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Français>>OpinionMise à jour 16.03.2010 15h45
La culture d'Amflora fait beaucoup de tapage en Europe

« Les Européens sont conscients que la surabondance et le coût bas des denrées alimentaires ne peuvent pas durer une éternité. Selon les estimations, la population mondiale s'accroîtra à 9 milliards en 2050, ce qui nécessite une augmentation céréalière de 70%. C'est la raison pour laquelle il est d'une importance primordiale pour nous de mener des recherches sur les variétés d'aliments transgéniques revêtant des qualités particulières telles que la résistance à la sécheresse. »

-- George Swain, chercheur au Centre d'étude des politiques européennes (CEPS), l'un des trois plus importants think tanks installés à Bruxelles.

« Vous vous opposez fermement aux aliments transgéniques. C'est votre droit. »

-- José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne.

Lors du débat engagé le 9 mars entre le groupe des Verts/Alliance Libre Européenne et José Manuel Barroso, ce dernier a félicité l'élan d'enthousiasme de ses interlocuteurs du groupe qui brandissaient une banderole sur laquelle est écrit le slogan « Pour une Europe non transgénique ! » et a en même temps lancé la parole ci-dessus.

Le 2 courant, la commission européenne a annoncé qu'elle autorise les pays membres de l'Union européenne (UE) à cultiver Amflora, une variété de pomme de terre féculière transgénique créée par la société BASF Plant Science, filiale du groupe chimique allemand BASF et c'est la première fois depuis près de treize ans que l'UE donne son « feu vert » à la culture d'OGM (Organismes Génétiquement Modifiés). Une telle autorisation a immédiatement provoqué au sein de l'UE une violente protestation et un vif débat.

« C'est la nourriture des excentriques scientifiques »

Les aliments transgéniques sont largement répandus et acceptés aux Etats-Unis, tandis qu'en Europe, ils inspirent du dégoût et de l'aversion, car les Européens les considèrent comme « nourritures des excentriques scientifiques, bizarres, étranges et extravagants ».

Toutefois, la Commission européenne ne le pense pas ainsi et elle ne croit pas que la pomme de terre transgénique Amflora pourrait nuire à la santé et à l'environnement.

Lors d'une conférence de presse, le Commissaire européen à la santé et à la protection des consommateurs John Dalli, plein de confiance, a lancé : « L'innovation responsable, tel sera mon principe directeur en matière de technologies innovantes. Après un examen complet et approfondi des cinq dossiers OGM qui étaient en attente, il m'est apparu évident qu'aucune nouvelle question scientifique n'avait besoin d'être analysée plus avant. Toutes les questions scientifiques, notamment sur le plan de la sécurité, ont été scrupuleusement examinées. Tout ajournement de décision aurait vraiment été injustifié. »

La Commission européenne a promis que la pomme de terre transgénique Amflora ne fera pas son apparition sur la table à manger des habitants de l'Europe, car la culture de cette variété de pomme de terre a pour principal but l'extraction d'amidon qui sera utilisé comme matière première dans la fabrication industrielle optimisée du papier, du textile et des adhésifs, alors que les variétés conventionnelles imposent une séparation coûteuse de l'autre forme d'amidon, l'amylose. De plus, les produits dérivés de l'extraction d'amidon pourront être utilisés pour l'alimentation animale. La nouvelle variété de pomme de terre qui résulte d'une modification génétique est composée quasi-exclusivement d'amylopectine, ce qui permet une fabrication optimisée de cette matière première riche en amidon, ce qui pourra simplifier le processus technologique de la fabrication de l'amidon utilisé dans la production industrielle, ainsi qu'économiser la matière première, l'énergie, l'eau et les autres produits chimiques complémentaires.

Les opposants critiquent l'égoïsme des gouvernants qui aspirent uniquement au profit.

Cependant, toutes ces qualités d'Amflora n'ont pu convaincre la grande majorité des Européens qui continuent à nourrir doute et suspicion à l'égard des aliments transgéniques. Ladite décision de la Commission européenne a suscité une violente réaction et opposition de la part des organisations pour l protection écologique et de certains des pays membres de l'UE.

Les opposants insistent surtout sur les risques des aliments transgéniques quant à la santé et à l'environnement. Ils affirment que les cultures transgéniques nuisent énormément à la diversité biologique et diminuent considérablement l'immunité naturelle des végétaux contre les maladies dues aux ravages des insectes nuisibles. En plus, il sera difficile d'empêcher la pollinisation croisée des cultures transgéniques et des cultures non-transgéniques.

Quant à Heike Moldenhauer, porte-parole de l'organisation pour la protection de l'environnement FOEI (Friends of the Earth International) (en français : amis de la terre international), il a déclaré que jusqu'ici il n'y a aucune conclusion finale quant à la sécurité des aliments transgéniques, c'est pourquoi la décision de la Commission européenne « place le profit avant la santé de la population », alors que « la pomme de terre transgénique porte en elle un microbe résistant aux antibiotiques qui donne lieu à la controverse et au litige ». Jusqu'à présent, a-t-il ajouté, on ne peut pas garantir que cette espèce de microbe ne s'introduise pas dans la chaîne alimentaire de l'être humain.

Le sentiment hostile envers les aliments transgéniques est exprimé le plus violemment dans plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne, l'Autriche, l'Italie, la Bulgarie, la Grèce et la France.

Bien que la Commission européenne ait donné son « feu vert » à la culture de la pomme de terre transgénique Amflora, mais les pays membres de l'UE ont toujours le droit de décider chacun s'il est pour ou contre la culture de cette espèce de pomme de terre à l'intérieur de son pays.

Le gouvernement italien a été le premier à se dresser contre l'autorisation de la culture d'Amflora en déclarant que « non seulement il désapprouve cette décision, mais qu'il insiste en plus son indépendance dans le traitement de ce genre de problème ». L'Autriche interdit formellement la culture sur son territoire de la pomme de terre transgénique Amflora. La France a déclaré de son côté qu'elle mettra sur pied un groupe d'enquête qui sera chargé spécialement d'étudier la sécurité de la culture de cette variété de pomme de terre. Quant à l'Allemagne, qui est le pays d'origine du groupe chimique allemand BASF, son gouvernement a déclaré que la culture d'Amflora sera autorisée seulement sur de petites surfaces de terrains dans la partie orientale du pays.

Auparavant, l'UE a autorisé en 1998 la culture du maïs transgénique MON810 de la société américaine Monsanto. Toutefois, dans le souci d'assurer une sécurité maximale, six pays membres de l'UE, dont l'Autriche, la France, l'Allemagne, la Grèce, la Bulgarie et le Luxembourg, ont interdit successivement la culture de ce genre de maïs transgénique.

Le refus des aliments transgéniques est lié à des intérêts commerciaux.

« Le degré d'acceptation des aliments transgéniques est relativement bas en Europe et la raison principale c'est qu'on considère, à l'endroit de ce genre d'aliments, qu'ils constituent des menaces latentes pour la sécurité alimentaire et pour la protection écologique. Jusqu'à présent, il n'y a aucune conclusion scientifique qui permet de rassurer et de tranquilliser les gens », a déclaré Tian Dewen, chercheur à l'Institut d'études européennes de l'Académie des Sciences sociales de Chine, qui donnent des explications sur la « réticence » et le « refus » en Europe des aliments transgéniques.

La sécurité alimentaire a été depuis toujours l'une des principales sensibles préoccupations des populations européennes. L' « Eurobaromètre », un ensemble d'études menées au sein de l'Union européenne, a effectué en 2008 une enquête qui a démontré que 52% des Européens pensent que la science et la technique biologiques ont amélioré la qualité de leur vie, mais 58% des personnes interrogées éprouvent le doute et la crainte quant à l'utilisation de la technique biologique dans l'exploitation de denrées alimentaires transgéniques.

Tian Dewen a poursuivi en disant qu'en dehors de l'inquiétude pour la sécurité alimentaire, le refus depuis toujours de l'UE à l'égard des aliments transgéniques tient compte également des intérêts commerciaux.

« Au sein de l'UE qui applique une politique agricole commune, les gouvernements donnent forcément leur aide et leur appui à l'agriculture et lui accorde une subvention considérable, ce qui fait que la compétitivité de celle-ci dans le monde est relativement faible, alors que les aliments transgéniques disposent de beaucoup d'avantages, dont coût bas et production élevée et c'est pourquoi l'UE limite strictement l'importation de denrées alimentaires transgéniques. », a-t-il dit.

A l'heure actuelle en Europe, les cultures transgéniques occupent seulement une part minime de 0,12% dans le volume agricole global de l'UE. La plupart de ce genre de culture existe en Espagne. Dans notre monde actuel, la surface des cultures transgéniques représente seulement une quote-part de 0,08% dans le monde.

Comment briser le tabou concernant les cultures transgéniques ?

Cependant, face à la grande pression venue des opposants, pourquoi la Commission européenne fait tout pour sortir de l'‘impasse en brisant les stéréotypes' ? L'une des principales raisons c'est que l'étude, le développement et la généralisation de l'agriculture transgénique sont devenus petit à petit un important courant mondial.

Citons l'exemple du soja dont la demande est énorme et colossale en Europe. Pour satisfaire leur besoin en cette plante comestible, les pays européens sont obligés de l'importer, tandis qu'actuellement dans le monde, 75% à 80% du soja est de la variété qui a subi une transformation et une amélioration transgéniques. D'après le règlement établi par l'UE, pour n'importe quel produit agricole, si sa transformation génétique dépasse 0,9% de la quantité de ses propres gènes, il sera considéré alors comme aliment transgénique. C'est pourquoi dans la plupart des cas, le soja importé ne répondant pas à la norme européenne est renvoyé d'où il vient et cela provoque de nombreux conflits qui ne peuvent être réglés qu'en justice.

Le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui en a marre de ce genre de conflits, a déclaré à plusieurs reprises qu'il souhaite organiser au sein de l'UE un débat « scientifique non sentimental » sur les denrées alimentaires transgéniques.

Avant d'annoncer l'introduction de pomme de terre transgénique, José Manuel Barroso, un « authentique défenseur » des aliments transgéniques, a convoqué plusieurs réunions auxquelles ont participé les représentants des vingt sept pays membres de l4UE et il a promis qu'il fera tout pour rompre l'impasse politique concernant le problème transgénique.

Les lobbys commerciaux ne sont pas restés inactifs et ils jouent leur rôle en donnant l'avertissement suivant : l'UE payera cher dans le cas où elle continue à refuser les aliments transgéniques, car si les agriculteurs n'arrivent pas à maîtriser les nouvelles techniques agricoles économiques, ils se trouveront alors dans une position défavorable face à la concurrence internationale, tandis que pour les entreprises, il leur manquera un important mobile qui les incite à entreprendre l'étude et le développement de la technique biologique.

« Nous avons encore un long chemin à parcourir pour pouvoir rattraper les Etats-Unis, le Brésil, l'Inde et la Chine qui avancent côte à côte tout en menant les recherches sur l'ingénierie transgénique. Nous avons déjà perdu des scientifiques éminents dans ce domaine. », a déclaré le Secrétaire général de l'Association Européenne des Bioindustries (EuropaBio) Willy de Greef.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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