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Français>>OpinionMise à jour 06.07.2010 16h05
Le Japon devrait payer la Chine de retour

Les relations sino-japonaises se sont substantiellement améliorées depuis que Junichiro Koizumi a quitté son poste de Premier Ministre en 2006. Pour commencer, les pélerinages au controversé Sanctuaire Yakusuni semblent avoir cessé. Mais il y a encore du potentiel pour des troubles susceptibles de porter atteinte à cette importante relation bilatérale.

Pour chercher à expliquer les tensions récurrentes dans les relations sino-japonaises, certains articles d'actualité japonais laissent souvent entendre que le Gouvernement chinois cherche à manipuler sa population et utilise le nationalisme (et un ennemi extérieur) pour détourner l'attention des problèmes intérieurs. D'autres écartent le fait que les sentiments anti-japonais ne soient guère plus que des symptômes sporadiques d'irrationnalité et de xénophobie. En y regardant de près, cependant, il apparait que nombre des problèmes qui existent entre les deux géants asiatiques sont largement dus au comportement irresponsable de certains élements au Japon.

Comme leurs homologues de certains autres pays, les hommes politiques japonais se plaignent souvent de la « montée en puissance militaire » de la Chine. Mais ils passent sous silence le fait que Tokyo s'est depuis longtemps engagé dans une campagne massive de renforcement des capacités militaires du pays. En 2005, d'ailleurs, un article du Time Magazine déclarait : « Le Japon est une puissance militaire furtive ».

Et de fait, actuellement, la Marine Impériale japonaise est l'une des plus puissantes du monde. Des experts militaires japonais se sont même vantés que leur marine pourrait détruire l'intégralité de la Marine chinoise en moins de deux heures. Ayant l'Histoire en mémoire, il est compréhensible que certains analystes chinois de la défense soient irrités d'entendre les Japonais exiger plus de « transparence » de la part de l'Armée Populaire de Libération. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, sur bien des points, les interprétations chinoises au sujet de la transformation de la défense japonaise et ses intentions à long terme rejoignent les analyses d'autres acteurs de la région, et en particulier la Corée du Sud.

Depuis plus de cinquante ans, le Ministère japonais de l'Education a périodiquemennt donné son accord à l'utilisation de manuels scolaires controversés dans les écoles publiques du pays. Ces ouvrages ont tendance à atténuer, voire ignorer, le passé impérialiste du Japon et ses crimes de guerre. L'adoption d'un livre particulièrement partial a d'ailleurs provoqué une série d'incidents de masse en Chine et en Corée du Sud en 2005. Les manuels les plus outrageants ont été retirés des écoles japonaises en 2005 suite aux protestations de la Chine et de la Corée du Sud.

Mais les problèmes demeurent. Par exemple, en 2007, Nariaki Nakayama, un ancien Ministre de l'Education qui avait outrageusement prétendu que le massacre de Nanjing était une pure fabrication, a mené avec succès une campagne visant à retirer toute référence aux « femmes de confort » (en fait des esclaves sexuelles) des manuels de lycée du pays.

Les récents conflits du travail en Chine ont attiré une large attention des médias. Et il n'est guère surprenant que des entreprises japonaises comme Honda aient été la cible des ouvriers en grève. Les employés chinois des entreprises japonaises se plaignent souvent de leurs condtions de travail. Ainsi que l'un d'entre eux l'a expliqué : « Si jamais je devais travailler pour une entreprise étrangère, je préfèrerais de loin une société américaine ou européenne parce que j'y serai mieux payé et mieux respecté ». Ce genre de sentiments n'est pas limité à ceux qui sont employés par des sociétés japonaises. Certains Chinois, qu'ils soient de l'élite ou des couches plus populaires, partagent la même perception générale, c'est à dire que les Japonais ne les respectent pas, pas plus qu'ils ne respectent leur pays.

Pour finir, de nombreux Chinois restent sensibles au sujet de l'attitude du Japon envers Taïwan. Des responsables du plus haut niveau du Gouvernement japonais n'ont pas hésité à affirmer avec aplomb que la colonisation japonaise de Taïwan (1895-1945) avait apporté de nombreux bénéfices à l'île, une prétention que les Chinois des deux côtés du Détroit gardent encore en travers de la gorge.

Qui plus est, il convient de noter que Masaki Sato, envoyé non officiel du Japon à Taibei, a été expulsé par les dirigeants du Guomindang en mai 2009, pour avoir affirmé que « Le statut de Taïwan n'est toujours pas clair ». Taibei et Tokyo se sont également disputés ces mois derniers au sujet des Iles Diaoyu. Et certains universitaires de renom, tant à Taïwan que sur le Continent, partagent la même idée, selon laquelle le Japon ne supporte pas de voir le rapprochement en cours entre les deux parties.

Ce ne sont que quelques exemples. Il y a d'autres sujets susceptibles de mettre Beijing et Tokyo sur une trajectoire de collision. Mais les dirigeants chinois travaillent avec diligence pour améliorer les liens. Il sera important, pour les nouveaux dirigeants de Tokyo, de reconnaitre à leur juste valeur les efforts faits par Beijing, de leur rendre la pareille, et d'admettre le besoin pour les deux pays de travailler ensemble pour un bénéfice mutuel.

L'auteur est James F. Morris, Professeur de Sciences Politiques à l'Université de l'Etat du Missouri, aux Etats-Unis.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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