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Français>>OpinionMise à jour 01.06.2010 13h02
Coup de théâtre sur la scène politique allemande : le président Horst Köhler démissionne suite à des propos déplacés

Le président allemand Horst Köhler, qui occupe une fonction principalement honorifique, a créé la surprise en annonçant sa démission le 31 mai après des propos controversés sur l'engagement militaire de son pays en Afghanistan. C'est une première dans l'histoire de la République fédérale d'Allemagne, car il est très rare qu'un Président donne sa démission en raison de ses propos polémiques.

1. C'était après une visite non annoncée dans la caserne d'une unité militaire allemande cantonnée en Afghanistan qu'Horst Köhler a fait une déclaration à « Deutsches Radio ». Il a légitimé la participation accrue de son pays aux combats par des raisons économiques et a jugé cet effort "nécessaire pour maintenir nos intérêts, comme par exemple libérer les routes commerciales ou prévenir des instabilités régionales qui pourraient avoir un impact négatif sur nos perspectives en termes de commerce, d'emplois et de revenus". Un effort d'autant plus important, selon lui, que l'Allemagne est un pays "très dépendant de son commerce extérieur". Ses propos a déclenché un tollé dans la classe politique allemande. Les partis d'opposition de la gauche demandent au Bundestag (l'assemblée parlementaire de la République fédérale d'Allemagne) d'organiser un nouveau vote sur la participation de troupes allemandes dans la guerre en Afghanistan, tandis que le Parti social-démocrate, principal parti d'opposition, a déclaré que les propos déplacés d' Horst Köhler ne sont d'aucune utilité pour que les gens du peuple comprennent les actions des troupes allemandes à l'extérieur du pays. Le Vert, un autre parti de l'opposition, a indiqué de son côté qu'Horst Köhler a une idée erronée sur la base juridique de la nécessité pour les militaires allemands de participer aux combats en Afghanistan. Le CDU (l'Union chrétienne-démocrate), principal parti au pouvoir, a déclaré également que les propos du Président allemand sont déplacés, car ils suscitent méprise et malentendu. De fait, il est compréhensible qu'Horst Köhler, qui occupe une fonction symbolisant l'image de l'Allemagne, démissionne de son poste honorifique après les violentes réactions contre ses propos controversées sur une importante mission de son pays à l'étranger.

Toutefois, il y a une chose qui suscite une plus grande préoccupation que la démission elle-même, c'est le débat sur la mission de l'Armée allemande, un débat qui ne date pas d'hier et qui a toujours soulevé des polémiques. Déjà au milieu des années 90 du siècle dernier, les forces armées allemandes ont participé à plusieurs reprises à des missions hors du territoire de leur pays. Bien que celles-ci ont été autorisées par le Bundestag, mais elles ont à chaque fois attiré l'attention mondiale. Citons l'exemple de la guerre en Afghanistan, on compte actuellement 4.300 soldats allemands cantonnés dans ce pays. En février dernier, le Bundestag a donné le feu vert au gouvernement allemand lui permettant de dépasser le seuil prescrit de 4.500 soldats en le portant à 5.350 hommes. Mais les sondages de l'opinion publique allemande sur l'envoi de militaires allemands à l'étranger, effectués ces dernières années, montrent que le « contre » représente toujours la plus grande partie de cette dernière. C'est pourquoi pour les hommes politiques allemands, ils prennent à tâche de faire comprendre à la masse populaire allemande l'utilité de ce genre de missions et cela est devenu depuis de longues années un aspect principal de la politique extérieure allemande.

Début septembre dernier, lors d'une mission militaire exécutée en Afghanistan par les troupes de l'OTAN, pour neutraliser la menace des camions-citernes volés par les Talibans qui les utilisent contre une unité des forces allemandes, des avions allemands ont mené un bombardement qui a fait une centaine de victimes dont un grand nombre de civils. Après le dévoilement de cet incident meurtrier, l'Ex-Ministre allemand de la Défense Franz Josef Jung, qui assumait à ce moment-là la fonction de Ministre du Travail, a été mis sur la sellette et a été obligé de présenter sa démission, ce qui a créé la première crise du deuxième gouvernement de la Chancelière allemande Angela Merkel. Cette fois-ci, du fait qu'Horst Köhler a été nommé au poste de Président sur proposition du parti au pouvoir le CDU, il est fort possible que la scène politique allemande s'enfonce dans une nouvelle crise et cela est suffisamment démontré par la réaction de la Chancelière allemande Angela Merkel qui a suspendu le programme normal de ses activités prévues pour la journée du 31 mai.

Horst Köhler n'a pas tellement parlé de la guerre qui se déroule en Afghanistan. Mais, avant l'incident survenu en septembre dernier du fait du bombardement par des avions allemands de camions-citernes, il s'était exprimé en faveur d'un large débat de la masse populaire allemande sur la participation de troupes allemandes dans la guerre en Afghanistan. En tant qu'homme politique, son intention était peut-être de souhaiter que les Allemands engagent une discussion approfondie sur ce problème-là, ce afin de s'efforcer de gagner l'opinion publique pour qu'elle soutienne les soldats et les officiers allemands qui combattent au front. Cependant sa présente prise de position a été mal comprise, ce qui indique qu'il serait assez difficile que l'envoi de troupes allemandes hors du territoire national puisse être largement accepté en Allemagne.

En réalité, pour ce qui est de l'objectif des missions des troupes allemandes à l'extérieur du pays, il est difficile même pour des hommes politiques au pouvoir de donner des explications persuasives susceptibles de convaincre la large masse populaire récalcitrante. L'ancien Ministre de la Défense Franz Josef Jung s'est toujours opposé à ce qu'on dit que les troupes allemandes qui exécutent des opérations en Afghanistan « participent en fait à une guerre », car cette façon de parler n'est pas conforme au terme utilisé par le Bundestag dans son mandat d'autorisation au gouvernement et l'augmentation continuelle du nombre de victimes tuées ou blessées parmi les militaires allemands est de toute évidence contraire à cette autorisation. Son successeur l'actuel Ministre de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg adopte une stratégie de détour en disant « dans une situation qui ressemble à la guerre » ou bien « qu'on appelle la guerre lorsqu'on débite une platitude ». Tout cela montre pleinement l'embarras et la gêne de la politique extérieure allemande. Dans le cas où les politiciens ont même des difficultés pour décrire la nature réelle des opérations militaires des forces armées allemandes, il est encore plus difficile d'obtenir le soutien des gens du peuple. Les explications officielles allemandes affirment que la présence en Afghanistan de troupes allemandes a pour but de préserver la stabilité et de garantir la sécurité. Mais pour les gens du peuple qui ne sont pas du même avis, ils ont toujours sur la bouche la phrase suivante : L'Afghanistan est tellement éloigné de l'Allemagne, les choses qui se passent là-bas comment pourraient-elles constituer des menaces pour notre pays ?

Parmi les nombreuses opérations militaires qu'exécutent les forces armées allemandes à l'étranger, il y en a certaines qui sont acceptées et appréciées par les Allemands, par exemple la mission d'escorte aux bateaux marchands contre les attaques armées de pirates de mer somaliens. Certains analystes ont indiqué que si les propos d'Horst Köhler visent ce genre d'expéditions, il n'y aurait pas eu ce tollé. Mais par malheur il a tenu ces propos tout juste après sa visite aux troupes allemandes en garnison en Afghanistan. Son idée sur la guerre dans ce pays en disant qu'elle est liée aux intérêts économiques et commerciaux de l'Allemagne est de toute évidence loin de la réalité, mais s'il a dit qu'elle concerne la sécurité de son pays, ce serait alors plus convaincant. On voit par là que même le Président allemand n'a pas une idée juste sur l'objectif de l'envoi de troupes allemandes en Afghanistan. Alors il est tout à fait naturel que sur ce point-là, il n'a pas le soutien de son peuple.

Après l'incident en septembre dernier du bombardement de camions-citernes par des avions allemands, Horst Köhler a fait une appréciation sur l'actuelle armée allemande et a dit qu'elle est devenue « une troupe aguerrie aux combats », ce qui signifie qu'elle est une troupe armée qui participe à la guerre hors du territoire allemand. C'est la vérité et dans l'accord de constitution de cabinet de l'actuel gouvernement allemand, il est indiqué que l'une des importantes missions militaires de l'Armée allemande c'est de « prévenir les crises et de régler les conflits sur le plan international ». Toutefois certains problèmes continuent à embarrasser les Allemands et à les plonger dans la perplexité : quelles sont en fin de compte les missions militaires auxquelles les troupes allemandes doivent y participer et comment accomplir ces missions ?

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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