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Français>>OpinionMise à jour 05.08.2010 15h25
Les images d'une évacuation musclée de squatteurs suscitent une polémique qui montre l'échec de la nouvelle politique française d'immigration

Le quotidien « Beijing News » rapporte qu'une vidéo mise en ligne le 2 août montrant l'évacuation particulièrement violente d'immigrés sans logements par des policiers français a fortement choqué et indigné l'opinion publique française et a suscité, parmi les Français, une plus grande préoccupation pour la nouvelle politique d'immigration proposée dernièrement par Nicolas Sarkozy qui a annoncé que les tsiganes en situation irrégulière seront expulsés et que les Français d'origine étrangère qui ont commis de graves délits seront dénaturalisés. Bien que ces mesures proposées par le Président français ne sont pas encore mises en application, mais des analystes ont indiqué que cette position tellement dure et intransigeante adoptée par ce dernier à l'égard des immigrés est en fait une « minauderie politique », qu'elle provoquera peut-être parmi la société française un sentiment du « nationalisme » qui pourrait se déchaîner et qu'il semble qu'il y aura des difficultés pour appliquer effectivement cette nouvelle politique.

Des femmes et des enfants traînés par terre.

La scène montrée dans la vidéo se passe début juillet dans le quartier de la Courneuve, dans la partie nord de la ville de Paris, où des familles d'immigrés d'origine africaine s'y sont installées illégalement. Les autorités locales ont commencé, à partir du 8 juillet, les démolitions en vue de réaménager et de remettre en ordre le quartier et les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation des squatteurs qui campaient au pied de la barre Balzac après leur expulsion du quartier des 4000 à La Courneuve, voué à la démolition.

Bien que le porte-parole du cabinet du préfet ait déclaré que le gouvernement a demandé à des hôtels d'accueillir provisoirement les squatteurs, mais ces derniers refusent tout projet d'installation provisoire et pour protester contre la décision gouvernementale, ils ont commencé à partir de début juillet à camper dans la rue et à y mener une manifestation avec sit-in.

Le 21 juillet, pour évacuer les manifestants qui occupaient toujours la rue, la police a commencé une opération musclée. La vidéo diffusée par Droit au logement (DAL) et mise en ligne sur le site Mediapart montre les forces de l'ordre, en tenue, qui extirpent un à un les militants et squatteurs massés par terre, qui résistent en criant, en s'agrippant les uns aux autres, puis les images deviennent brutales : elles montrent une femme, son jeune enfant dans le dos en écharpe, extraite du groupe, tirée au sol par les pieds par un policier. Entre elle et le bitume, l'enfant est emporté et racle le sol. Une pause. Des cris. Et la mère à nouveau traînée par terre. Dans ce second mouvement, l'enfant est extirpé du tissu qui l'enveloppe et un policier se penche pour le prendre. On voit aussi une femme enceinte bousculée et traînée par terre.

Après la mise en ligne de la vidéo, la violence pratiquée par la police parisienne a tout de suite suscité l'indignation publique et les critiques ont fusées de toute part. Selon le porte-parole de DAL, la plupart des manifestants sont des Français d'origine principalement africaine en situation régulière qui habitent à Paris depuis trois à dix ans. « Les expulsions ne se font pas dans la douceur mais cette fois, un cap a été franchi. Cette femme a été traînée avec son bébé dans le dos et une femme enceinte aussi est bousculée, s'indigne Edwige Le Net, du DAL. Pourquoi cacher cette réalité ? Il faut que les choses se passent différemment et que des sanctions soient prises après cette intervention. » D'après le DAL, le déploiement policier aurait été assez massif. « Cela donnait l'impression d'une opération précipitée, avec peut-être un manque d'organisation. »

La préfecture affirme qu'il n'y a eu « aucun blessé ». « Nous avons regardé les images et fait le point avec les policiers, insiste-t-on au cabinet du préfet. Notre position est claire, les gens étaient informés selon la procédure légale. Il y a eu une première sommation au mégaphone, puis une deuxième prévenant du recours à la force. Dès lors, le rassemblement interdit est un délit. On voit une maman qui n'ignorait pas la présence de son enfant, et qui, d'elle même, se met sur le dos. Le policier ne l'avait pas vue et quand il s'en rend compte, il prend l'enfant dans ses bras. Ce ne sont pas des violences policières. »

Les tsiganes en situation irrégulière seront expulsés.

Filmées le 21 juillet, les images ont été publiées le 2 août et cela a été comme un « coup de massue » porté à la nouvelle politique d'immigration dure appliquée par le gouvernement français depuis fin juillet dernier.

Le 28 juillet, Nicolas Sarkozy a convoqué au Palais de l'Elysée une réunion pour discuter de la situation sécuritaire et de la politique d'immigration. Il a été décidé d'interdire d'ici trois mois les lieux de campement de la moitié de la population gitane en situation irrégulière sur le sol français et d'apporter certaines modifications à la loi française concernée afin que les tsiganes clandestins qui ont commis des méfaits en France puissent être expulsés et rapatriés dans l'immédiat.

L'adoption de cette nouvelle mesure politique est liée aux troubles déclenchés auparavant par des tsiganes. Le 18 juillet, lors d'un contrôle routier à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), un jeune gitan, suspecté de chapardage et au volant d'une voiture sans permis de conduire, a été abattu par un policier, en position de légitime défense, qui a ouvert le feu sur la voiture qui se dirigeait droit vers son collègue. Cet incident a provoqué la colère de plusieurs dizaines de gitans armés qui se sont précipités le soir même vers le commissariat pour l'encercler. Les violences ne se sont arrêtées et les fauteurs de troubles ont continué leurs méfaits en incendiant des voitures, en brûlant le drapeau national et en démolissant les boutiques et les installations publiques qui se trouvent sur leur chemin. Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il tiendrait une réunion à l'Élysée sur les " problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms ". Cette réunion devrait déboucher selon lui sur l'expulsion de "tous les campements en situation irrégulière", car ce sont des lieux de transactions illégales et des endroits où l'on apprend aux enfants les moyens de commettre des délits, tels que la mendicité et la prostitution.

« L'expulsion pure et simple n'est pas un bon moyen pour résoudre le problème de l'immigration clandestine ».

La Ligue des Droits de l'Homme a réagi à cette annonce en déplorant que de telles réunions donnent " l'impression que tous les gens du voyage et tous les Roms sont des criminels et des délinquants ". "Plutôt que de stigmatiser une population, il serait bien que les lois de la République s'appliquent à tous" a déclaré Malik Salemkour, chargé de la question des roms à la LDH (Ligue des droits de l'homme), en référence aux nombreux maires qui n'ont pas aménagé de places adaptées à ces populations contrairement à ce que prévoit la loi.

On compte actuellement en France près de quatre cent mille gitans dont la plupart sont des immigrés venus de l'extérieur et ils font l'objet de visites régulières de la police locale qui les considèrent comme des éléments instables. Les partis de l'opposition et certaines organisations populaires accusent et condamnent cette façon de faire à leur égard en indiquant que l'actuel gouvernement français est suspect d'appliquer une politique de discrimination ethnique à l'encontre des tsiganes. D'autre part, des analystes se sont inquiétés de ce que les gitans pourraient devenir les victimes de la propagation en France du « nationalisme ».

Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, a défendu la nouvelle mesure politique en disant : « Très peu de gitans pensent et essaient de s'intégrer et de s'adapter à la société française. La plupart d'entre eux se livrent à la transaction en ligne de drogues et de stupéfiants. ». Il a insisté qu'il faut empêcher, en France, "des situations de campement épouvantables" et des situations "où les enfants sont livrés à eux-mêmes, ou bien sont exploités par des réseaux criminels, qui donnent lieu à des cambriolages, attaques de distributeurs de billets, mendicité agressive, prostitution et pickpocket, suivant les réseaux et les particularités régionales".

Quant aux organisations européennes pour les droits humains fondamentaux, elles ont indiqué que les tsiganes qui vont être expulsés de la France par Nicolas Sarkozy n'ont jamais l'occasion de jouir de leurs droits sociaux normaux et que leur expulsion pure et simple occasionnera dans le monde l'apparition d'un plus grand nombre de vagabonds sans feu ni lieu, tandis que le problème de l'immigration s'aggravera au lieu de s'améliorer.

En Chine, Li Dan, spécialiste en matière des problèmes de la France de l'Institut de la Diplomatie, a émis des doutes à l'égard de la nouvelle politique française d'immigration en indiquant qu'elle est pratiquement inapplicable. Il a précisé en faisant remarquer que l'existence en France de la population gitane est en fait un problème historique qui a duré depuis longtemps dans le passé. Certains gitans n'ont pas acquis la nationalité française, mais ils ont quand même vécu de longues années en France. Si le gouvernement français décide de les expulser, dans quel pays faudrait-il alors les rapatrier ? Et les autres pays seront-ils d'accord sur ce point-là et voudraient-ils les accueillir ? C'est un problème que le gouvernement français est obligé d'en prendre compte.

La dénaturalisation provoque reproches et blâmes.

Les voix qui se font entendre reprochant à Nicolas Sarkozy sa décision de dénaturaliser les gitans en situation irrégulière qui ont commis des délits n'ont aucunement ébranlé sa détermination. Le 30 juillet, lors de sa visite d'inspection à Grenoble où ont eu lieu les incidents et les émeutes après la mort d'un jeune braqueur tué par la police, il a insisté que le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires en vue de dénaturaliser les gens d'origine étrangère qui ont commis en France de graves crimes.

Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a déclaré : « La déchéance de la nationalité française à l'encontre d'une personne d'origine étrangère est totalement contraire à l'idée de l'égalité pour tous préconisée par la République française. ». Soulignant que le chef de l'Etat est "responsable" de la suppression de 11.000 postes de policiers et gendarmes depuis 2007, M. Hamon a évoqué "l'échec d'une politique manichéenne et simpliste qui consiste à chercher des boucs émissaires à ses propres échecs" en la matière.

Un spécialiste en matière de la Constitution française a indiqué de son côté : « Il est dit dans l'Article un de notre Constitution que la République française garantit que tous ses citoyens sont égaux devant la loi et qu'il n'y aura aucune discrimination. Quoi qu'il en soit, personne n'a le droit de privé une autre de sa nationalité française, car il n'est pas permis de créer un apatride dépourvu de nationalité légale et dont aucun Etat ne considère comme son ressortissant. Et cela est également interdit par la loi internationale ! ».

Selon le Ministère français de l'Immigration, il sera possible que ladite proposition du Chef d'Etat soit soumise, dans la dernière décade de septembre prochain, à l'Assemblée nationale pour débat et pour approbation.

Quant à Li Dan, il a indiqué que la loi française n'a pas prévu un mécanisme de la déchéance de la nationalité française. Excepté dans le cas où le gouvernement français insiste pour une nouvelle législation ou bien décide l'application par moyen administratif. Toutefois, d'après l'efficacité du pouvoir législatif français, il y a peu de possibilité pour l'adoption et l'application de cette loi.

Un combat contre la violence ou bien une « minauderie politique ».

Nicolas Sarkozy a dit : « Le phénomène de l'immigration non réglementaire existe en France il y a déjà cinquante ans. Ce qui a conduit à l'échec de l'intégration des immigrés venus de l'extérieur dans la société française. » et d'après lui, c'est aussi l'une des principales raisons de la propagation et de l'extension de la violence.

Cependant, certaines personnalités politiques émettent des doutes et indiquent que le réel but de Nicolas Sarkozy de détourner l'attention du public afin de pouvoir sortir de la crise actuelle et de relever sa cote de popularité.

Li Dan a indiqué que le présent gouvernement français a toujours considéré le problème de l'immigration comme le plus grand problème social de la France. Quant à Nicolas Sarkozy, il a déclaré à plusieurs reprises que le problème d'intégration des immigrés dans la société française produit un grand effet sur celle-ci, c'est pourquoi depuis son ascension au pouvoir suprême de la République française, il a toujours accordé une attention toute particulière au problème de l'immigration.

Vu de façon superficielle, il semble que la nouvelle politique d'immigration soit quelque peu radical, alors que d'après Li Dan, la politique d'immigration du gouvernement Sarkozy revêt en fait un caractère de continuité. Au début, celui-ci a appliqué la « politique de l'immigration choisie » et il a été adopté à l'égard des immigrés de niveau inférieur des restrictions plus sévères du fait qu'ils sont considérés comme « des gens qui veulent disputer le gâteau du bien-être avec les Français », tandis que pour les personnes compétentes et qualifiées, on les incite à immigrer en France pour s'y établir définitivement.

D'autre part, il s'est produit successivement des scandales sur la scène politique française et Nicolas Sarkozy lui-même a été mêlé à l'affaire de la « contribution politique » de l'héritière d'Oréal. Qui a provoqué la chute de sa cote de popularité. C'est pourquoi certains médias français que la nouvelle politique d'immigration de Nicolas Sarkozy a pour but de rechercher des avantages politiques en mettant l'opinion publique de son côté.

Le Président du Mouvement démocrate François Bayrou a analysé le tour de vis sécuritaire pris par Nicolas Sarkozy et il a dit : "Il s'agit de créer une polémique parce que la polémique est le meilleur moyen de faire de la communication, de ressouder ce qu'on croit être son camp autour de soi quand les sondages fléchissent". Le Secrétaire national du Parti socialiste chargé de la vie des fédérations et des élections Christophe Borgel, il a déclaré : « Il est tout à fait claire la proposition de Nicolas Sarkozy de déchoir certains criminels de la nationalité française vise en fait à détourner l'attention du public français et à faire oublier l'affaire Woerth-Bettencourt et masquer son échec le plus total. ». Quant à Benoît Hamon, Il a jugé que les annonces sur la déchéance de la nationalité pour certains criminels d'origine étrangère évoquée par Nicolas Sarkozy, étaient "particulièrement graves". "La République est une et indivisible. Le président de la République, qui est garant de la Constitution, est en train d'introduire une différence entre citoyens récemment français et citoyens français depuis plusieurs générations". Selon lui, "Nicolas Sarkozy est dépassé par l'insécurité, débordé par l'échec d'une politique beaucoup trop simpliste et il est engagé dans un bras de fer avec Marine Le Pen dans la perspective du premier tour de la présidentielle de 2012". "L'essentiel pour lui est de parler fort pour récupérer des dividendes électoraux", et il "ne pense pas à régler les problèmes de violences dans ce pays", a-t-il conclu.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Voila bien le pays de Droits de l'Homme qui se veut être un modèle et un donneur de leçon ...
Ce qui est évident est que Sarko ne veut plus de l émigration.I l ont essaye plusieurs for...
La Balle des GitansMauvais temps pour tous les gitans, qui n’ont plus de permis pour faire...
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