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Français>>OpinionMise à jour 01.09.2010 14h23
Les liens sino-européens nagent encore dans l'incompréhension mutuelle

Lors de sa visite en Chine cette semaine, Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'Union Européenne, aura l'occasion de réfléchir sur la façon de faire avancer les liens sino-européens. A son crédit, Mme Ashton ne s'est pas contentée de prendre un avion vers Beijing, elle est aussi allée à Guiyang, capitale de la province du Guizhou. Cela lui a sans doute permis de prendre conscience de l'énorme contraste de styles de vie qui existe dans la Chine d'aujourd'hui.

Bien que la Chine et l'UE soient partenaires stratégiques, elles semblent opposées l'une à l'autre sur de nombreux sujets. Cela se constate par exemple dans les négociations actuelles pour un nouvel accord de partenariat, qui progressent avec difficulté. Le meilleur moment dans leurs relations est arrivé en 2003, quand le Ministère chinois des Affaires Etrangères a publié une évaluation positive de l'UE. Elle se félicitait de l'introduction de l'Euro et de l'élargissement à venir de l'UE de 15 à 27 membres.

L'UE était considérée comme un acteur important du nouveau monde multi-polaire. L'UE, pour sa part, cherchait à construire un partenariat stratégique avec la Chine, qui serait mutuellement bénéfique en termes d'augmentation du volume du commerce et de la coopération économique et politique. L'ancien Chancelier allemand Gerhard Schröder et l'ancien Président français Jacques Chirac avaient alors promis de faire lever l'embargo de l'UE sur les ventes d'armes à destination de la Chine. Cette promesse n'a cependant jamais été tenue, et l'UE s'est ensuite déchirée sur la guerre d'Irak, portant un coup sévère à ses ambitions de devenir un acteur de poids sur la scène mondiale.

Depuis lors, l'UE a pris un certain nombre de mesures pour améliorer sa politique étrangère, le point culminant étant la décision prise le mois dernier d'établir un service des actions extérieures de l'UE. Il ne sera pas pleinement opérationnel avant le mois de janvier prochain, mais d'ores et déjà , Mme Ashton est en train de nommer des diplomates chevronnés venant des institutions de l'UE et des pays membres pour faire fonctionner le nouveau service. Cela n'apportera pas de changements radicaux, mais à terme le nouveau service contribuera à développer une culture de coopération qui ne pourra que bénéficier à la diplomatie de l'UE. Tous les Etats membres reconnaissent d'ailleurs que ce n'est qu'en rassemblant leurs ressources qu'ils pourront avoir de l'influence dans le monde actuel.

La Chine, ainsi que l'a déjà dit Mme Ashton, sera une priorité pour l'UE. Ses vues témoignent de la fascination grandissante envers la Chine, qui se reflète dans la floraison de documents politiques et le flux constant de politiciens et de dirigeants de l'UE qui viennent en Chine. Mais en dépit de ces visites, il y a peu de preuves concrètes d'un authentique partenariat stratégique.

A part l'embargo sur les armes et le refus persistant de l'UE de reconnaitre à la Chine le statut d'économie de marché, il y a aussi de nombreuses disputes sur des problèmes commerciaux et politiques. L'UE pense que la Chine n'est pas à la hauteur de tous ses engagements pris envers l'OMC, ce à quoi Beijing répond que les craintes de Bruxelles au sujet de la concurrence chinoise sont infondées, et mentionne les gros bénéfices faits par les sociétés européennes opérant en Chine.

La Chine se montre aussi sensible face à la volonté de certains politiciens de l'UE de rencontrer le Dalai Lama.

Il y a pourtant une vaste gamme de sujets sur lesquels les deux parties pourraient renforcer leur coopération, dont la crise financière mondiale.

La Chine a fait beaucoup pour stimuler sa demande intérieure, mais elle dépend encore du marché ouvert de l'UE pour sa croissance basée sur les exportations. Il est donc important que les deux parties ne cèdent pas aux sirènes du protectionnisme.

S'agissant de l'environnement et du changement climatique, la Chine et l'UE reconnaissent toutes les deux l'importance de la technologie verte et ont réduit leurs différences dans la lutte contre les émissions de dioxyde de carbone. La Chine et l'UE sont engagées dans le combat contre la piraterie au large des côtes de Somalie. Mais beaucoup pourrait être fait encore dans la gestion d'autres points chauds régionaux, comme l'Iran et l'Afghanistan.

Mais s'il y a de nombreux domaines dans lesquels elles peuvent travailler ensemble, il ne faut pour autant pas se bercer d'illusions au sujet des difficultés.

Les différences fondamentales dans leurs relations, en terme de systèmes politiques, de développement économique, d'histoire et de culture rendent les progrès difficiles.

D'éventuels progrès dépendront d'une meilleure compréhension mutuelle, et la mauvaise perception des motivations de l'autre sont un réel handicap dans les relations entre l'UE et la Chine. S'il y a un réel progrès à faire, il faut alors que les contacts à tous niveaux se développent bien davantage. Quelques pas utiles ont été faits, dont le lancement d'un dialogue économique et commercial de haut niveau, et un soutien de l'UE à diverses écoles de commerce et instituts de l'UE.

Les contacts limités entre les groupes de réflexion européens et chinois doivent être davantage développés et il faut aussi une volonté plus forte des deux parties d'étudier la politique, l'économie et la culture de l'autre.

Les relations UE-Chine vont continuer à se développer et les sujets à traiter ne cesseront jamais d'augmenter. Pour autant, sans un plus fort degré de compréhension mutuelle, ces relations ne pourront devenir aussi florissantes ni profiter aux deux parties autant qu'elles le devraient.

La visite de Mme Ashton fournira peut-être, heureusement, l'élan nécessaire à un développement des contacts de peuple à peuple.

L'auteur est Fraser Cameron, Conseiller au Centre de Politique Européen à Bruxelles.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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