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Français>>OpinionMise à jour 17.03.2010 17h18
« Arrogance » des Chinois ou bien « présomption » de certains Occidentaux ?

Pour ce qui est des relations entre l'Orient et l'Occident, on a exploré et débattu depuis longtemps sans pouvoir tirer jusqu'ici une conclusion nette et claire. Ces derniers temps, les Chinois ont remarqué que tout d'un coup les médias occidentaux les dépeignent et les décrivent d'une autre manière et que leur aspect a complètement changé : l'ancienne nation qui considère la modestie et la pondération comme des vertus devient subitement « arrogante » et « insolente ».

L'hebdomadaire allemand « Der Spiegel » a publié dernièrement un article intitulé « La Chine arrogante », dans lequel la réaction de la Chine face à la rencontre du Président américain Obama avec le Dalai lama et à la vente d'armes par les Etats-Unis à Taïwan est décrite comme l'« assurance hautaine et orgueilleuse du gouvernement chinois ». Il y est dit que la raison de cette arrogance c'est que les Chinois considèrent qu'ils sont les seuls vainqueurs dans la lutte contre la crise économique mondiale et qu'ils sont bouffis d'orgueil en croyant que leur pays exercera dans les années futures une « hégémonie économique» dans le monde.

Auparavant, la presse occidentale a déjà publié en série des articles critiquant l'« arrogance » et l' « insolence » de la Chine. Le quotidien américain « USA Today » se plaint de ce que « la Chine dresse des obstacles pour empêcher la communauté internationale de sanctionner l'Iran ». Le quotidien national français « Le Figaro » déclare de son côté que le rêve que le monde caressait en espérant qu'après son ouverture économique à l'extérieur la Chine ferait preuve de courtoisie et d'affabilité envers les autres pays du monde est brisé. Quant au « Le Monde » un autre quotidien national français, il appelle au « durcissement d'attitude face à l'intransigeance de la Chine », car « la faiblesse ne peut qu'encourager l'arrogance démesurée des Chinois ».

Des officiels chinois ont répondu avec calme mais avec fermeté aux incriminations injustes et mal fondées du soi-disant « durcissement » de la diplomatie chinoise. Lors d'une conférence de presse, le Ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a martelé mot à mot en disant : « Le maintien ferme et résolu de la position de principe et l'arrogance qui fait montre de mépris et d'agressivité sont deux choses complètement différentes. Pour ce qui est des rapports et des contacts entre pays, l'important c'est de voir si l'on a la justice et la raison de son côté. ».

Les savants et les spécialistes indiquent également que vu de la stratégie extérieure chinoise d'ensemble, la Chine n'est aucunement « intransigeante » et encore moins « arrogante ». Yu Wanli, professeur assistant à l'Institut des relations internationales de l'Université de Beijing a déclaré que la diplomatie chinoise applique toujours la politique suggérée par Deng Xiaoping, laquelle consiste à « se tenir dans l'obscurité en guettant l'occasion favorable et à agir quand il le faut », car la diplomatie chinoise doit tenir compte de la situation d'ensemble du développement et de la stabilité du pays. « La différence avec le passé c'est que les intérêts de la Chine et les intérêts du monde entier se resserrent et se mélangent de plus en plus. La puissance de notre pays se renforce constamment et le monde entier s'intéresse de plus en plus à la Chine et à ce qu'elle dit. Toutefois, il y a des gens qui ne peuvent s'habituer au changement de la situation, qui veulent maintenir les choses à leur état originel et qui se bouchent les oreilles pour ne pas écouter les demandes et les plaintes des Chinois qu'ils considèrent comme désagréables et déplaisantes. »

Li Yihu, député à l'Assemblée populaire nationale et spécialistes en matière des relations internationales, a indiqué que l'incrimination contre la soi-disant « arrogance » de la Chine ne tient aucunement compte de l'attitude positive de la Chine qui participe activement aux affaires internationales et qui s'acquitte consciencieusement de ses obligations internationales. « Avec le renforcement de sa puissance, la Chine s'est toujours appliquée à remplir ses obligations envers la communauté internationale en participant activement aux opérations internationales de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU, en envoyant des équipes de secours en Haïti malgré que les deux pays n'ont pas encore établi des relations diplomatiques, en participants aux opérations visant à combattre les pirates somaliens, à contribuer par tous ses efforts à la poursuite des pourparlers à six et en participants aux efforts du monde entier en vue de combattre et de se débarrasser de la crise financière et économique internationale. »

« Tout cela montre que la Chine désire devenir un membre responsable de la communauté internationale et que ce souhait est reconnu et accepté par les masses populaires chinoises. », a-t-il dit.

Sur le plan des échanges économiques et commerciaux, les PDG de certaines entreprises multinationales commencent à se plaindre de ce que dans leurs rapports avec des fonctionnaires chinois et avec leurs partenaires chinois, ils remarquent que ces derniers sont devenus plus prétentieux et plus sûrs de soi, ce qui est une contraste frappante et saisissante avec leur comportement dans le passé où ils se montraient chaleureux et obséquieux et où ils satisfaisaient toutes les demandes des étrangers.

Abordant ce sujet, Gong Jianhua, député à l'Assemblée populaire nationale et Maire de la ville de Yichun, de la Province du Jiangxi, a affirmé que cela est une fausse interprétation. « Le développement de notre pays est arrivé à ce stade-là et le besoin en capitaux étrangers n'est plus comme avant où ‘tout légume peut être ramassé pour remplir le panier', car il nous faut maintenant procéder au choix de ce que nous avons besoin en tenant compte du développement régional et local. Ce n'est aucunement de l'arrogance ni de l'insolence, car c'est la preuve de l'autonomie et de l'autodétermination. », a-t-il insisté.

Il a poursuivi en disant : « Les étrangers qui souhaitent déplacer en Chine les projets qu'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas réaliser et développer dans leur pays respectif ou qu'ils ne trouvent pas des gens qui consentent à les accomplit, il serait possible qu'ils essuieraient un refus de notre part et je crois que cela est un changement tout à fait normal. »

Quant à Zeng Qinghong, député à l'Assemblée populaire nationale et Directeur général du Groupe de construction automobile du Guangdong, il pense que le développement de l'industrie automobile chinoise peut expliquer tout cela, car cette industrie, qui était au début réalisée avec des capitaux mixtes étrangers et chinois, a rencontré beaucoup de problèmes et de difficultés, mais elle a quand même pu les surmonter en produisant des marques autonomes. C'est pourquoi, a-t-il dit, notre objectif est de passer par l'introduction de capitaux étrangers et de production étrangère pour réaliser par la suite en grand bond en avant en s'appliquant dans la conception, le développement et la fabrication autonomes et indépendants.

Il a indiqué que l'accusation selon laquelle les entreprises chinoises ont « changé de visage » est complètement injuste et déraisonnable. « Pour ce qui est des magnats internationaux, la règle de principe qu'ils observent c'est d'investir et de placer leurs capitaux dans les endroits où le coût de revient est bas et où ils trouvent des marchés pour faire écouler leurs produits, tandis que pour les entreprises chinoises, avec le développement de leur capacité interne et avec la maturité de leur esprit, elles observent également la loi du marché en choisissant les partenaires qui leur conviennent le plus et en adoptant le mode de coopération qui leur satisfait le plus. L'industrie automobile chinoise continue à accueillir favorablement la joint-venture et la coopération, mais elle ne peut pas dépendre éternellement des capitaux étrangers, car en fin de compte il faut qu'elle table sur elle-même et non sur quelqu'un d'autre. Face à la loi du marché, tout le monde est sur le même pied d'égalité. C'est pourquoi on peut dire que le soi-disant problème d'arrogance n'existe pas ! »

Sarah, responsable de la Région Asie septentrionale du Collège du Cordon Bleu d'Australie, a déclaré qu'après l'éclatement de la crise financière internationale, en raison de la grande potentialité de son énorme et colossal marché, la Chine est de plus en plus prise en considération par le monde extérieur. « Coût de revient relativement bas, considérable opportunité commerciale, stabilité de l'environnement social et ouverture croissante des villes chinoises à l'extérieur, tout cela attire les hommes d'affaires étrangers en Chine. Sur la table de négociation, les Chinois sont devenus effectivement plus sûrs de soi, car ils disposent maintenant de marge de manœuvre et ils maîtrisent entre leurs mains des ressources énormes et excellentes. Je pense que c'est le côté par lequel ils montrent leur assurance et leur confiance en soi. Mais il n'est pas exclu que certains étrangers voient cela d'un mauvais œil et le considère comme une ‘arrogance' et une ‘insolence' de la part des Chinois. »

En ce qui concerne l'accusation selon laquelle « la pratique internationale ne vaut plus rien en Chine. », Jin Changrong, député à l'Assemblée populaire nationale et Conseiller auprès du gouvernement de la Municipalité de Shanghai, a dit qu'elle est une opinion préconçue infondée. « Les Chinois ne sont nullement arrogants ni insolents, au contraire, ce qu'ils désirent le plus c'est de se conformer à la pratique internationale afin de pouvoir mieux s'intégrer dans la communauté internationale. » Il a cité comme exemple l'Exposition universelle de Shanghai qui va s'ouvrir tout prochainement et faisant remarquer que les mesures de sécurité pour assurer l'ordre social et les mesures d'accueil des étrangers sont entièrement et totalement conformes à la pratique internationale. Tout le monde, que ce soit Chinois ou étranger, ils doivent observer et respecter les règles prescrites dès après leur entrée dans la zone d'exposition.

Cependant, Yu Wanlin, professeur assistant à l'Université de Beijing, a dit : « Certains chinois, qui se rendent dans un pays étranger pour y investir ou pour faire du commerce, ne connaissant rien des lois et des règles locales, se conformes alors à des pratiques et des habitudes chinoises, ce qui suscite le mécontentement des habitants locaux qui les considèrent comme des intrus égoïstes, malappris et indésirables qui ne tiennent compte que de leurs propres intérêts. ».

« D'après les opinions formulées en ligne par certains de nos compatriotes sur des problèmes internationaux, on remarque parfois une tendance au chauvinisme. », a-t-il dit avant de poursuivre « Ce genre de sentiment a germé dans leur tête depuis longtemps. En Chine dont le passé est plusieurs fois millénaires, nombreux étaient les gens qui considéraient la Chine comme leur grande patrie et ils étaient animés d'un patriotisme fanatique et belliqueux. Mais comme leur ‘grande patrie' a été par la suite opprimée et maltraitée par des envahisseurs étrangers durant plus d'un siècle, ce qui les humilie profondément. Mais une fois que ce sentiment d'humiliation explose dans le cœur d'une quelconque personne faible, son assurance et sa confiance en soi peuvent facilement gonfler et dilater de façon exagérée. »

D'après lui, ce qui est important pour les deux parties, c'est de régler le problème de méconnaissance respective. D'un côté, il est nécessaire pour les Occidentaux de réajuster leur angle de vue et d'accepter que la Chine fait sa réapparition sur la scène internationale en tant qu'une puissance responsable ; de l'autre côté, il faut que les Chinois puissent avoir une connaissance objective sur le monde, tout en comprenant mieux soi-même, il faut qu'ils connaissent les liens qui lie la Chine au monde. « Mais, il faut de la patience et un certain temps pour que les deux parties puissent s'adapter à cela. »

« En réalité, l'éducation sur le concept international n'est pas tellement bien réalisée en Chine et peu de personnes ont des connaissances sur la communauté internationale. Que ce soit la connaissance superficielle ou la connaissance approfondie, cela dépend de la profondeur des contacts et des rapports avec le monde extérieur. Le commerce vraiment autonome et indépendant des Chinois avec les étrangers et les échanges d'intérêts réciproques datent en réalité de peu et on peut dire que c'est seulement le début, car les Chinois ont beaucoup de choses à apprendre auprès des étrangers. », a dit Yu Wanli.

Shen Dan, député à l'Assemblée nationale et Directeur du Centre d'études de la littérature européenne et de la littérature américaine de l'Université de Beijing, a dit que pour la société occidentale qui remarque que la Chine résiste à certaines idées erronées et agissements venus de l'extérieur ne doit pas oublier ni négliger qu'en même temps, la Chine ouvre toute grande sa porte pour accueillir les richesses intellectuelles et spirituelles venues également de l'extérieur. »

Zhao Qizheng, membre et porte-parole du Comité nationale de la CCPPC (Conférence consultative politique du Peuple chinois, qui assiste à la présente session de la CCPPC, rappelle à ses concitoyens qu'il est important pour eux de voir avec modestie les échanges entre la Chine et les autres pays du monde. Bien que la Chine figure aux premiers rangs du monde quant à son PIB, mais en constatant la chose du niveau moyen mondial par habitant, la Chine fait piètre figure face aux autres pays, car elle figure parmi les derniers avec seulement trois mille dollars par tête d'habitants.

Ce chiffre est au cent-quatrième rang du monde.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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