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Français>>OpinionMise à jour 21.05.2010 14h10
La classe moyenne a besoin de reformes pour son développement

La classe moyenne exerce une influence stabilisante sur la société. Mais en Chine, la catégorie sociale avec un revenu moyen ou intermédiaire est loin de jouer le rôle que joue la classe moyenne dans les pays développés. Pourquoi? Parce que le statut économique à lui seul n'est pas le seul critère d'une classe moyenne, affirme Yu Jianrong, sociologue à l'Académie chinoise des Sciences Sociales (CASS).

La classe moyenne est considérée comme un élément important de la société, car son rapport à la population d'un pays décide de la vitalité de l'économie et des perspectives de l'emploi. Cette catégorie sociale agit également comme un tampon entre les riches et les pauvres et sans elle les conflits sociaux s'intensifient.

Trois décennies de réformes et d'ouverture en Chine ont permis de construire une économie en plein essor et ont apporté de grands changements dans la société. Bien que certains indicateurs, comme le revenu annuel moyen suggèrent que la classe moyenne n'a pas beaucoup augmenté en nombre, Yu affirme qu'on ne peut pas nier que le nombre de personnes appartenant à cette catégorie augmente avec les années.

Pourtant, ajoute-t-il, c'est difficile, et même controversé de citer un nombre précis de personnes dont le revenu est considéré comme moyen en Chine. Pas étonnant que le rapport de la CASS de février, qui a indiqué que 23% de la population du pays appartient à la classe moyenne a suscité un débat houleux.

Les cadres des entreprises, les employés en charge du consulting financier et les employés gouvernementaux sont notamment considérés comme la classe moyenne. Mais à en juger selon Yu, la catégorie à revenus intermédiaires en Chine ne se considère pas comme la classe moyenne. Un bon nombre de personnes ayant un revenu moyen pensent qu'ils appartiennent à la classe moyenne uniquement pour la raison financière. Mais ils considèrent qu'ils sont le besoin, lorsqu'il s'agit de la responsabilité sociale, le respect de l'équité sociale et la promotion du développement démocratique. Certains d'entre eux, manquent même de professionnalisme et de moralité.

C'est pourquoi les personnes à revenu intermédiaire en Chine ne remplissent pas ce rôle de tampon entre les riches et les pauvres. Le fait que des personnes privilégiées utilisent la majorité des ressources et profitent de l'exclusivité de l'opinion dans l'élaboration des mesures politiques est l'une des raisons de cet échec. Mais encore une fois, cela peut être imputé à la relative lenteur de la réforme politique par rapport au développement économique rapide, affirme Yu. Il est temps d'accélérer le rythme des réformes pour que la classe moyenne puisse s'organiser de manière à jouer le rôle pour lequel elle est destinée. Par ailleurs, les ressources peuvent être distribuées plus équitablement entre les différentes couches sociales et la société peut devenir plus stable et plus durable.

Etant donné que la classe moyenne est économiquement et mentalement plus stable que les pauvres et les riches, elle joue un rôle important dans le maintien de l'ordre social. Mais ce n'est pas le cas en Chine en raison du nombre relativement faible des personnes qui possède un revenu moyen. C'est pourquoi leur influence sociale est limitée. Et Yu doute du fait que ces personnes puissent devenir socialement plus responsables, même si leur nombre augmente.

Par ailleurs, le rôle du petit tampon social que la classe moyenne chinoise joue, tend à favoriser les riches, au lieu d'être un facteur d'équilibre entre les nantis et les démunis. Si la classe moyenne continue de se dérober à sa responsabilité de jouer un rôle d'équilibre dans la société, cela risque d'intensifier les contradictions entre riches et pauvres au lieu de les atténuer. Et comme elle ne peut pas faire partie de la classe supérieure en termes de richesse ou de mentalité, la classe moyenne risque d'être confrontée à la menace de marginalisation.

Mais la structure économique existante ne favorise pas la croissance de la classe moyenne, indique Yu. Jusqu'à présent, l'économie était engagée dans un jeu entre le marché des capitaux et le pouvoir politique. Et beaucoup de gens redoutent la domination de la classe privilégiée, ce qui pourrait conduire à une rupture sociale, l'élargissement de l'écart des revenus et une augmentation lente du nombre de membres appartenant à la classe moyenne, qui joue un rôle de stabilisateur social.

Le développement économique rapide n'est pas au service des pauvres et des défavorisés et il pourrait porter atteinte à la promotion de la prospérité économique et contrecarrer les efforts visant à édifier une société harmonieuse.

Pour être franc, poursuit Yu, l'environnement politique actuel ne répond pas à la croissance de la classe moyenne, car les riches contrôlent la majorité des ressources économiques. Par conséquent, la classe moyenne se retrouve prise dans un dilemme de choisir entre plaire aux riches et être indépendante. Cette situation rend la catégorie socialement irresponsable pour les changements politiques dans le pays. Vu cette structure sociale, les salariés qui possèdent un revenu intermédiaire, peuvent tout au plus essayer de conserver leur statut et rester totalement impuissants dans la stabilisation de l'ordre social.

Pour construire une société en forme d'olive avec une classe moyenne dominante, un système égalitaire de distribution du pouvoir doit être établi. Et pour ce faire, il faut effectuer un nombre important de réformes. C'est la seule façon d'apaiser les tensions entre les riches qui abusent du pouvoir et les pauvres qui sont désespérés, affirme Yu. Et c'est un moyen efficace pour créer un meilleur environnement visant à transformer la classe moyenne en une force plus responsable socialement.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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