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Français>>OpinionMise à jour 06.04.2010 13h33
Le report par les Etats-Unis du rapport sur les taux de change : un chantage ou bien une concession ?

Le Secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a annoncé le 3 avril le report de la publication du rapport concernant la politique commerciale internationale et la politique monétaire des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, y compris la Chine, lequel devrait être rendu public le 15 avril prochain. Bien que ce n'était pas la première fois que ces derniers annoncent leur décision de reporter la date de publication du rapport sur la politique de taux de change, mais cette fois-ci, vu l'actuel moment crucial de l'affrontement entre la Chine et les Etats-Unis au sujet du taux de change du renminbi (yuan, monnaie chinoise), cette annonce a suscité une attention accrue de la part de la communauté internationale . Quel est en fin de compte le but des Etats-Unis en agissant ainsi ?

D'après le programme prévu, le Trésor américain doit publier tous les six mois ce genre de rapport. Dans le passé, c'était seulement durant les trois années allant de 1992 à 1994 que les Etats-Unis ont collé à la Chine l'étiquette de « pays manipulateur de taux de change ».

Depuis fin 2009, les « bruits » se sont multipliés et renforcés aux Etats-Unis pour demander de faire pression sur la Chine pour qu'elle réévalue sa monnaie et au mois de mars dernier, cent trente parlementaires américains ont adressé conjointement au Secrétaire au Trésor Timothy Geithner et au Secrétaire au commerce Gary Locke un message dans lequel il est demandé que dans le rapport périodique sur la manipulation de taux de change qui devait être publié le mois prochain par le Trésor américain, la Chine soit citée en tant que pays manipulateur de taux de change et il est insisté que le Département du Commerce doit utiliser la loi fiscale américaine anti-subvention pour préserver et protéger les intérêts des entreprises américaines qui souffrent de pertes dues à la manipulation de taux de change.

Zhao Qingming, chercheur chevronné à la Banque de construction de Chine, a déclaré à un correspondant d' « Economic Information Daily » que ce dernier report de la date de publication du rapport donne matière à réflexion et à méditation. Il pense qu'il y a peu de possibilité que les Etats-Unis placent en fin de compte la Chine parmi les pays manipulateurs de taux de change et que le report de la date de publication traduit peut-être leur désir d' « extorquer » à celle-ci de plus grands avantages et il est fort possible que leur principal objectif c'est d'accroître leur contrepoids dans les transactions diplomatiques afin d'obliger la Chine à faire davantage de concessions dans le règlement de certains problèmes internationaux.

« Je crois que le présent report est en même temps une attitude de "chantage" adoptée par le gouvernement américain à l'égard de la Chine et une sorte de "concession" faite par lui sous la pression du Congrès américain, alors que le Département du Trésor ne souhaite aucunement parvenir d'urgence à une conclusion. Au début de cette année, les Américains ont fait un grand et infernal tapage sur ce problème-là, ce qui leur a suscité des difficultés et les a mis dans l'embarras. », a indiqué Sun Huaxu, Directrice du Centre d'études sur les monnaies internationales de l'Université des Relations économiques et commerciales avec l'étranger.

Lu Zhengwei, économiste à Industrail Bank Co., Ltd, a indiqué au même journaliste d'« Economic Information Daily » que le présent report démontre que les Etats-Unis se trouvent actuellement dans une situation embarrassante et sont placés devant un difficile dilemme : s'ils mettent la Chine sur la liste des pays manipulateurs de taux de change et aggravent et intensifient ainsi leurs conflits avec celle-ci sur ce problème-là, ce qui serait particulièrement défavorable au règlement des importants problèmes qui existent entre les deux parties, mais, s'ils ne citent pas la Chine en tant que pays manipulateur de taux de change, il serait alors difficile pour le gouvernement américain de faire face à la pression exercée par les parlementaires. Le quotidien sud-coréen « The Korean Daily » vient de publier le 5 courant un article dans lequel il est dit qu'au début les Etats-Unis ont clamé urbi et orbi leur décision de lister la Chine en tant que pays manipulateur de taux de change, mais qu'il semple de finalement cette décision "tournera en eau de boudin".

Sun Huaxu a poursuivi en disant que peut-être c'est un moyen permettant au gouvernement américain de tergiverser afin de chercher à gagner du temps pour que les Etats-Unis puissent gagner encore plus d'appui et de soutien. Dans les trois mois à venir, les Etats-Unis envisagent d'organiser, avec l'aide des parties concernées, une série de réunions et de conférences de haut niveau, dont la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G20, le dialogue stratégique et économique entre les Etats-Unis et la Chine et le Sommet du G20. « Les Etats-Unis ont lancé un défi à la Chine en ce qui concerne le taux de change, mais ils sont isolés et font cavalier seul. C'est pourquoi ils ont grand besoin de l'appui et du soutien de l'Union européenne, du Japon et de l'IMF (International Monetary Fund). Il est possible que pour atteindre leurs objectifs, ils exerceront une plus grande et plus forte pression lors des prochaines conférences et réunions internationales. », a-t-elle dit pour conclure.

Chen Bingcai, chercheur au Département de consultation de l'Université d'Administration de Chine, a indiqué que quel que soit la décision finale américaine de citer ou de ne pas citer la Chine en tant que pays manipulateur de taux de change, les Etats-Unis affronteront de toute façon la Chine en ce qui concerne le problème du commerce. Malgré que les deux pays ne revêtent ni l'un ni l'autre un caractère remplaçant quant à la structure de leurs produits respectifs, toutefois, dès après la détermination du pouvoir d'achat d'ensemble, il serait certain que les produits exportés par la Chine exerceront de grands effets de pression sur les produits américains. Lme Président américain Barack Obama a annoncé l'établissement aux Etats-Unis d'un « cabinet chargé de l'élargissement et de l'extension des exportations », lequel est placé sous la direction commune de la Secrétaire d'Etat, du Secrétaire au Trésor et du Secrétaire au Commerce. On voit par là que les Etats-Unis sont décidés à exploiter la situation à leur avantage quant aux problèmes de l'exportation et du taux de change.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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