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Français>>OpinionMise à jour 28.05.2010 16h04
Le football : un sport pour les pauvres et une coupe du monde pour les riches ?

La compétition sportive la plus productive du monde arrive enfin en Afrique – le continent le plus pauvre de la Terre. Le Mondial 2010 qui se tiendra tout prochainement en Afrique du Sud sera-t-il marqué comme étant une coupe du monde qui divise le plus les pauvres et les riches dans toute l'histoire du football ?

« La rue est en pente, le ballon est quelque peu dégonflé et la plupart des enfants ne portent même pas de souliers. La partie de football n'a pas de cible vu qu'il n'y a aucun but des deux côtés. Malgré cela, les jeunes ‘footballeurs en herbe', débordants de joie et d'enthousiasme, se disputent sérieusement le ballon. Passe à longue distance, coup de tête, trébuchement et chute, un effort pour se relever, pénétration en dribble et tir au but. Voilà un authentique match de football qui se peut se dérouler dans n'importe quelle rue en Afrique du sud. »

Pour tourner un documentaire télévisé sur l'Afrique du sud en tant que pays organisateur de la Coupe du monde 2010 de Football, un reporter d'un grand et important quotidien allemand et son photographe sud-africain ont parcouru dans tous les sens l'arrondissement Alexandra de Johannesburg, la plus grande ville de l'Afrique du Sud, et ils ont pu prendre ces images-là en contemplant les scènes de dispute du ballon.

En Afrique du Sud, les blancs préfèrent le rugby, alors que le football a été toujours le jeu et favori des jeunes noirs. Pour ces derniers, le football n'est pas seulement un sport, mais surtout un but dans leur vie. L'espace est étroit et limité dans les quartiers résidentiels de la population noire et en réalité il n'y a pratiquement aucun terrain de sport. Quant aux écoles, elles ne disposent pas assez d'espace pour permettre aux enfants de se dégourdir un peu les jambes après la classe et encore moins de jouer. Et c'est la raison pour laquelle les garçons sont obligés de jouer au ballon dans la rue et sous un soleil de plomb. Peut-être qu'ils ne connaissent même pas très bien les règles du football moderne, mais, ils ressentent quand même du contentement, de la joie et une grande satisfaction en le pratiquant.

En réalité, le football est un sport pour les pauvres. Des bidonvilles de Rio de Janeiro au Brésil jusqu'aux quartiers misérables de la population noire en Afrique du Sud, nombreux sont les enfants pauvres qui sombrent le soir dans le sommeil sans avoir assouvi leur faim, mais pendant la journée, il y a quand même un jeu qui leur apporte un peu de la joie …… et c'est le football.

Cependant, lorsque le football devient une coupe du monde et surtout au moment où des milliards de gens du monde sont plongés dans l'allégresse et l'ivresse durant tout un mois, celui-ci n'est plus seulement un sport et un passe-temps d'amateurs du football, car il devient un but et un rêve dans la vie et surtout une machine de fabrication d'argent. Toutes les choses qui se rapportent à lui sont le synonyme de la richesse et de l'opportunité commerciale, de la tenue des footballeurs à la publicité, de la retransmission en direct sur le grand écran à la diffusion en direct sur l'Internet. Le football appartient aux pauvres, mais la coupe du monde aux riches et cela constitue un paradoxe étrange et absurde du sport de football en lui-même.

Et au moment où la coupe du monde arrive en Afrique du Sud qui est un pays qui a été confronté à l'apartheid, à l'affrontement entre Blancs et Noirs ainsi qu'à une grave disparité entre pauvres et riches, elle grossit et élargit encore plus la différence entre les côtés noirs et les côtés blancs du football :

D'un côté, on souhaite le rassemblement de la population noire et de la population blanche afin de promouvoir la réforme sociale ; de l'autre côté, dans les guides contenant les informations générales sur le Mondial 2010, on lit les conseils suivants : il est préférable pour les visiteurs, les spectateurs et les fanas du foot venus de tous les coins du monde de se promener et de faire du shopping seulement dans les quartiers résidentiels des riches ou dans les quartiers commerçants de la communauté chinoise des villes où auront lieu les matchs. Il est déconseillé d'aller dans les quartiers pauvres de la population noire. Dans le cas où vous désirez visiter les quartiers noirs, il est préférable d'y aller pendant la journée et surtout avec des amis ou des compagnons. Il vous faut prendre alors la voiture et ne pas s'arrêter en route.

D'un côté c'est les grosses sommes investies par le gouvernement sud-africain en vue de l'amélioration des réseaux routiers (1,3 milliard de dollars US), pour la rénovation et la construction d'installations sportives et d'autres installation d'infrastructure (1,2 milliard de dollars US) et pour garantir la sécurité et réaliser des projets auxiliaires (2 milliards de dollars US), ce qui fait que toutes les villes concernées ont procédé activement avec ces fonds à l'amélioration des conditions de communication et de transport, d'hébergement et d'activités sportives ; de l'autre côté, selon le quotidien britannique « The Guardian », pour garantir la réussite et le succès de Mondial 2010, le pays organisateur a établi, dans un bourg de l'arrondissement Delft de Le Cap, une sorte de « bidonville » pour y transférer un grand nombre de Noirs qui habiteront dans des huttes de type ouvert sans compartiment, et chaque hutte porte un numéro spécial peint au pistolet, ce qui sera alors le « District 9 Movie Review » de la réalité.

D'un côté ce sont des habitants du pays qui n'ont pas les moyens d'acheter un billet d'entrée pour assister à un match ; de l'autre côté ce sont des dames anglaises qui viennent en Afrique du Sud et leur sécurité sera assurée par des gardes à qui elles payent la somme d'un million de livres sterlings. Quant à Roman Arkadievitch Abramovitch, oligarque russe propriétaire du club de football londonien Chelsea, il séjournera dans son yacht somptueux et luxueux pendant toute la durée du Mondial.

En Afrique du Sud du 11 juin au 11 juillet prochains, Blancs et Noirs, riches et pauvres, ils constitueront le foyer du projecteur de la scène internationale, et la raison c'est que l'Afrique du Sud est un pays particulier et spécifique.

De 1932 jusqu'en 1972 (C'était dans les années 1940 que l'Afrique du Sud a commencé à appliquer la politique d'Apartheid), le PIB de l'Afrique du Sud a multiplié en moyenne par deux tous les 7,4 ans. Puis, dans les années 1960, l'industrie manufacturière sud-africaine a dépassé la somme de toutes les autres industries et l'Afrique du Sud est devenue le seul pays africain réellement industrialisé. Mais, elle a payé fort pour pouvoir atteindre son objectif. C'était grâce à la main-d'œuvre noire bon marché que le grand bond en avant du développement économique a pu être réalisé dans ce pays, alors que le système foncier qui autorise au Blancs de clôturer des terrains était en réalité un moyen de priver les Noirs de leurs droits et intérêts et d'ajouter ceux-ci à ceux des Blancs.

Ce qui est réconfortant, c'est qu'après l'abolition de l'apartheid en 1994, la croissance économique atteint 5% en Afrique du Sud et avec cela d'autres réussites : bas taux d'inflation, budget équilibré, trois cent mille nouveaux emplois créés chaque année, l'ampleur de la classe moyenne noire s'accroît chaque année de 20%, des millions de Noirs sud-africains commencent à jouir des succès économiques dus à la liberté post apartheid.

L'Afrique du Sud d'aujourd'hui est considérée comme l'un des cinq pays de VISTA (Vietnam, Indonésie, Afrique du Sud, Turquie et Argentine). Des spécialistes en la matière ont indiqué que dans le futur, les cinq pays dd VISTA ne céderont en rien aux quatre du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), que d'ici un demi-siècle leur PIB accroîtra de vingt-huit fois, qu'ils dépasseront les sept pays les plus industrialisés du monde et qu'ils deviendront ainsi la nouvelle locomotive qui traînera et poussera en avant l'économie mondiale.

La Coupe du monde qu'apportera-t-elle à l'Afrique du Sud ? L'amélioration et le perfectionnement des installations d'infrastructure, l'augmentation des emplois ou bien une nouvelle image du pays ?

Durant tout le mois de son déroulement dans ce pays, on oubliera tout pour sombrer dans la joie, le plaisir, l'allégresse et l'ivresse, que ce soient riches ou pauvres, ils deviendront des frères en laissant de côté les préjugés de classes pour applaudir frénétiquement ensemble les succès réalisés par leur équipe nationale. Mais que se passera-t-il après, c'est-à-dire un mois après à l'issue de la Coupe mondiale ?

Page spéciale: Coupe du monde de football : Afrique du Sud 2010

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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