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Français>>OpinionMise à jour 14.05.2010 14h52
Le cinéma chinois doit aider les spectateurs étrangers à « renouveler » leur impression sur la Chine

Le 63ème Festival international du Film de Cannes vient de s'ouvrir le 12 mai et sur la liste des films sélectionnés pour participer à la compétition officielle figure la nouvelle œuvre du cinéaste chinois Wang Xiaoshuai « Chongqing Blues » (en chinois "日照重庆" Rizhao Chongqing ) qui accède ainsi aux rangs des œuvres cinématographiques qui disputeront le plus haut prix du festival – la Palme d'or.

Le cinéma est une importante expression de l'histoire et de la culture nationale d'un pays.

Depuis que pour la première fois dans l'histoire du cinéma chinois le film de Zhang Yimou « Le Sorgho rouge » (chinois : 红高粱 Hong Gaoliang) ait remporté l'Ours d'Or au Festival de Berlin 1988, plusieurs autres metteurs en scène chinois ont réussi à décrocher des prix à divers festivals internationaux du cinéma, dont principalement ceux de Cannes en France, de Berlin en Allemagne et de Venise en Italie, et ils constituent ainsi une importante force de l'art cinématographique.

De la fin des années 80 jusqu'aux années 90du siècle dernier, les réalisateurs chinois de la cinquième génération, ayant à leur tête Zhang Yimou, ont tenté de présenter la « Chine folklorique » au monde entier et la plupart des films qu'ils ont réalisés tirent matière de l'histoire contemporaine chinoise, alors que l'expression du sujet fait ressortir les mœurs et coutumes populaires ainsi que la culture du goût oriental. C'était le film « Le Sorgho rouge » qui a ouvert la voie avec des scènes de "颠轿" (cahotement et ballotement du palanquin) et de "酿酒" (fermentation du mout produit de l'alcool), puis c'était « Ju Dou » (菊豆)et « Raise the Red Lantern » (大红灯笼高高挂), deux films toujours de Zhang Yimou, qui montrent respectivement la culture de la teinturerie et les coutumes chinoises de concubinage et d'allumage de lanternes, ensuite il y a le film de Chen Kaige《Farewell My Concubine》(霸王别姬) qui présente la culture du《京剧》(Opéra de Pékin), … etc. Bien que ces films montrent des scènes de l'ancienne Chine, qui se rapportent peu à la vie actuelle du pays, mais ils sont remplis de scènes folkloriques orientales qui passionnent et subjuguent le public oriental. Ainsi, ces œuvres cinématographiques ont renforcé l' « Orient typique » aux yeux du monde.

Vec l'approfondissement de la réforme et de l'ouverture sur l'extérieur en Chine, les échanges entre l'Orient et l'Occident se multiplient et sont devenus beaucoup plus fréquents qu'avant. La Chine, qui était l'objet du jugement esthétique lointain de l'Occident, est devenue petit à petit pour celui-ci un partenaire d'échanges plus proches et les Occidentaux souhaitent connaître une Chine beaucoup plus réelle. Dans le nouveau siècle, des cinéastes chinois de la sixième génération, dont Wang Xiaoshuai et Jia Zhangke, commencent à devenir des « habitués » et des « familiers » des festivals occidentaux du cinéma. Les films « Shanghai Dreams » (青红, qinghong ) du premier ainsi que « Platform » (站台, zhantai) et « Still Life » (三峡好人, Sanxia Haoren) du deuxième visent tous les trois la vie populaire dans des villes chinoises de notre époque, lesquelles se développent rapidement et vigoureusement. Zhang Yimou et ses confrères, de leur côté, ne sont pas restés bras croisés, et pour ne pas se laisser distancer, ils ont changé la vision d'angle de leurs œuvres. Et c'est ainsi qu'avec son nouveau film « Pas un de moins » (一个都不能少, Yigedubunengshao), ce dernier a pu une fois de plus le Lion d'or du Festival de Venise. Ces nouvelles œuvres, qui montrent directement les sentiments (inquiétude, anxiété, souci, perplexité et déséquilibre) de certaines personnes face à la rapide et profonde transition de la société chinoise, constituent des fenêtres ouvertes sur le monde permettant aux étrangers de connaître la réalité chinoise.

Ces dernières années, ce sont toujours les réalisateurs chinois de la sixième génération qui sont les plus actifs et les plus dynamiques aux festivals internationaux de films. Mais il y a des changements furtifs et subtils dans les œuvres primées qu'ils ont présentées. « Tu Ya's Marriage » ( 图雅的婚事 ) de Wang Anquan, qui a remporté l'Ours d'or du Festival de Berlin, constitue une ligne de démarcation de l'apparition de cette vague de changements. Avec d'autres films chinois, dont celui de Wang Xiaoshuai «In Love We Trust » (左右, zuoyou), ils tentent de faire connaître aux monde une « Chine douce et chaleureuse ». Leurs points communs c'est qu'ils abordent des sujets privés, c'est que l'expression humaine a remplacé la critique sociale et que le sentiment affectueux a remplacé l'insensibilité inhumaine et la violence. La raison de ces changements vient tout d'abord de la cause endogène. C'est-à-dire qu'après avoir été réussi à établir leur position artistique dans le milieu cinématographique grâce à la reconnaissance internationale, les cinéastes chinois de la sixième génération aspirent à être également reconnus et apprécié par le marché intérieur, et c'est la raison pour laquelle leur langage artistique et leur vision de narration se tournent petit à petit vers l'introversion et la modération. L'acceptation de ce genre de films chinois par les festivals internationaux de cinéma montre l'approfondissement de la compréhension des spectateurs occidentaux envers une Chine diversifiée et, objectivement parlant, cela enrichisse la connaissance du public occidental envers la réalité chinoise.

En passant en revue le passé du cinéma chinois depuis sa première apparition à un festival international de film, nous devons tenir compte de l'interaction délicate et subtile entre l'orient et l'occident quant à l'art et à la réalité. Les festivals cinématographiques occidentaux ont leur propre tradition artistique et norme esthétique. C'est pourquoi pour pouvoir être reconnus et acceptés, les artistes chinois sont obligés de faire des efforts pour répondre à l'attente de ceux-ci. Toutefois, il est nécessaire de comprendre que la complaisance pure et simple n'est pas un bon comportement artistique ni la clé secrète de la réussite. Les artistes chinois doit avoir l'audace et la volonté de conduire et de guider, par le biais de leurs créations artistiques plus diversifiées, plus riches et plus véridiques, les spectateurs étrangers à « renouveler », en suivant le courant de l'époque et en s'adaptant à l'évolution de la situation, leur impression sur la Chine, laquelle est elle-même est une existence riche et réelle qui change et se développe sans cesse.

(Auteur de l'article : Liu Haibo, professeur assistant à l'Institut cinématographique de l'Université de Shanghai)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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