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Français>>OpinionMise à jour 03.08.2010 14h45
La forte croissance de la population de l'UE est-elle due à l'immigration ?

L'office statistique des communautés européennes Eurostat a publié le 27 juillet dernier les données qu'elle vient d'établir, selon lesquelles la population de l'Union européenne a franchi la barre des 500 millions de personnes et que jusqu'au 1er janvier 2010, les 27 pays de l'UE réunissaient 501,1 millions d'habitants, contre 499,7 millions en 2009. La population s'est accrue de 1,4 million soit un taux annuel de 2,7 pour 1000 habitants. IL est indiqué en même temps que la forte croissance de la population de l'UE est due principalement à l'augmentation des immigrés venus de l'extérieur.

Le problème de l'immigration constitue pour l'Europe l'un des plus importants problèmes chauds politiques et sociaux, du fait qu'il est rempli d'un esprit de lutte sourde partisane et idéologique. Selon les estimations de spécialistes en la matière, le nombre total de la population immigrée qui s'est établie dans toute l'Europe se chiffre actuellement entre 56 millions et 60 millions habitants, y compris 3 à 4 millions d'immigrés clandestins dont le nombre croît sans cesse à un rythme annuel de quelque 500.000 personnes. Toutefois, compte tenu du taux de natalité et du vieillissement de la population européenne, d'ici 2050, la population active en Europe diminuera de 20 millions de personnes.

La pénurie constante de personnes compétentes et talentueuses ainsi que de la main-d'œuvre, le bas taux de natalité et le vieillissement de la population constituent ensemble une grave menace qui empêchera le développement ultérieur de l'économie européenne et c'est dans ce contexte-là que l'Europe s'aperçoit qu'elle a besoin de migrants pour maintenir sa croissance économique et pour combler le fossé de main d'œuvre créé par les départs en retraite de ses actifs. Cependant, l'afflux d'immigrés clandestins apporte de sérieux problèmes sécuritaires à la société des pays membres de l'UE qui considèrent ainsi que l'immigration est un « problème ». Par conséquent, les divers pays de l'Europe, et principalement les pays membres de l'UE s'efforcent actuellement de parfaire chacun ses lois et ses règlements sur l'immigration, le but étant de restreindre l'entrée d'immigrés clandestins et d'encourager, au moyen de la sélection, l'immigration légale, ce qui permettra d'apporter à l'Europe une solution pour pallier au manque de la main-d'œuvre qualifiée et compétente.

Jusqu'au milieu du vingtième siècle, l'Europe a été toujours la principale destination des travailleurs originaires des régions peu développées qui s'expatrient pour trouver un emploi ou un emploi mieux rémunéré et elle est devenue ainsi la région de prédilection pour l'immigration internationale. Et à un certain sens, on peut dire que c'est justement à cause de ce grand courant de déplacement transfrontalier que la civilisation européenne a pu s'étendre et être transmise à travers le monde. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l'Europe, d'une région traditionnellement pourvoyeuse de migrants, est devenue une région d'accueil pour ceux-ci, et surtout les pays membres de l'UE qui sont devenus les premiers choix pour un grand nombre d'immigrés qui s'y installent définitivement. A l'époque de la guerre froide, des millions de persécutés politiques ont quitté l'Union soviétique et les pays de l'Europe de l'Est pour se réfugier en Europe de l'Ouest. Puis, dans les années 60 et 70 du siècle dernier où l'économie européenne était prospère et florissante, les travailleurs venus des anciennes colonies et des pays de l'Europe méridionale ont afflué en grand nombre en Europe occidentale. Ensuite dans les années 90, suite à la guerre intestine au Balkan, des centaines de mille d'habitants de la région ont été obligés de « se déplacer vers le nord ». Par la suite, c'était l'arrivée massive en Europe de millions d'immigrés économiques venus de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique latine qui désirent y trouver une vie meilleure et parmi eux, nombreux sont ceux qui pensent pouvoir améliorer leur statut social. Des pays européens, dont la Grande-Bretagne, l'Irlande et la Suède, ont été les premiers à accueillir des immigrés, tandis que l'Allemagne figure parmi les principaux pays de l'UE qui appliquent une politique sur l'immigration relativement conservatrice. Toutefois, en raison de sa forte population, l'Allemagne est en même temps l'un des pays européen qui compte le plus d'immigrés. Quant à la France et à l'Italie, elles sont les destinations préférées pour les migrants. Pour ce qui est des Pays-Bas, déjà au dix-septième siècle, ils sont connus dans le monde pour leur largeur d'esprit caractérisée par la générosité et l'indulgence envers les immigrés ainsi que pour leur culture diversifiée. Leur politique d'immigration souple et détendue attire en grand nombre des immigrés qui y viennent pour se réfugier et chaque année, ils accueillent à peu près soixante mille immigrés légaux. Parmi les pays membres de l'UE, le Luxembourg est doté d'un taux de population immigrée le plus élevé (33,4%) et il est suivi par les Pays-Bas, la Belgique et l'Autriche (environ 10%). Depuis les années 80 du siècle dernier, d'autres pays, tels que la Finlande et l'Espagne, sont devenus de nouvelles destinations préférées des migrants.

La plupart des pays de l'UE reconnaissent que l'assimilation progressive d'immigrants est importante pour le développement de leur économie, alors qu'en général, le public de ces pays pense que l'afflux massif des immigrés constitue un facteur important de l'élévation du taux moyen de chômage ou tout au moins aggrave la concurrence dans la recherche d'emplois. En ce qui concerne les spécialistes chercheurs en la matière, la plupart d'entre eux pensent que d'après la situation réelle du moment, il n'y a aucune raison de conclure que c'est la venue de travailleurs étrangers qui fait que le taux moyen de chômage s'élève constamment et pour contester cette conclusion, ils ont cité l'exemple du Luxembourg qui est le pays de l'UE qui a le plus fort taux de la main-d'œuvre étrangère, mais qui est en même temps l'un des pays européens qui ont le plus faible taux de chômage.

Compte tenu de leurs besoins essentiels, les pays européens souhaitent en réalité seulement deux catégories de migrants, à savoir les personnes hautement qualifiées sur le plan des nouvelles technologies avancées et la main-d'œuvre bon marché. De façon générale, sur le problème de l'immigration, les pays membres de l'UE sont divisés en deux parties : l'une est constituée de pays d'immigration traditionnels, tels que la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Belgique, elle préconise qu'il est important d'aider les immigrés à s'intégrer dans la société, mais en même temps il faut contrôler le courant d'immigration et combattre énergiquement l'immigration clandestine ; l'autre est constituée de pays qui hésitent à s'ouvrir à l'immigration et qui éprouvent même de la répugnance pour cela. Avec les problèmes de plus en plus nombreux occasionnés par la venue d'immigrés, il est apparu chez les pays de l'Europe occidentale un courant qui souhaite la fermeture à l'immigration.

En raison de l'afflux depuis des années d'immigrés clandestins, l'immigration est devenue un problème extrêmement sensible et épineuse pour les milieux politiques européens. L'arrivée massive d'immigrés clandestins aggrave certainement les problèmes sociaux de plus en plus complexes de l'UE. L'ordre public et la sécurité sociale qui ne cesse de se dégrader et de s'empirer, le taux de chômage qui grimpe continuellement, tout cela est imputée à l'augmentation de la population immigrée venue de l'extérieur et les immigrés sont considérés comme de grands coupables à l'origine de nombreux problèmes sociaux. Pour pouvoir récolter un plus grand nombre de voix favorables, la plupart des politiciens européens utilisent souvent le problème de l'immigration pour se forger une image d'intransigeance sur ce problème-là. Car, il est plus facile de chercher à plaire aux électeurs en prêchant la lutte contre l'immigration clandestine, voire même les restrictions imposées au nombre d'immigrés, qu'en se déclarant favorable à l'entrée au pays de ces derniers. Le problème de l'immigration aide à un certain degré à l'émergence et au renforcement en Europe de l'aile de l'extrême droite. Au cours de la dizaine d'années écoulées, que ce soit en France, en Autriche, en Italie, en Allemagne, en Hollande, au Danemark ou bien que ce soit dans certains autres pays européens, les forces de l'extrême droite se sont toutes sans exception servies de leur position intransigeante sur le problème de l'immigration pour recueillir plus de voix dans les élections.

Les divers pays de l'UE ont une tradition différente à l'encontre de l'immigration et chacun a ses propres traits distinctifs quant à sa politique d'immigration. Par exemple, le gouvernement français ne considère pas, comme le gouvernement hollandais, les immigrés en tant qu'une minorité nationale et n'accorde pas, sur le plan financier, des subventions aux activités culturelles et sociales organisées par les groupements d'immigrés. Le gouvernement ne les reconnaisse pas comme une nationalité minoritaire, mais il les encourage à devenir une partie composante de la société française. La France met l'accent sur « le renforcement de l'intégration sociale des immigrés, sur la création d'opportunités aux nouveaux immigrés et à leurs progénitures et sur la lutte contre la discrimination ethnique » et les considèrent comme des moyens clés de la solution du problème de l'immigration. Après la reprise du pouvoir en 2002 d'un gouvernement de la droite, il a rétabli le fonctionnement de la « Commission interministérielle des affaires de l'immigration » fondée et instaurée en 1989 et a lancé par la suite le « Programme de promotion de l'intégration des nouveaux immigrés ». Des dispositions concrètes ont été appliquées en ce qui concerne le travail d'accueil des nouveaux immigrés, la promotion professionnelle des immigrés et la lutte contre la discrimination ethnique. Il a été stipulé, par exemple, qu'à partir de 2004, le « Contrat d'intégration d'immigré » sera à nouveau appliqué à titre obligatoire. D'après ce contrat conclu entre le gouvernement et l'immigrant en question, ce dernier a l'obligation d'accepter l'instruction obligatoire de citoyenneté et de l'apprentissage du français (200 à 500 heures) et a le droit d'accepter, d'après son cas particulier, une formation professionnelle. D'autre part, il a l'obligation d'accepter les us et coutumes françaises ainsi que les pratiques et les habitudes morales françaises, d'accomplir les stages de formation et de perfectionnement et de passer les examens décidés par le gouvernement. Celui qui serait incapable de passer avec succès lesdits examens serait alors privé de son droit d'immigration et renvoyé dans son pays d'origine. Par exemple, un solliciteur qui ne possède pas le niveau essentiel du français, il lui sera demandé de retourner à l'école pour apprendre le français même s'il satisfait entièrement aux autres conditions d'immigration et sa demande peut être même refusée s'il s'obstine à ne pas apprendre le français. Et la même chose sera appliquée à l'encontre de celui qui persiste dans les coutumes et les mœurs de son pays d'origine (telle que la polygamie) et sa demande d'immigrer en France lui sera refusée.

Après les attentats du 11 septembre 2001 survenus aux Etats-Unis, tout en accentuant le degré de frappe contre l'immigration clandestine, les pays de l'Europe occidentale, pour garantir la stabilité de leur situation sociale et politique intérieure, sont en train d'employer divers moyens et à des degrés différents de réviser et de compléter leurs lois et règlements sur l'immigration, de renforcer l'identification des candidats qui ont déposé une demande pour l'immigration légale et d'élever furtivement le seuil pour ce genre d'immigration et cela est devenu sans aucun doute un courant de la politique concernée de tous les pays de l'Europe. Prenons toujours la France comme exemple, le gouvernement français insiste sur l'« immigration choisie », c'est-à-dire la possibilité de sélectionner la main-d'œuvre selon les besoins de l'économie française et d'accueillir des étrangers « porteurs d'un projet économique, scientifique, culturel ou humanitaire ». Il est appliqué à cet effet à l'égard des demandeurs un système de « notation » qui permet à la France de choisir parmi les candidats à l'immigration et d'accueillir les meilleurs d'entre eux. Les lois françaises concernées ont pour objets de lutter contre l'immigration irrégulière, de limiter les conditions d'entrée et de séjour en France, de maîtriser l'immigration familiale et d'encourager l'immigration pour des raisons professionnelles. Les principales mesures de lutte contre l'immigration clandestine sont la création de fichiers des empreintes digitales et des photographies des étrangers sollicitant un titre de séjour ou un visa et les sanctions contre les mariages et les paternités de complaisance. Depuis juin 2007, à la suite de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence, la politique de l'immigration est conduite par le Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement. Ses attributions ont été définies comme suivants : maîtriser les flux migratoires, encourager le codéveloppement, favoriser l'intégration et promouvoir l'identité française.

Pour satisfaire ses besoins en main-d'œuvre et pour promouvoir son développement économique, l'Europe est obligée de prendre en considération l'entrée chez elle d'un assez grand nombre d'immigrés venus de l'extérieur. Selon des analystes, il existe toujours en Europe des idées erronées sur l'immigration, telles qu'il suffit de fermer les frontières pour pouvoir empêcher l'immigration clandestine, qu'il y a partout en Europe des immigrés clandestins, que la croissance économique sera réalisée avec le règlement du problème d'immigration, que l'Europe n'a plus la capacité d'accueillir d'autres immigrés, … etc.



Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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