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Français>>OpinionMise à jour 26.09.2010 10h59
L'inflation et les taux d'intérêt repartent à la hausse

Le marché discute toujours pour savoir si la Chine va relever ses taux ou non, mais en fait, sur le terrain, ils sont déjà en train de monter. Le Gouvernement a limité la croissance de l'argent disponible par le biais d'instructions sur les prêts bancaires. La disponibilité de liquidités s'est calmée par rapport à la croissance continue constatée l'année dernière. En juillet, la masse monétaire a augmenté de 17,6% par rapport à l'année dernière, soit 11,5 points de pourcentage en moins que lors de l'année précédente. Les mesures administratives adoptées ont clairement causé un resserrement du marché des prêts. Les entreprises se plaignent d'ailleurs des difficultés à obtenir des prêts.

Jusqu'à un certain point, par le biais de politiques de prêts industriels, les taux ont été maintenus à un niveau assez bas pour les industries privilégiées. Les grandes entreprises publiques, par exemple, peuvent toujours emprunter à des taux préférentiels. Mais pour les autres, les taux d'emprunt ont augmenté de manière significative, à supposer d'ailleurs que les prêts soient disponibles. Pour les promoteurs immobiliers, il n'y a souvent même pas de prêts disponibles du tout. Ils ont donc dû se rabattre sur l'émission d'obligations à haut rendement à l'étranger.

Une hausse de 17,6% de la masse monétaire pourrait être considérée comme élevée, même pour une économie à croissance rapide comme la Chine. Alors, d'où vient ce resserrement du marché du crédit ? La cause en est l'énorme nombre de projets qui sont nés du fait des facilités d'emprunt de l'année dernière. Ces projets ont tout simplement besoin de continuer à emprunter pour continuer. Une croissance rapide de l'argent disponible en Chine crée davantage d'emprunteurs. Même une croissance plus rapide de l'argent disponible est nécessaire si l'on veut simplement maintenir des conditions d'emprunt neutres. Et quand la croissance de l'argent disponible baisse, cela ressemble à des restrictions. Si ce ralentissement persiste, nombreux sont ceux qui feront alors défaillance, comme ce fut le cas après les restrictions de 1994.

Les augmentations des taux ne reflètent qu'imparfaitement l'équilibre des dépôts et des prêts qui se resserre. A l'évidence, la discrimination à l'égard des emprunteurs est un facteur important pour contenir, voire empêcher, les taux d'augmenter plus encore. Par conséquent, la demande en crédit ne devrait pas conduire à une augmentation des taux, et en particulier les taux des dépôts, au niveau qu'ils devraient atteindre. En revanche, s'agissant des craintes en matière d'inflation et de leur impact sur les dépôts, cela pourrait être le cas.

La contribution des ménages à la croissance des dépôts est en baisse. La différence entre les dépôts des ménages et les dettes était de 18 900 milliards de Yuans en juillet de cette année, soit à peine plus que les 18 300 milliards de Yuans de l'année précédente, et en fort contraste avec les 3 900 milliards de Yuans de hausse constatée entre juillet 2008 et 2009. Ces chiffres suggèrent que la volonté d'épargner des ménages est en baisse. L'expansion monétaire dépend de plus en plus de l'afflux de capitaux spéculatifs. Cela rend la situation vulnérable à un renversement des attentes en matière de taux de change.

En dépit des statistiques d'inflation faibles, le comportement des ménages indique clairement que les perceptions et craintes en matière d'inflation sont beaucoup plus élevées. Pour de nombreux produits alimentaires, les prix augmentent à des taux à deux chiffres. Le prix des locations fait de même. Ces deux postes devraient compter pour la moitié des dépenses des ménages. Bien que la plupart des ménages soient désormais propriétaires et ne souffrent donc pas dans leur budget d'une augmentation du prix des locations, le coût des loyers théoriques entre tout de même toujours en ligne de compte. Les prix de l'immobilier ne sont pas compris dans l'index des prix à la consommation. Le coût des loyers théoriques devrait l'être. Sinon, ce secteur, qui représente une grande part des dépenses d'un foyer lors de son existence, ne sera jamais représenté dans l'index des prix à la consommation. Le Gouvernement contrôle les prix des transports et des biens de consommation courante. Même s'il maintient le prix de ces biens et services à un niveau bas par le biais de subventions, le taux d'inflation se reflète dans le prix des biens soumis aux lois du marché. Ceci explique pourquoi de plus en plus de ménages épargnent moins.

En dépit du resserrement des dépôts des ménages, les taux d'intérêt n'ont pas augmenté autant que cela. Cela est dû aux forts dépôts des entreprises, reflet des excédents commerciaux, et aux afflux de capitaux attirés par une éventuelle réévaluation du RMB. Les deux sont la conséquence des conditions monétaires souples qui prévalent actuellement dans l'économie mondiale, et en particulier aux Etats-Unis. Ce qui implique que la situation monétaire de la Chine est vulnérable à un renversement soudain des attentes envers le RMB et/ou à tout resserrement des conditions monétaires que les économies développées pourraient prendre pour combattre l'inflation.

Les taux d'intérêt chinois devraient continuer à augmenter dans les mois qui viennent. Le rythme pourrait s'accélérer de manière substantielle dans la première moitié de 2011. Malgré cela, les niveaux des taux d'intérêt ne seront toujours pas suffisants pour assurer la stabilité des prix. La pression inflationniste reflète la disponibilité en argent, pas des changements marginaux. Les données économiques mensuelles ont un impact insignifiant sur l'inflation. A l'évidence, l'inflation est inévitable. Afin d'empêcher que l'inflation ne devienne hors de contrôle, les taux d'intérêt doivent être supérieurs à l'inflation, c'est-à-dire que nous devons maintenir des taux d'intérêts réels positifs. C'est la seule manière de maintenir la stabilité dans les années qui viennent. Autrement, la Chine pourrait connaître un atterrissage difficile quand les conditions monétaires extérieures changeront. Laisser la macro-stabilité de la Chine dépendre de développements externes est dangereux.

L'auteur est Andy Xie, Economiste indépendant basé à Shanghai et ancien économiste en chef pour la Zone Asie-Pacifique chez Morgan Stanley.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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