Nouvelles bilingues/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>OpinionMise à jour 15.07.2010 14h47
Fuite massive des richesses chinoises à l'étranger due à l'immigration

Le « Quotidien de la Jeunesse chinoise » rapporte qu'au cours de la décennie écoulée, un nombre croissant de cerveaux, d'élites intellectuelles, de grosses fortunes et d'hommes d'affaires riches s'expatrient pour aller s'établir dans des pays occidentaux développés de l'Europe de l'Amérique du Nord ou bien en Australie en tant qu'étudiants ou bien qu'en tant qu'immigrants investisseurs ou immigrants qualifiés. Ce phénomène-là est appelé en Chine le « troisième exode » depuis la réforme et l'ouverture sur l'extérieur en fin des années 70 du siècle dernier.

L'Académie des Sciences sociales de Chine a publié en 2007 un rapport intitulé « La politique et la sécurité du Monde », dans lequel il est dit que la Chine est devenue le plus grand pays du monde pourvoyeur d'immigrants. Le 16 juin dernier, le Conseil des Affaires d'Etat a annoncé que le nombre total des ressortissants chinois résidant à l'étranger dépasse 45 millions, un chiffre absolu qui place indéniablement la Chine à la tête du monde quant à cela.

Comparaison faite avec les deux premiers exodes respectivement au commencement de la réforme et de l'ouverture et en début des années 90 du vingtième siècle, ce « troisième exode » est caractérisé non seulement par le nombre croissant des immigrants, mais surtout par les particularités spécifiques de ces derniers quant à leur haut niveau d'instruction, à leur haute qualification ainsi qu'au coût élevé de leur départ à l'étranger.

Des spécialistes en la matière indiquent qu'en ce qui concerne le statut des immigrants, la plupart d'entre eux ne sont plus des intellectuels ou bien des ouvriers hautement qualifiés, mais des richards qui emmènent avec eux les grosses fortunes qu'ils ont amassés dans leur pays d'origine, puis après qu'ils ont réussi à se faire naturaliser en obtenant la nationalité étrangère, ils laissent leur progéniture dans le pays concerné et reviennent en Chine qu'ils considèrent comme le lieu de prédilection leur permettant de continuer à faire fortune.

Dernièrement, www.sina.com a procédé à une enquête en ligne qui a visé quelque 11.345 internautes et les résultats montrent que parmi ces derniers, 50,4% pensent que l'exode des richards chinois a pour objectif de « transférer leur fortune à l'étranger pour pouvoir frauder le fisc en mettant à couvert leur richesse ». 74,5% déclarent que l'exode de richards chinois aggrave sérieusement la fuite à l'étranger des richesses du pays et seulement 6,7% croient que le problème n'est pas tellement grave et ne compromet pas la situation intérieure du pays.

Malgré cela, parmi les personnes qui ont fait l'objet de l'enquête, 75,2% affirment que si les conditions économiques et financières leur permettent, ils choisiront également l'immigration.

Evidemment, les raisons du choix de l'immigration sont diverses et différentes compte tenu du statut et de la qualité des gens appartenant à différentes couches sociales, qu'ils préfèrent s'établir à l'étranger ou bien de rester en Chine, c'est seulement leur choix personnel et on a rien à dire ni à intervenir. Cependant, une telle ampleur de fuite à l'étranger de la richesse, de l'intelligence, de l'élite et du cerveau est vraiment un désastre qui constitue en fait un signal qu'on ne doit ni négliger ni sous-estimer, surtout pour notre société qui en souffrira.

Quelles sont en fait les raisons qui poussent à ce troisième exode ?

Premièrement, c'est un besoin du sentiment de la sécurité. Un étudiant venu de Taïwan, qui a séjourné quelques jours dans la partie continentale chinoise, a fait part franchement de ce qu'il ressent en s'exclamant : « La partie continentale est vraiment excitante ! » et il a ajouté que dans une telle société indéterminée qui se développe à un rythme rapide accéléré, toute le monde ressent une violente conscience compétitive et chacun est rempli d'un sentiment d'inquiétude et d'anxiété. Quant aux gens possédant ou bien la richesse ou bien l'intelligence, ils pensent que les pays développés pourront peut-être mieux satisfaire leur attente de la vie, c'est-à-dire la stabilité et la tranquillité.

Deuxièmement, c'est le besoin de la préservation de la valeur des fonds. Face à la pression et aux anticipations inflationnistes qui constituent pour eux une sérieuse épreuve, un grand nombre de nouveaux riches ressentent certainement une grande attente et une plus violente inquiétude quant à la préservation et à la revalorisation de leurs biens capitaux, tandis que dans la société chinoise d'aujourd'hui, le déchaînement de la spéculation ainsi que le rétrécissement sans cesse des moyens et des possibilités d'investissement peuvent également provoquer un « effet de refoulement » vers l'extérieur des avoirs et des biens.

Troisièmement, c'est pour l'éducation de la progéniture. Nombreux sont les immigrés qui déclarent que la chose la plus importante pour eux c'est l'éducation de leurs enfants pour qu'ils puissent être sains de corps et d'esprit. Alors qu'en Chine, il y a trop de problèmes, tels que la pollution, les soins médicaux ou bien l'éducation, qui ne peuvent être ni réglés ni améliorés dans un laps de temps relativement court. On a effectué pour cela un calcul : les frais nécessaires d'étude secondaire et d'étude supérieure pour un enfant et en y ajoutant les autres frais pour le choix des meilleurs écoles et pour les cours supplémentaires suffisent justement pour compenser le coût de l'immigration.

Quatrièmement, c'est l'« empressement » du pays d'accueil. Après l'éclatement de la crise financière et économique internationale, un grand nombre de pays développés, en vue de leur croissance économique respective, ont assoupli leur politique d'immigration en faveur des immigrants investisseurs, ce qui a attiré pas mal de richards de la partie continentale de la Chine qui se sont rendus pour y investir et pour y s'établir.

Le journal « Southern Weekly » a cité des données statistiques établies par le Bureau d'immigration du Canada qui indiquent qu'en 2009, le pays a fixé le nombre total de 2.055 personnes pour les immigrants investisseurs venus des autres pays du monde, alors que le nombre prescrit pour ceux venus de la partie continentale de la Chine se chiffre à un millier environ, soit presque la moitié. Calculé sur la base du coût de départ d'investissement fixé à 400.000 dollars canadiens, pour la seule année 2009, même si l'on tient compte seulement de ce « critère seuil », le montant des fonds et des biens capitaux écoulés de la Chine vers le Canada se chiffre au moins à 2,35 milliards de yuans RMB (monnaie chinoise), ce qui équivaut aux fonds nécessaires à la construction du Pavillon chinois à l'Exposition universelle de Shanghai.

Alors, sous quel angle de vue doit-on considérer la présente fuite à l'étranger de l'élite, de l'intelligence et de la richesse de la Chine ?

Xu Youshen, Directeur Adjoint du Bureau chargé des Affaires des Chinois d'outre-mer du Conseil des Affaires d'Etat, a fait le 16 juin dernier une déclaration au sujet du problème d'immigration en insistant sur les trois points suivants : « Tout d'abord, c'est respecter le droit à l'immigration, qui est une importante partie composante des droits de l'homme, mais évidemment dans les conditions légales ; ensuite, la Chine se chargera de protéger d'après la loi les droits et les intérêts légitimes de ses ressortissants nouvellement établis à l'étranger ; enfin, c'est qu'il faut orienter dans la bonne direction, c'est-à-dire que la Chine doit guider les nouveaux ressortissants pour qu'ils respectent les lois et règlements du pays d'accueil, s'intègrent petit à petit dans la société locale et apportent leur contribution au développement économique du pays concerné. »

Des commentateurs ont indiqué que cela prouve que les autorités chinoises se montrent très ouvertes à l'endroit de l'immigration à l'étranger et possèdent une bonne vision internationale très large quant à cela. Quant à Zeng Xingcun, un savant de l'Académie des Sciences sociales de Chine, il a indiqué que dans la situation de mondialisation d'aujourd'hui, le courant d'immigration revêt un caractère en même temps logique, inéluctable et rationnel. Avant les exodes à l'étranger qui se sont produits dans la partie continentale chinoise, la même chose a eu lieu à Taïwan. De même, à Singapour, en Corée du Sud et même dans certains pays développés, il est apparu également la fuite d'élites et de cerveaux. Puis, à travers la « circulation de l'intelligence et de la compétence », ce la a été bénéfique pour tout le monde.

« Dans l'époque de la mondialisation, les notions « gain de l'intelligence », « circulation de la compétence », « force souple » ont remplacé petit à petit « fuite de l'intelligence et de la compétence », a fait remarquer Yan Jinjin qui est aspirant au doctorat au Centre des études sur l'Asie de l'Université de Hong Kong. Il a poursuivi en disant que du point de vu actuel, pour des pays d'Asie, dont Singapour et l'Inde, il n'y a pas eu de graves conséquences dues à l'immigration en masse de personnes compétentes et talentueuses. Car, en dehors du caractère de recyclage dont revêt la circulation de l'intelligence et de la compétence, ce qui est plus important encore, c'est que ces pays-là ont tous adoptés des mesures justes et efficaces susceptibles d'attirer les personnes compétentes et talentueuses ou bien inciter et d'encourager le retour au pays d'élites et de cerveaux.

Pour ce qui est de cela, le gouvernement chinois a mené beaucoup de travail fructueux dans ce sens et a lancé successivement ces dernières années une série de mesures politiques préférentiels en vue d'accroître le nombre des « haigui » (jeunes chinois qui ont fait leurs études supérieures à l'étranger et qui sont de retour au pays pour faire valoir leur compétence). En 2008, le gouvernement chinois a commencé à appliquer le « Programme d'introduction de l'étranger de personnes compétentes et talentueuses de haut niveau », dans lequel il est prévu que d'ici cinq à dix ans, il faut faire des efforts pour attirer et introduire de l'étranger en Chine un contingent de scientifiques et de savants stratégiques pilotes qui seront capables de réaliser des percées technologiques en matière de high-tech, de développer les secteurs industriels de technologies sophistiquées et de pousser en avant les nouveaux domaines scientifiques. A cet effet, ils seront affectés aux principaux projets d'innovation de l'Etat, à des disciplines et à des laboratoires d'importance primordiale, à de grandes entreprises relevant directement de l'Etat, à des institutions financières commerciales publiques, ainsi qu'à des parcs de création et d'innovation axés sur l'exploitation industrielle de nouvelles technologies de pointe.

Quant au « Programme d'Etat (2010 – 2020) à long et moyen terme du projet de développement des personnes compétentes et talentueuses », qui vient d'être publié en juin dernier, il prescrit qu'en 2020, la Chine doit figurer parmi les plus grands et les plus puissants pays du monde quant au développement de la compétence et de l'intelligence.

Zhang Xuezhong, membre du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, a dit : « La Chine continue à connaître une croissance vigoureuse et elle se prépare à accueillir l'arrivée du nouveau tour du retour des personnes talentueuses qui ont achevé leurs études supérieures à l'étranger qui rentrent au pays pour créer leur propre entreprise et pour contribuer par leurs efforts au développement de la Chine. Une grande scène est en train de se former. Elle est tellement immense qu'elle permettra à tous les étudiants chinois revenus de l'étranger de faire valoir capacité et de déployer tous leurs talents pour accomplir des actions d'éclat et pour réaliser de grands exploits remarquables. »

En dehors de l'attirance et du soutien politique, les tâches des plus urgentes qui n'admettent aucun retard sont les suivantes : faire de la Chine un pays où il sera réellement facile et agréable d'y vivre ; construire une société vraiment harmonieuse ; améliorer sensiblement les conditions de l'éducation, de la sécurité, de l'environnement et de la protection des biens et des propriétés ; et accroître dans de fortes proportions la force compétitive de la Chine dans le monde.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Peut on laisser des commentaires?
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Chine : hausse des prix de l'essence et du diesel
Pour la RPDC, réagir à la manoeuvre militaire sud-coréenne "ne vaut pas la peine"
Comment vendre l'image d'un Dragon amical ?
Les mesures de règlement des embouteillages à Paris méritent d'être étudiées par Beijing
Interaction active entre la Chine et le monde
Ne pas céder l'Afrique à la Chine est une logique perverse
Pourquoi le « Made in China » est plus cher