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Français>>OpinionMise à jour 21.05.2010 16h44
Désillusion du cinéma chinois à Cannes

Qu'est-ce qu'il manque au cinéma chinois ? Ou bien pour dire plus exactement, qu'est-ce qu'il manque aux films chinois choisis par des Français ? Pour répondre à cette question-là, les Français ont leur propre idée qui n'a rien à voir avec nous les Chinois. On peut citer l'exemple du film du cinéaste chinois Wang Xiaoshuai « Chongqing Blues » qui est parvenu à la dernière minute à accéder de la catégorie « Un certain regard » à la compétition officielle. Pour les critiques de cinéma français qui ont vu ce film, ils sont divisés, quant à leur impression sur celui-ci, en deux en deux catégories – ceux qui sont « bienveillants et indulgents » et ceux qui sont « hostiles et agressifs ». Les premiers ne profèrent pas de gros mots et préfèrent se taire, mais ils ne peuvent pas cacher leur désappointement. Mais, qu'est-ce qui les déçoit et qui ne répond pas à leur attente ? Pour dire vrai, ils attendaient un important sujet politique qui par malheur n'a pas été évoqué dans le film.

Au début, en voyant les nuages noirs qui s'amoncellent, couvrent et obscurcissent le ciel sombre et morose, ils pensaient qu'après que le capitaine de bateau marchand Lin eut appris la mort de son fils Lin Bao qui a blessé d'un coup de couteau une employée et un vigile d'une grande surface, puis pris en otage une femme, avant d'être abattu par la police il devrait alors d'autres récits sur les épouvantables et effroyables malheurs qui démontrent les sombres aspects de la société chinoise. Mais, ils sont profondément déçus, car le film évoque seulement la fracture générationnelle de cette dernière et porte sur le sujet humanitaire concernant les relations entre un père et son fils qu'il n'avait pas revu depuis quinze ans. L'intrigue, d'une confondante banalité selon eux, ne révèle rien d'autre que le geste désespéré d'un garçon solitaire, et plus encore le fossé abyssal qui sépare la génération des pères, en quête d'un sens à donner à l'existence, et celle des fils, jeunesse privée de modèle et d'idéal, livrée à la pure consommation du présent, brûlant sa vie par les deux bouts. Pour eux, comment peut-il y a voir en Chine un sujet sur la nature humaine qui n'a pas de rapport avec la politique ? Quant aux critiques « hostiles et agressifs », en regardant le film, ils ne peuvent s'empêcher de montrer leur malaise et proférer intérieurement des injures. Ce qui est insupportable pour eux, ce sont les bons sentiments qui remplissent le film ! Comment se peut-il que les deux côtés, celui qui a tué (la police) et celui qui a été tué (le fils de Lin), ne sont en fait pas tous les deux de mauvais éléments ? Il est impossible qu'il n'existe pas de méchants et de scélérat dans une « histoire chinoise » ! C'est pourquoi en parlant de ce film, « Le Figaro » a publié un article critique portant le titre « Trop de bon sentiment ! », tandis que l' « Express » a dit directement que ce film est une « œuvre médiocre et mauvaise qui ne sait que donner des leçons de morale ».

A Cannes, la règle cachée « Comment doit être le cinéma chinois et comment ne doit-il pas être » est devenue depuis longtemps une formule figée profondément enraciné au fond du cœur du public français, ce qui constitue un sérieux obstacle qui empêche le « voyage en Occident » du cinéma chinois et les cinéastes chinois n'ont jamais été traités sur le même pied d'égalité avec leurs confères occidentaux. Toutefois, certains correspondants de médias chinois préfèrent souvent enjoliver leurs reportages sur le festival et induire en erreur le public chinois en insistant sur la soi-disant « importance particulière accordée au cinéma chinois » au festival, alors qu'en réalité ce sont les sponsors qui s'intéressent surtout au marché chinois du cinéma et qui s'évertuent à proposer des films chinois pour le festival. Le magazine « Madame Figaro » de cette année a publié un court article poétique écrit par le délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux « J'ai vu en rêve … » et cet article peut vraiment aider lu public chinois à comprendre la vraie position du cinéma chinois à Cannes. Dans cet article à dix neuf phrases commençant par « J'ai vu en rêve … », il raconte qu'il a vu en rêve David Lynch (cinéaste, photographe, musicien et peintre américain), Roman Polanski (comédien, metteur en scène de théâtre et d'opéra, producteur, scénariste, réalisateur de cinéma et auteur franco-polonais), Takeshi Kitano (acteur et cinéaste japonais), alors que dans son rêve, il n'a vu aucun cinéaste chinois, ni Zhang Yimou, ni Chen Kaige, ni Wang Jiawei ……

Lorsque Wang Xiaoshuai a déclaré qu'il tourne les films pour l' « art pur », il n'a pas pensé qu'au briefing donné à l'occasion de la projection de son film « Chongqing Blues », parmi la cinquantaine de journalistes présents, plus de la moitié sont des Chinois et c'est seulement ces derniers qui lui ont posé des questions. La plupart des critiques cinématographiques français considèrent que pour son film « rien ne s'est passé ». La disparité entre les deux, c'est que Wang Xiaoshuai désire explorer les effets négatifs de la fracture générationnelle sur la nature humaine, des relations humaines sur le progrès social, tandis que ce qui intéresse les Français ce sont les problèmes tels que la résistance et l'affrontement contre les autorités gouvernementales, l'abus d'autorité et de pouvoir de la police qui tue des innocents … etc. Le film n'a pas pu les satisfaire, c'est pourquoi ils ne s'intéressent plus d'un coup à lui.

Après la cérémonie d'ouverture du Festival, Thierry Frémaux a accordé une interview exclusive à un correspondant du journal français « Métro ». Il a profité de cette occasion pour déclarer : « J'aime tout particulièrement 'Avatar' …… » -- une phrase qui donne un sens fin et sublime au Festival international du cinéma de Cannes.

par Zheng Ruolin du Wenhuipo

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Bien vu, bonne analyse, seule une critique politique ascerbe ferait un 'bon film' chinois ...
Votre jugement est très pertinent en ce qui concerne les critiques de films, pour qui seul...
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