sur la base de l'économie agricole, des secteurs de production capitalistiques ou des secteurs à haute densité technologique comme dans les pays à revenu élevé. Mais, le problème c'est que l'avantage de l'économie agricole réside dans l'abondance de la main-d'œuvre, alors qu'il lui manque des capitaux. Par conséquent, le secteur que désire le gouvernement lui accorder son soutien pour son développement allait justement à l'encontre de la supériorité comparative de la Chine. Dans un marché ouvert et concurrent, ce genre de secteurs n'ont pas la capacité de survivre eux-mêmes et pour les protéger et les subventionner, le gouvernement était obligé d'employer toutes sortes moyens pour contrôler abusivement les prix et ces moyens entraînent l'insuffisance et le manque qui continuent à obliger le gouvernement à utiliser divers moyens de distribution pour mobiliser des ressources destinés à ce genre d'entreprises. En utilisant ces moyens-là, le gouvernement pouvait effectivement établir des secteurs auxquels a été accordée la priorité au développement, mais la répartition de ressources était erronée pour l'ensemble de l'économie tandis que le mécanisme de stimulation, placé sous contrôle, était contenu et maîtrisé.

Alors pourquoi les autres entités économiques du monde qui ont entrepris la réforme et la transition n'ont-elles pas pu avoir un aussi bon comportement ? Dans un grand nombre de pays, au début de la réforme, ils n'ont pas compris qu'un tel contrôle abusif de prix est en fait un produit intérieur, car ces moyens ont pour but de protéger les entreprises incapables de survivre elles-mêmes et qui figurent parmi les secteurs à qui il a été accordé la priorité au développement. Et si l'on supprime tout de suite ces moyens de contrôle abusif, le résultat serait que ces secteurs s'effondraient très rapidement. Sans aucun doute, ce résultat provoquerait et aggraverait le chômage, le mécontentement social ainsi que la diminution du PIB. Pour ne pas aggraver ce genre de problèmes sociaux, certains pays utilisent alors des moyens dissimulés pour continuer à subventionner les entreprises en question dont le rendement de travail deviendra alors de plus en plus bas. La Chine, quant à elle, a pris conscience de cela et a adopté une méthode appelée « régime de double rail » (ou « régime à deux vitesses »). D'un côté, elle continue à fournir aux entreprises incapables de survivre elles-mêmes mais qui figurent parmi les secteurs prioritaires une protection transitoire. De l'autre côté, pour ce qui est des secteurs dont elle dispose d'un avantage comparatif, dont par exemple le secteur à haute intensité de travail, elle leur accorde la liberté de droit d'accès. C'est ainsi que la Chine a réussi à réaliser en même temps et la stabilité et une croissance vigoureuse et puissante. La croissance a créé petit à petit des conditions favorables permettant à la Chine de réformer les secteurs qui ne disposent pas d'avantages comparatifs. C'est dans cette situation-là que s'est avancée pas à pas vers l'économie du marché.

Maintenant, réponse au dernier problème : les autres pays en voie de développement pourront-ils réaliser de semblables succès ? La réponse est évidente : tous les pays en voie de développement ont cette même chance qu'ils doivent saisir. La Chine peut leur fournir certaines expériences qu'elle a acquises : c'est-à-dire le moyen de progression graduelle et le régime à deux vitesses. L'introduction d'entreprises privées et l'investissement direct étranger apporteront un processus de développement dynamique et les vieilles et anciennes entreprises subiront petit à petit des réformes et je pense que ces dernières pourront réussir dans le processus de transition. D'après moi, cela est un apport et une contribution de la Chine pour le monde entier et une connaissance approfondie du défi de la modernisation ainsi que du défi de la transition et de la réforme.

L'auteur est Justin Yifu Lin, économiste en chef et vice-président directeur de la Banque mondiale.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
vraiment tous que je peux dire chàpeauuuuuuuuuuuuuuuuuuuu à chinois
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